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Procès du BLR: Comment la bande a cherché à prendre le pouvoir de la discothèque le Loft

Ecrit par zinfos974 – le lundi 10 mars 2014 à 14H59

Le procès de la quinzaine de jeunes appartenant à la bande du "BLR", nom issu des initiales de ce quartier de Saint-Denis, le Bas de la Rivière, a débuté lundi matin.

Sont présents, outre les prévenus (dont six ont été placés en détention provisoire à l'issue de leur mise en examen en octobre 2012), une dizaine d'avocats, les familles des accusés, des policiers... Autant dire que la salle d'audience du tribunal de Champ-Fleuri était bien remplie pour ce procès.

La bande du BLR a collectionné pendant plusieurs mois (de janvier 2011 à novembre 2012) les méfaits, pratiquement tous commis au centre-ville et notamment à proximité du Loft, cette boîte de nuit où ils avaient l'habitude de se rassembler. Un lieu où ils ont commis des dizaines de racket et dont ils ont cherché à prendre le pouvoir, à l'instar d'une organisation mafieuse.

Certains ne se souviennent pas...

Ce lundi matin, l'audience a notamment été consacrée à cette nuit du 22 septembre 2012, où une vingtaine de jeunes pénètre dans la discothèque, certains munis d'armes (sabres, couteaux, bouteilles de verres), tabassent les vigiles et viennent se servir en bouteilles d'alcool. Mais aussi sur cette nuit d'avril 2012, où la bande se donne rendez-vous au Loft pour une "soirée plage", se pointe en maillot de bain et entre de force dans l'établissement. Ils contraignent également le gérant à embaucher un des leur en tant que vigile, afin de rentrer gratuitement dans la boîte de nuit et boire à l'oeil.

Les explications livrées par les prévenus ce matin sont confuses. Certains ne se souviennent pas, d'autres affirment qu'ils n'y étaient pas. D'autres semblent ne pas vouloir mouiller leurs dalons. L'un explique que s'il était muni d'un sabre ce soir-là, c'était "pour faire peur a bana", les autres rigolent fièrement. Tous n'ont pas l'air d'avoir pris conscience de la gravité des faits qu'ils ont commis. Car la bande peut être capable d'une extrême violence.

Des agressions gratuites, violentes, sur des personnes isolées

A l'image de l'agression d'un client ivre du Loft, survenue en mai 2011 et évoquée ce lundi matin durant l'audience. Une vingtaine de voyous donnent des coups de pieds, des coups de poing à la victime, esseulée. L'un lui tire même les cheveux pendant que l'autre lui donne des coups au visage à l'aide d'une bouteille en verre. "Combien de temps a duré l'agression ?", demande le président du tribunal à l'un des prévenus, qui affirme être resté à l'écart. "3-4 minutes", lui répond-il. "Il semblerait que cela soit plutôt une dizaine de minutes. Et vous n'avez pas appelé les secours ? C'est le gérant qui les a appelés. Que se serait-il passé s'il ne l'avait pas fait ?" demande-t-il. Pas de réponse de l'autre côté de la barre.

Un autre suspect "admet avoir eu des échanges" avec la victime. Un autre explique avoir voulu "venger son frère". Pendant ce lynchage, les malfrats dépouillent la victime de son porte-monnaie, de son téléphone... Seule l'arrivée des pompiers les fera cesser. La victime a fini dans le coma pendant deux jours et avec de multiples lésions et traumatismes.

Autre agression évoquée ce matin, celle d'un touriste, en janvier 2012, là encore frappé par plusieurs individus. Deux autres personnes qui avaient eu la mauvaise idée de vouloir lui venir en aide sont également tabassées. Des agressions gratuites, violentes, sur des personnes isolées. Telles semblaient être les cibles de cette bande, arrêtée un matin de novembre 2012.

Au total, il y aurait eu une centaine d'agressions au cours de ces mois. La quinzaine de prévenus est jugée pour une trentaine d'entre-elles. Cet après-midi, l'audience est consacrée aux agressions qui se sont déroulées à l'extérieur de la boîte de nuit et aux alentours.

 

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