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Correctionnelle: "In’ balance, ça in macro ça, na artrouver déor !"

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 21 février 2014 à 11H41
L’audience de ce jeudi, au tribunal correctionnel de Saint-Pierre, a démarré sur les chapeaux de roues.
 
Il est assez rare, inattendu, pour ainsi dire inespéré que le prévenu, à la barre, annonce ainsi à la Cour son intention de faire un bout de conduite à celui qui a eu l’audace de le dénoncer. Le procureur, homme délicat, a eu le bon goût de ne pas sauter au plafond pour se contenter d’un grognement de surprise.
 
Il faut avouer qu’Olivier Robert, la trentaine, premier "client" de la matinée, sort de l’ordinaire. Petit, râblé, en état permanent d’excitation, n’hésite pas à interrompre à tout bout de champ la présidente Flauss… pour approuver tout ce que dit la magistrate !
 
Oui, il a bien fait tout ce qu’on lui reproche ; ce qui le hérisse, c’est le comportement du bistrotier de Saint-Joseph avec qui il tentait d’échanger contre un 4x4 la 308 qu’il venait de voler quelques heures plus tôt.
 
"Boug là, ça in’ balance, ça in macro !" Répétant l’invective ad libitum, il précise son intention pour le jour improbable où il se retrouvera en liberté :
 
"Ma sortir in jour. Na artrouver !"
 
Il y a certainement des façons plus douces de s’attirer les bonnes grâces du tribunal, mais apparemment pas pour lui, à qui il manque manifestement quelques boulons.
 
Cette fois, l’Olivier de la paix est poursuivi pour vol de voiture, vol de bagues, de chaussures, de vélo, dégradation diverses et variées, le tout de l’Ouest au Sud sauvage.
 
La voiture ? "Les clés étaient par terre". Les chaussures ? "Mes savates me faisaient mal aux pieds". Le vélo ? "Je l’ai taxé pour aller à Saint-Joseph mais comme il ne marchait pas bien, je me suis énervé et l’ai balancé dans une ravine". Ne pas lui demander quelle ravine ; il ne sait plus. Vélo jamais retrouvé…
 
C’est la voiture volée qui va le faire alpaguer par les gendarmes. Ce crâne creux va gentiment proposer à un commerçant du sud d’échanger la 308 contre son 4x4. "Mééééééé noooonnn ! s’emporte-t-il au comble de l’indignation. C’est lui qui a voulu ça. Il avait entendu l’appel du propriétaire sur Freedom. Il a téléphoné en douce aux flics parce qu’il travaille pour eux. C’est une balance, ça in mac…"
 
"Oui ! oui ! on sait", l’interrompt gentiment la présidente avant de donner lecture du CV de l’intéressé, pas moins de 12 mentions : vols, effractions, outrages, abus de confiance, destructions diverses, conduites sans permis, recels, escroqueries, falsifications… Le tout additionné de longs séjours à l’ombre.
 
Le procureur Thévenot a insisté sur les menaces et injures proférées à la barre, ajoutant que la société avait donné au prévenu, à de nombreuses reprises, l’occasion de se reprendre. Occasions qu’il n’a pas pu (ou pas voulu) saisir. L’avocat de la défense a mis en avant la santé du prévenu. Lequel avait déjà précisé qu’il vole "parce qu’avec mes 470 euros de revenu minimum, je ne peux pas vivre décemment ; vous pourriez, vous ?".
 
Olivier Robert est reparti comme il était arrivé, encadré, menotté, plus une taxation de poids, la Cour étant allé au-delà des réquisitions : deux ans ferme, révocation des sursis antérieurs… et 100 euros pour la propriétaire du vélo, somme qu’il avait cherché à marchander sous l’œil surpris de la plaignante !

 

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