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Violences urbaines au Port: Un casseur condamné à 16 mois ferme

Un jeune casseur, accusé d'avoir jeté des galets sur les forces de l'ordre, d'avoir mis un barrage sur la route et incendié un camion, lors des récentes échauffourées au Port, dans le quartier de la Rivière des Galets, a été condamné à 16 mois de prison ferme et huit mois avec sursis, ce lundi, par le tribunal correctionnel de Saint-Denis.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 3 février 2014 à 14H12

Soudjoudane A., 19 ans, était jugé en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Saint-Denis, ce lundi 3 février, suite aux faits de violences urbaines qui ont secoué la ville du Port ces derniers jours.

Les faits se déroulent les 29 et 30 janvier 2014. Le jeudi 29 janvier, le jeune homme, considéré comme un meneur d'une bande de jeunes du quartier de la Rivière des Galets, participe aux échauffourées qui éclatent au Port, en jetant des galets sur des fonctionnaires de polices.

Le lendemain, il dépose des pierres sur la route pour empêcher les véhicules de passer. Dans la foulée, lui et ses camarades arrêtent des camions qui passent. Certains jeunes laissent toutefois passer ces travailleurs. Mais un conducteur de camion benne a moins de chances. Il est prié de descendre du véhicule, et son camion sera ensuite détruit et incendié.

Le motif de la manif ? "La vie chère"

Le juge lui demande pour quels motifs il manifestait sa colère ces jours là.  "L'essence augmente, le gaz augmente, la vie est chère", répond le prévenu. "A la base, c'était sans violences. Quand les forces de l'ordre sont arrivées. C'est là que ça a commencé à dégénéré un peu", explique-t-il à la barre.

Si Soudjoudane reconnaît avoir jeté des galets sur les forces de l'ordre et avoir déposé des pierres sur la route, il nie en revanche avoir incendié le camion, même s'il reconnaît qu'il était sur les lieux. Mais l'enquête démontre que deux témoins affirment l'avoir "formellement reconnu" en train de faire flamber le véhicule. L'accusé "conteste" mais ne semble qu'aggraver son cas.

Les explications de ce jeune habitant du Port n'ont pas convaincu le procureur de la République, qui réclame à son encontre "24 mois de prison avec mandat de dépôt". Excédée par l'attitude quelque peu nonchalante du prévenu, Danielle Braud hausse le ton et rappelle au prévenu qu'en garde à vue, il n'a pas souhaité dénoncer ses complices : " Vous avez dit, "je ne donnerai pas les noms des personnes qui étaient avec moi, ce sont mes frères d'armes". Vous êtes partis au combat !", lance-t-elle.

Déjà condamné lorsqu'il était mineur pour des faits similaires, le procureur ajoute : "C'est vous Monsieur qui avait décidé des opérations. Il fallait que ça flambe, que ça flash ! Vous avez mis en péril la vie des personnes ! Et ce n'est pas que les policiers que vous ennuyez, c'est toute la population !".

"On veut lui faire porter le chapeau !"

L'avocat de la défense, lui, évoque "un malaise social à la Réunion et particulièrement au Port" pour tenter d'expliquer les faits et gestes de son client. Et estime que son client endosse le rôle du bouc-émissaire : "Il est le seul à pouvoir répondre et à payer pour les autres. Ils étaient au moins une soixantaine (les soirs des faits, ndlr). On veut lui faire porter le chapeau !". L'avocat demande la relaxe concernant l'incendie.

Après un délibéré de quelques minutes, Soudjoudane A. est reconnu coupable des trois faits qui lui sont reprochés et est condamné par le tribunal correctionnel de Saint-Denis à 24 mois de prison dont 8 mois avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve. Le casseur, qui comptait aller vivre à Marseille dans le courant de l'année 2014, devra annuler ses projets. Il passera les prochains mois derrière les barreaux, à la prison de Domenjod.

 

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