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Denis Bigeard : "On peut perdre son permis sans jamais avoir eu d'accident"

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a présenté hier en Conseil des ministres le projet de loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Loppsi) qui consiste en la confiscation du véhicule en cas de grosses infractions ou de dépassement de vitesse au-delà de 50 km/h. Selon Denis Bigeard, président de "Ni voyou ni soumis", l'État doit stopper sa logique de "responsabilité collective".
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 28 mai 2009 à 14H52

Hier, le ministère de l'Intérieur a soumis un projet de loi concernant les automobilistes qui envisage la confiscation du véhicule en cas de gros dépassement de vitesse. "Je ne veux pas être considéré comme un criminel quand je ne commets pas de crime", cri haut et fort Denis Bigeard, Président de l'association Ni voyou ni soumis. Sa réaction est vive face à la politique de sécurité routière, qui consiste selon lui à "tout interdire". Denis Bigeard se dit favorable à "la saisie des voitures dans les cas les plus graves, notamment quand il y a eu des morts ou des blessés". Mais il émet une objection lorsqu'il s'agit de respecter une limitation de vitesse "aberrante et déresponsabilisante. Il y a des gens qui perdent leur permis alors qu'ils n'ont jamais eu d'accident de leur vie".

Denis Bigeard propose plutôt de passer du système de limitation de vitesse à celui de régulation de vitesse. "On nous traite comme des criminels lorsque nous sommes au-dessus de la vitesse autorisée alors que tout le monde n'a pas les mêmes compétences sur la route. Pourquoi m'interdire de dépasser une certaine vitesse, lorsqu'il n'y a que moi sur la route un dimanche matin par exemple, alors que j'ai suffisamment de bon sens et d'expérience pour m'adapter à la situation".

Un "problème de philosophie générale"

L'homme de terrain parle d'un "problème de philosophie général" dans la politique actuelle du gouvernement. "Avec cette logique de sécurité routière, je suis coupable sans même avoir fait d'accident. Je suis pour que l'on considère la vitesse comme une circonstance aggravante en cas d'accident".

Mettre "des interdictions à tout va" est une manière de "déresponsabiliser le citoyen" ajoute Denis Bigeard. "Je suis contre la responsabilisation collective. Le gouvernement, par bêtise, ou dans une volonté d'abrutir et de déresponsabiliser le citoyen, impose des lois et s'en met plein les poches en multipliant les amendes, et en nous disant que c'est la loi, c'est comme ça un point c'est tout". Le militant démontre l'aberration du système par un exemple : "Il y a eu un automobiliste, l'année dernière, qui a tué deux jeunes sur un scooteur. Il a été condamné par le tribunal à un an et demi de prison avec sursis, c'est-à-dire rien du tout et un an de retrait de permis. Un an de retrait de permis, c'est aussi la condamnation de quelqu'un qui a perdu son permis parce qu'on lui a imposé des lois idiotes. Trouvez l'erreur..."

 

 

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