Cyril Hamilcaro : “A La Réunion, le Kaf, c’est le dernier barreau de l’échelle sociale”

Claude Hoarau, maire de Saint-Louis, dit que vous instrumentalisez le racisme à des fins politiques...
Le problème n’est pas qu’on instrumentalise ou non, d’un côté ou d’un autre. Il s’agit ici de poser la question des minorités à La Réunion, et surtout de l’utilisation parfois d’un langage en direction ou contre ces minorités, pour pouvoir s’assurer le pouvoir.
Paul Vergès avait déclaré : il faut que le pouvoir politique représente aussi l’ensemble des communautés de la société réunionnaise, vous êtes d’accord avec lui ?
Paul Vergès a raison, sauf qu’il faut s’applique à lui-même ce qu’il dit.
Le racisme n’est-il pas devenu un autre épouvantail qu’utilisent les hommes politiques pour éviter d’aborder des problèmes vraiment essentiels ?
Quels sont les vrais problèmes de La Réunion ? Si nous mettons de côté l’aspect économique et institutionnel, c’est le volet sociétal qui s’impose à nous. Si nous voulons vraiment nous y intéresser, il n’y aucun besoin de polluer le débat.
C’est-à-dire ?
Il faut juste poser les bonnes questions : est-ce qu’il y a du racisme envers les Kaf, les Zoreils, les Malgaches, les Gros Blancs, les Malbars, les Yabs des hauts... Nous devons d’abord isoler puis oser poser cette question en tant que citoyen et témoin. Car, nous sommes beaucoup à être victimes de cette situation, et quelle que soit notre origine.
Quel message voulez-vous apporter à travers votre livre ?
Nous avons tous à travailler pour réussir l’unité réelle et entière de La Réunion et construire notre réunionnité, c’est-à-dire comment nous pouvons mieux vivre ensemble. Cela signifie qu’il ne faut pas occulter les soucis qui existent. Car, si nous ne parvenons pas à crever ces abcès, nous n’avancerons pas…
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