Le "tiers état culturel" débat contre la MCUR

Christian Vittori, président des Editions Azalées, a organisé dans les locaux de son maison d'édition un débat anti-MCUR avec des "hommes et des femmes libres et de bonne volonté agissant dans le monde de la culture et le respect de l'autre dans la richesse de sa différence". Regroupés sous le nom de "tiers état culturel", ils ont exposé leurs arguments contre le projet de la MCUR.
Si la culture et l’identité sont effectivement fondamentales pour toutes les sociétés, "il ne faut pas parler de transculturalité, qui nous amène à chercher toutes les composantes de notre culture, mais d'interculturalité qui nous amène plutôt à chercher notre identité" affirme Paul-Henri Mailly, président de l’association nationale pour l’enseignement et l’éducation de proximité. Ce dernier est pour un changement radical des comportements. "La MCUR veut nous cristalliser dans le passé. Ce n’est pas en montrant à nos enfants que nos parents étaient enchaînés en tant qu’esclaves qui feront avancer la société réunionnaise". Pour cet homme très engagé, "les touristes doivent pouvoir comprendre la société réunionnaise en y faisant le tour et en visitant un ensemble d’endroits".
"Ils font le contraire de ce qu'ils prétendent défendre"
Christian Vittori, animateur du "Comité citoyen pour la sauvegarde de la République contre les dérives royalistes", dénonce "l’indécence de la politique culturelle régionale. J’ai fais parvenir une soixantaine de titres d’auteurs Réunionnais à la Région et aucun ouvrage ne les a intéressé. Ils font tout le contraire de ce qu’ils prétendent défendre, à savoir la culture réunionnaise". Alors que la Réunion est touchée par la crise économique mondiale, l’écrivain se pose une question : "Est-ce qu'il est intelligent de centraliser un projet de cette envergure en un seul point alors qu’il existe déjà beaucoup de sites qui mériteraient d’être rénovés. Ce projet mérite une métamorphose pour une utilisation plus efficace de l’argent public".
Pour Lucas Caliamou, président de Réunion Solidarité Inde, "la dynastie Vergès veut montrer en fin de règne qu’elle existe encore en mettant sa fille à la tête d’un projet coûteux qui n’apporte rien aux Réunionnais. D'ailleurs, elle veut montrer qu’elle existe encore auprès de qui, sinon auprès de la famille Verges elle-même. La MCUR est un luxe. La mémoire n’a pas besoin d’être enfermée dans une maison. Il faut avoir une autre vue sur le passé et ne pas tomber dans un sous-développement durable. Je le dis en connaissance de cause, la Région ne finance plus les lits des handicapés car elle pratique une restriction budgétaire. La misère et la délinquance grandissent au sein des familles réunionnaises. Il faut se mettre debout pour dire non aux gâchis de l’argent public".


