Revenir à la rubrique : Faits divers

3 voitures volées, 2 évasions, 1 course-poursuite: l’incroyable mois d’août d’un homme en errance

Un Saint-Pierrois a été jugé ce lundi pour une multitude de vols depuis le début du mois, date à laquelle il s’est retrouvé à la rue. Il a commis deux tentatives d’évasion durant son périple. Il va passer plusieurs mois derrière les barreaux et doit une somme rondelette de dédommagements pour les victimes.

Ecrit par 1776023 – le mardi 23 août 2022 à 05H00

Bien que ne disposant pas d’une carrure imposante, c’est avec un dispositif spécial qu’Eddy est escorté par les gendarmes au tribunal ce lundi. Le prévenu est en effet surveillé comme le lait sur le feu depuis le week-end dernier.

Dès le 9 août, Eddy s’est lancé dans une série de vols avec une facilité déconcertante entre L’Étang-Salé et Saint-Paul. Il a ainsi subtilisé 5 sacs à main dont il a récupéré les cartes bleues et l’argent liquide pour s’acheter principalement des cigarettes. Il jetait le reste dans des poubelles. 

Mais ses larcins ne s’arrêtaient pas là. Le Saint-Pierrois a également volé trois voitures. Il affirme à chaque fois que les clés étaient sur le contact. Au total, 7 victimes ont été répertoriées.

Attrapée une première fois par hasard

Le 18 août, après avoir volé un sac sur la plage de Saint-Leu, il conserve les clés magnétiques de la voiture dans sa poche. Il marche à côté des voitures stationnées et son passage provoque l’ouverture automatique de la voiture. Malheureusement pour lui, le couple qui s’était fait dérober le sac est revenu vers leur voiture pour éviter de se la faire voler. Il ne doit son salut qu’à la femme qui a empêché son conjoint de le molester. Il est interpellé par les gendarmes et placé en garde à vue.

Rapidement, son état de santé se dégrade et il doit être transféré au CHU de Saint-Pierre dans la soirée. Durant la nuit, il va déboulonner son lit avant de sauter de sa fenêtre au premier étage au petit matin. Arrivé face au RSMA, il remarque une voiture allumée sans personne dedans. L’occasion est trop belle et il part en direction de Saint-Leu.

Il passe la journée avec des camarades avec qui il consomme de l’alcool et du cannabis. En début de soirée, les gendarmes le reconnaissent alors qu’il conduit l’une de ses voitures volées, qu’il stocke dans un parking. Une course poursuite très dangereuse s’engage sur 20 km et il est interpellé à Saint-Gilles.

Une deuxième tentative d’évasion

De nouveau placé en garde à vue, il est auditionné le lendemain matin en présence de son avocate, la bâtonnière Séverine Ferrante. Alors qu’il se retrouve seul durant un instant, il s’échappe par la fenêtre. Il est rapidement retrouvé par les gendarmes, qui s’assurent que cela ne se reproduira plus, notamment en l’équipant d’une ceinture pour accrocher les menottes.

Face aux juges, il reconnaît tous les vols à l’exception d’une tablette numérique à l’intérieur du sac volé au couple de Saint-Leu. Il nie également avoir été à la recherche de la voiture. La victime, présente à l’audience, a confirmé que le système d’ouverture est automatique lors du passage à proximité. 

Mais elle a surtout fait le déplacement pour faire part de son préjudice moral et de ses traumatismes liés à l’évènement et ses conséquences. Plusieurs victimes ont fait le déplacement et ont évoqué les mêmes conséquences. L’une d’elles a souligné l’angoisse de savoir qu’un homme avait les clés de son domicile durant plusieurs jours.

À la rue depuis le début du mois

Eddy, la quarantaine, explique qu’il vivait chez sa mère depuis son retour de métropole en 2016. Celle-ci, gravement malade, a vendu sa maison pour être hébergée chez sa soeur. Mais cette dernière ne pouvait pas accueillir Eddy qui s’est donc retrouvé à la rue.

Il jure que c’est à partir de là qu’il s’est mis à voler. Son casier judiciaire comporte 3 mentions, toutes liées à l’alcool au volant. Il avait ainsi perdu son permis en 2018.

Un début de carrière récent dont doute fortement Me Julie Daguenet, qui défend plusieurs victimes. « Ce voleur compulsif ‘qui n’avait jamais fait ça avant’ vole aussi facilement qu’il va acheter son pain. Je ne sais pas s’il dit la vérité sur son passé, mais il a un certain don pour ça. Ses victimes souffrent d’un préjudice moral, elles ne dorment plus la nuit et ont peur d’aller à la plage », argue-t-elle avant de demander 1500 euros de préjudice moral pour une première cliente et un renvoi à une audience ultérieure pour une seconde.

Une défense difficile 

La procureure Caroline Calbo s’est réjouie que le prévenu puisse entendre le mal qu’il a causé aux victimes. Un grand nombre de ces dernières ont pu se libérer afin d’être présentes au tribunal, même si la rapidité de l’action judiciaire n’a permis de les prévenir que tardivement. La représentante du ministère public requiert une peine de 3 mois ferme pour la tentative d’évasion et 3 ans, dont 18 mois avec sursis, pour les autres chefs d’inculpation.

La tâche s’avérait ardue pour l’avocate de la défense qui était présente à la gendarmerie au moment de l’évasion de son client. « Comment peut-on se retrouver dans un laps de temps aussi court à voler tout ce qui passe ? On ne sait pas trop comment il fonctionne. Je crois qu’il est en errance sociale depuis 3 semaines et il a sombré. Il vole pour ses besoins primaires et n’essaye pas de revendre les objets. On a presque l’impression qu’il voulait se faire attraper en revenant à Saint-Leu », plaide-t-elle avant de demander une peine plus axée sur le sursis et un accompagnement.

Le tribunal va le condamner à 3 mois de prison pour la tentative d’évasion et il voit la révocation totale d’un sursis de 4 mois. Pour le reste, il est condamné à 2 ans de prison, dont 18 mois avec sursis. Il doit en outre plus de 3000 euros de dédommagements répartis entre les différentes victimes présentes, et va voir l’ardoise s’allonger lors d’un renvoi sur intérêt civil pour les autres.

Thèmes :
Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Domenjod : L’ex-détenu qui avait agressé un surveillant retourne en prison

Amjad G. s’en était pris à un agent de la prison de Domenjod le 17 juillet dernier alors qu’il venait d’être jugé pour des faits d’exhibition sexuelle. Relâché après sa détention provisoire, il a été arrêté pour répondre cette fois des faits de violence sur l’agent pénitentiaire. Une information Zinfos974.

Domenjod : L’ex-détenu qui avait agressé un surveillant a été interpellé

Comme nous vous l’indiquions le 17 juillet dernier, les agents pénitenciers avait fait part de leur inquiétude suite à la libération d’un prévenu en détention provisoire qui avait agressé violemment un agent de la prison de Domenjod. L’homme a finalement été interpellé pour ces faits et placé en garde à vue.

Petite-Île : Prison ferme pour le ti-père incestueux

Un quinquagénaire était jugé en comparution immédiate pour avoir agressé sexuellement les filles et petites-filles de sa compagne. Pendant plusieurs, à l’insu du reste de la famille, il tentait de profiter de ses victimes qui ont toutes su le repousser à temps. C’est finalement le courage de la dernière, qui voulait éviter que sa petite-sœur subisse le même sort, qui a mis un frein à ces actes immondes. Il a été condamné à trois de prison ferme et pourrait se voir frapper de trois autres années derrière les barreaux s’il ne respecte pas les mesures d’obligation imposées.

Domenjod : Les agents inquiets après la libération d’un détenu au profil inquiétant

Un homme a été jugé le 12 juillet dernier devant le tribunal judiciaire pour des faits d’exhibition sexuelle. Il lui est reproché de s’être masturbé devant une mère et son enfant sur le sentier littoral du front de mer de Saint-Denis. L’affaire avait été renvoyée à plusieurs reprises faute d’expertise psychiatrique. Également responsable de violences lors de sa détention, sa libération a provoqué une vive réaction des agents pénitenciers.