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Violences familiales : Après les détonations, elles se réfugient chez leurs voisins

Ecrit par Régis Labrousse – le samedi 7 juin 2025 à 10H17
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Un homme de 50 ans comparaissait dans le cadre d'une comparution immédiate ce mercredi 4 juin pour des faits de violences avec arme. Il lui était reproché d'avoir utilisé à deux reprises un pistolet pour effrayer sa fille et sa compagne.

Nous sommes le 8 avril dernier lorsque les gendarmes de la compagnie de Saint-Paul sont appelés par des habitants qui ont entendu des coups de feu chez leurs voisins. Après les détonations, leur voisine et sa belle-fille se réfugient d'ailleurs chez eux. Prises en charge par les militaires, les victimes expliquent que les faits se sont produits suite à une violente dispute. Alors qu'il avait récupéré à l'aéroport sa fille venue lui rendre visite, l'homme apprend de l'adolescente son intention de ne pas rester chez lui. Elle demande alors à sa belle-mère de venir la récupérer alors que son père l'avait laissée au supermarché où ils s'étaient arrêtés faire quelques courses.

Les deux femmes s'enfuient

Plus tard dans la journée, les deux femmes se rendent chez Benoit T. pour discuter, d'autant que le couple est séparé depuis quelques semaines. Tout se passe bien, mais voyant sa fille prendre ses affaires, il comprend qu'elle ne restera pas avec lui. Une violente dispute éclate avec insultes et menaces envers les deux femmes. Collectionneur d'armes et de couteaux, il se munit d'un pistolet et menace d'en finir. Alors qu'il s'enferme dans une chambre, deux détonations retentissent. Particulièrement choquées par ce qui a pu se passer, les deux femmes s'enfuient et se réfugient chez les voisins. Les gendarmes sont appelés, ils interviennent et placent le suspect en garde à vue.

Les auditions révèlent que le mis en cause a un comportement de jalousie maladive envers sa compagne depuis le mois de décembre 2024. Son ex-compagne explique qu'il épie tous ses faits et gestes, allant jusqu'à mettre des caméras de surveillance dans leur propre chambre. Tout y passe, des fouilles, son téléphone, ses tenues et des réveils en pleine nuit pour la questionner. Il fouille aussi la maison la nuit au point qu'elle et sa belle-fille rapportent avoir eu l'impression d'être cambriolées. Selon elles, il se pourrait que ce comportement soit aggravé par un alcoolisme et une consommation de cocaïne.

Le parquet se dit "très inquiet" du comportement du prévenu

Interrogé à la barre, le prévenu reconnait les faits et confirme ses additions à l'alcool, au cannabis et à la cocaïne. Il se confond en excuses, répétant "j'ai tellement honte" à de nombreuses reprises, rejetant la faute sur leurs "problèmes familiaux". Si les faits sont simples et qu'il est prouvé qu'il a utilisé un "pistolet d'alarme", le parquet se dit "très inquiet" du comportement du prévenu.

La magistrate indique que les nombreuses armes retrouvées sont "de collection", mais qu'il détenait également de nombreuses cartouches. Elle retient par ailleurs son comportement en garde à vue où il a clairement tout contesté, point par point. Malgré l'absence de casier, la procureure requiert 2 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire renforcé ainsi que son maintien en détention.

La défense du prévenu insiste sur le profil judiciaire du prévenu qui est vierge de faits de violences. La robe noire note également le contexte particulier entourant la séparation du couple et plaide pour une peine juste, aménageable et sans maintien en détention. La défense est entendue par le tribunal qui prononce une peine de 18 mois de prison dont 12 avec sursis probatoire et accepte le port d'un bracelet pour la partie ferme. Le prévenu écope d'une obligation de travail, de soins ainsi qu'une interdiction de contact avec les victimes. Il reçoit, en plus, 5 ans d’interdiction de détenir une arme.

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