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Violences en milieu carcéral : 34 points de suture en un coup de fish-fish

Un homme de 38 ans comparaissait ce vendredi devant le tribunal judiciaire pour des faits de violences, d'outrage et de menaces de mort. Incarcéré au centre de détention du Port, il s'en est pris à un détenu dans la cour de promenade en lui assénant un coup de fish-fish, couteau artisanal fabriqué par les détenus à partir d'une brosse à dent.

Ecrit par Régis Labrousse – le mardi 11 juin 2024 à 06H31

Le profil de Julio A. a de quoi interpeler le tribunal judiciaire de Saint-Denis. En effet, ce détenu de 38 ans, outre l’agression violente d’un autre détenu le 9 mai dernier à l’aide d’un fish-fish à deux lames, a pour habitude de s’en prendre vertement aux agents de la pénitentiaire. Entre outrages, menaces de mort et propos racistes, ce ne sont pas moins de trois faits distincts qui lui étaient reprochés ce vendredi à l’encontre de plusieurs agents.

Comme il aime à le dire à la barre du tribunal, « c’est zot qui pousse à moin à bout« . Et d’ajouter concernant les menaces de mort : « Je n’ai pas dit que je vais le tuer, je suis trop intelligent pour ça« . Alors que le président lui rappelle qu’il est incarcéré pour une durée de 4 ans pour divers faits dont une agression sexuelle, il entend se défendre : « J’ai tué personne, j’ai violé personne et on veut me faire passer pour fou« . « Non, mais vous avez agressé sexuellement quelqu’un« , rebondit le magistrat qui s’entend aussitôt répondre : « Ben oui, mais j’ai violé personne », lance le prévenu sans aucun filtre ni regret.

Concernant les faits de violences, le prévenu s’est battu avec un autre détenu et lui a porté un coup de fish-fish au bras droit. Tout est parti d’insultes entre les deux hommes qui se sont invités à se retrouver dans la cour. Ce seul coup, porté du haut vers le bas, a occasionné pas moins de trois plaies à la victime, dont deux de 15 et 19 points de sutures. Une fois encore, il se dédouane devant le tribunal, estimant qu’il était en légitime défense : « Il avait une arme sur lui, c’était arme contre arme. Il avait un stylo pour pique à moin« , affirme-t-il à la barre. S’il affirme qu’il a trouvé les lames par terre, les témoins dans la cour de promenade ne font pas état de ce stylo sur la victime. « Il a dit qu’il voulait le planter« , témoignent des détenus. « Il a l’habitude d’insulter tout le monde et m’a dit qu’il allait préparer quelque chose« , explique la victime à la barre.

Si les 24 mentions de son casier judiciaire peuvent interpeller, il en est de même pour son état psychiatrique. Le prévenu est connu pour être habitué à chanter à tue-tête dans sa cellule, mais aussi pour affirmer qu’il est un prince. L’expertise psychiatrique du trentenaire a d’ailleurs conclu à une altération du discernement. Il est sous traitement pour des problèmes psychiatriques avérés – il entend des voix – mais refuse de prendre son traitement.

La procureure de la République, qui prend fait et cause pour les agents pénitentiaires, estime qu' »il faut bien du courage pour arriver à faire son travail face à ce type de prévenu« , et ajoute qu' »il y a une escalade de la situation quand la norme sociale n’est pas intégrée par un prévenu qui décide de vivre comme il l’entend en milieu carcéral« . « Il est incessamment dans la menace, il faut le mettre à l’écart« , conclut le parquet qui requiert une peine de 4 ans de prison avec mandat de dépôt.

« C’est le dossier de la double peine« , répond agacée la défense. « C’est une personne ingérable qui relève de la psychiatrie, mais qui est en détention. Sa place est en établissement spécialisé pour personnes délinquantes. Il est en détention depuis qu’il a 19 ans, c’est bien la preuve que cela ne fonctionne pas. On ne peut pas le forcer à prendre son traitement en prison s’il ne le veut pas. Il faut être réaliste, on ne peut pas le changer à 38 ans. C’est à la limite de l’absurdité de laisser en prison quelqu’un qui a des tendances psychopathiques. Notre rôle est de le rendre moins dangereux« , plaide la robe noire.

Tenant compte qu’il s’agit de la 10ᵉ condamnations pour violences, le tribunal déclare le prévenu coupable de l’ensemble des faits et le condamne à la peine de 3 ans de prison avec mandat de dépôt.

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