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Violences conjugales : Alcool + gros casier judiciaire = prison

Au chapitre des comparutions immédiates de ce lundi, le tribunal avait à juger deux affaires sur le triste thème des violences conjugales. Les deux prévenus avaient, une fois n'est pas coutume, un point en commun : l'alcool.

Ecrit par 1167938 – le lundi 11 juillet 2022 à 18H49

Au menu de ce début de semaine des audiences de comparutions immédiates, des violences conjugales sur fond d’alcool. Les deux prévenus, s’ils n’avaient pas le même âge, avaient en commun un palmarès plutôt conséquent. C’est d’ailleurs ce qui leur a valu de comparaître directement en passant par la case détention provisoire. 

Emeric M., âgé de 32 ans, a bien arrosé la journée du 8 Juillet dernier et lorsque sa compagne rentre du travail, il dort sur le canapé. Elle le réveille et une dispute éclate. Il lui reproche qu’elle ne va pas bosser mais va voir des hommes. Elle lui répond : « moi je bosse« . Nous passerons sur les insultes. Excédée, elle veut partir mais il l’en empêche car elle menace d’appeler la police. En retenant sa compagne et la porte qu’elle tient, il lui cogne violemment le coude et la jambe avec la porte. Elle indiquera également aux policiers qu’il lui a mis un coup de poing au visage.

Elle finit par lâcher prise et se réfugie dans les toilettes. Elle appelle la police de Saint-Denis et il s’enfuit car il se sait être sous le coup d’un suivi socio-judiciaire pour une peine de 8 ans de réclusion criminelle datant de 2012 pour viol sur mineur de 15 ans. Il est retrouvé 15 minutes plus tard avec 2,76 g/l d’alcool dans le sang … Elle avoue qu’il la bat régulièrement depuis le début de l’année lorsqu’il a bu. 

« Je ne veux pas de son argent, je veux juste qu’il reconnaisse »

A la barre, il ne reconnait pas les violences mais concède bien volontiers une dispute et une bousculade : « on s’est poussé, mais en aucun cas je ne l’ai frappée« . Il reconnait également avoir craché sur elle car « elle m’a donné des claques« , dit-il. Sa défense est simple, il est adepte d’arts martiaux et s’il l’avait frappée, cela se verrait. Il évoque également une dispute au sujet de la fille de 14 ans de madame qui rentre tard alors qu’il estime cela dangereux. « Vous n’êtes pas le mieux placé pour donner des leçons à la maman d’une fille de 14 ans« , le reprend de volée le président. 

Présente à l’audience, la victime ne demande qu’une chose : « il ne reconnait pas les coups c’est dommage. je ne veux pas de son argent, je veux juste qu’il reconnaisse« , explique-t-elle. Avec 5 mentions à son casier, il a écopé de 8 mois de prison ferme au mois de juin dernier pour les même faits mais pas sur la même victime. Il ne s’est pas présenté à l’audience car « elle a retiré sa plainte« , dit-il. 

« C’est un dossier inquiétant tant par son casier judiciaire que par son positionnement à la barre. Je pensais qu’une nuit en prison le ferait un peu réfléchir. Les insultes sont aussi des violences psychologiques« , tonne le parquet qui requiert 2 ans de prison dont 6 mois de sursis probatoire et le maintien en détention.

« Aussi désagréable qu’il puisse être, on vient vous demander 2 ans de prison ! Il est illusoire de penser qu’il va se soigner de lui-même. Ce qu’il a fait n’est pas bien et qu’il soit condamné est normal mais, 18 mois ferme, c’est excessif. Il faut une peine adaptée pour l’aider à réfléchir« , répond la défense. Le prévenu est condamné à 2 ans de prison dont 1an assorti du sursis. Il est maintenu en détention. 

Elle ne se laisse pas faire et reçoit un violent coup de tête

Wilson M., 46 ans, est chez sa compagne à la Possession avec un dalon. Lorsqu’elle rentre du travail, ils sirotent une bière avec un fond sonore. Elle veut se détendre mais la musique est si forte qu’elle n’entend pas la télé avec son casque. Elle décide de sortir prendre l’air mais ça ne plait pas à monsieur. Elle ne se laisse pas faire et reçoit un violent coup de tête.  Elle a une énorme bosse sur le front qui lui octroie 4 jours d’ITT.  Résultat, les gendarmes interviennent et il se retrouve en garde à vue. En même temps, il est sous bracelet électronique, jusqu’au 12 juillet 2022. Elle indiquera aux enquêteurs que c’est la première fois qu’il la frappe. 

À la barre, il reconnait les faits : « c’est arrivé sans vouloir le faire. C’est ma copine et vous savez, ma copine elle ne se laisse pas faire », tente-t-il de se justifier maladroitement. Son dalon dira aux enquêteurs qu’il l’a vu poser sa tête sur celle de sa compagne, histoire de ne pas trop se mouiller. Plus âgé que le précédent prévenu, il arbore 15 mentions à son palmarès.

Lui aussi a été condamné à 8 ans de réclusion mais par la Cour d’Assises des mineurs cette fois. « Les affaires se suivent et se ressemblent« , observe la procureure de la République. « L’alcool peut expliquer certaines choses, mais il a bon dos. C’est un coup soudain et fort. Je vous demande 1 an de prison avec maintien en détention », requiert le parquet. 

« Il n’a aucun antécédent en matière de violence. S’il est en comparution immédiate, c’est parce qu’il porte un bracelet et dans ce cas, la moindre des choses c’est qu’on n’entende pas parler de vous. La seule question est quelle peine ? Une peine mixte ou ferme car l’aménagement est impossible. C’est à vous de définir le curseur mais c’est la première fois qu’il est là pour des violences« , plaide la robe noire, qui obtient, après délibération, la peine de 8 mois ferme avec maintien en détention. 

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