Vie chère : GBH dépose plainte en diffamation contre Christophe Girardier

Après ses prises de position à La Réunion et lors des Assises populaires en Martinique, Christophe Girardier est dans le collimateur de GBH (Groupe Bernard Hayot). Le groupe, visé par des critiques répétées, dépose plainte pour diffamation.
Christophe Girardier, président de Bolonyocte Consulting, n'en est pas à son coup d'essai contre le Groupe Bernard Hayot (GBH). En avril dernier à La Réunion, il dénonçait un duopole dans la distribution locale, affirmant que « les 2/3 du marché » étaient captés par GBH et Leclerc, avec le premier détenant entre « 35 et 39 % » des parts de marché, une concentration qu’il jugeait comme étant « le vrai levier » de la cherté des prix. Il mettait également en lumière l’impact des marges arrières, allant jusqu’à 25 %, comme facteur inflationniste majeur.
Lire aussi : Le rachat de Vindémia par GBH apparaît comme "très préjudiciable aux intérêts des consommateurs"
Son diagnostic s’est de nouveau exprimé du 12 au 14 juin à l’occasion des Assises populaires contre la vie chère en Martinique. Christophe Girardier a insisté : l’éloignement des territoires ne justifie que « 5 à 10 % du prix », et le véritable problème réside dans le modèle économique ultramarin, marqué par une hyper-concentration et des dynamiques d’« économie de comptoir ».
Dans un communiqué daté du 17 juin 2025 relayé par France‑Antilles, le groupe GBH, en réponse, dénonce des propos « mensongers et diffamatoires ». Il confirme le dépôt d’une plainte pour diffamation le 11 juin dernier, visant spécifiquement les affirmations répétées du président de Bolonyocte Consulting.
Le groupe affirme que ses marges nettes, proches de 2 %, sont « conformes à la moyenne nationale », et qu’il consacre 98 % de son chiffre d’affaires aux coûts, salariés et de logistique.
Sur la question du marché réunionnais, GBH réfute la qualification de duopole et rappelle qu’il coexiste en réalité plusieurs enseignes pour 850.000 habitants, dont trois représentent 75 % du marché, GBH détenant environ 28 %. Le groupe insiste également sur les contraintes structurelles, notamment l’éloignement géographique, qui expliquerait les écarts de prix avec la métropole.


