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Université de La Réunion : un collectif de soutien aux victimes dénonce les agissements de Frédéric Miranville

Reconnu coupable de harcèlement moral par le CNESER et suspendu un an sans solde, l'ex-président de l'Université de La Réunion, Frédéric Miranville, continue de contester sa sanction. Le collectif de soutien aux victimes s'insurge contre ses déclarations et ses pétitions qu'il juge mensongères, dénonçant des menaces envers les victimes et un silence complice des autorités.
Ecrit par N.P. – le mercredi 13 novembre 2024 à 10H05

NON AUX MENSONGES ET À L'HYPOCRISIE À L'UNIVERSITÉ DE LA RÉUNION,

Par le collectif de soutien aux victimes de Frédéric Miranville

L’ex-président de l'Université de La Réunion, Frédéric Miranville, après avoir fait régner la terreur pendant des années sur de nombreux personnels de l’Université de La Réunion, après avoir été suspendu administrativement par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche pendant un an, vient d’être reconnu coupable par le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) de faits extrêmement graves sur plusieurs membres de la communauté universitaire et pour cela, vient d’écoper d'une peine disciplinaire d'un an de suspension sans solde. Malgré plusieurs recours qu’il a perdus, et dans un sursaut de désespoir, il s’est lancé dans des pétitions : une première pétition est demeurée sans effet et une seconde n’a reçu qu’un peu plus de 200 signataires (dont on peut largement douter de la véracité du nombre puisqu’il suffit de créer plusieurs adresses mail pour signer plusieurs fois), lorsque l'on sait que la communauté universitaire réunit plus de 24 000 personnes et que la population de La Réunion dépasse aujourd’hui les 870 000 habitants. C’est bien la preuve du désintéressement des « membres de la communauté universitaire, des citoyens et des défenseurs de la justice et de l’égalité » - pour reprendre ses propres termes- à la cause de Frédéric Miranville.

Toute la communauté universitaire - toute tendance confondue et à tous les niveaux - a vainement attendu la communication de cette décision de suspension par l’organe national disciplinaire qui a sanctionné Frédéric Miranville. Assez curieusement, elle en a eu la teneur par le défendeur lui-même qui, sur son compte Facebook et dans la presse (not. Le quotidien, 11 octobre 2024), condamné par le CNESER, crie au complot politique (mais par qui ? Les recteurs successifs ? Certains membres de l’Université ? L’ex-ministre ? Les Inspecteurs généraux ? Les juges du Conseil d’État ? Tous ?). Il porte ainsi à la connaissance de ses lecteurs que « la commission de discipline a rendu le 10 décembre une décision me concernant : je suis sanctionné d’une année d’interdiction d’exercer avec privation totale de salaire, après avoir été suspendu 1 an ». Si telle est la décision prise, elle nous semble bien insignifiante par rapport aux faits commis et, avant la décision du CNESER, le Conseil d’État, la plus haute juridiction de l’Ordre administratif, avait mis des mots sur les faits commis : « Il ressort des pièces des dossiers qu'à la suite d'un signalement, effectué le 2 mars 2023, par sept personnes occupant ou ayant occupé des fonctions au sein de l'université de D..., auprès de la ministre chargée de l'enseignement supérieur, faisant état de dysfonctionnements graves au sein de l'établissement se traduisant par des faits de harcèlement et de pressions exercées sur certains membres du personnel de l'université, en particulier à l'encontre du personnel féminin, l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche a conduit une enquête administrative à l'issue de laquelle elle a remis à la ministre, en juillet 2023, un rapport et saisi le procureur de la République en application de l'article 40 du code de procédure pénale. Le rapport d'inspection relève notamment la mise en place d'un "système harcelant institutionnalisé", "suscité et permis par le président", dont "le déploiement et la permanence reposent aussi sur l'appui de certains membres de l'équipe présidentielle et de cadres administratifs", ainsi que des faits de harcèlement moral commis par le président au préjudice d'au moins trois agents de l'université et le fait qu'au minimum dix autres personnes connaissent ou ont connu dans l'établissement, au cours de la période récente, "des situations de mal-être ou d'atteinte à leur dignité par des actes de management inapproprié » (CE, 28 mai 2024, n° 488994).

Le harcèlement moral est un mal qui cause de graves dommages et dont on a bien du mal à se débarrasser. La communauté universitaire, à travers son collectif de soutien aux victimes, s’inscrit en faux contre les allégations mensongères de Frédéric Miranville. Non, ce ne sont pas deux petites remontrances qu’aurait fait Frédéric Miranville qui sont à l’origine de sa suspension. La vérité est autre qu’il ne veut pas entendre : ce sont 63 personnes auditionnées, une instruction au Parquet en cours par la Brigade financière pour des faits de harcèlement moral et de possibles détournements de fonds publics, un rapport de la Cour des comptes plus qu’accablant sur la période concernant ses mandats. Mais cela, évidemment, il oublie de le mentionner.

La peine d’un an de suspension prononcée par le CNESER nous paraît sans rapport et bien dérisoire avec les dommages causés aux victimes qui souffrent et se sont engagées dans un combat très difficile à mener. Notre communauté s'offusque que leurs souffrances n'aient pas été reconnues plus largement. Nous ne comprenons pas le silence du Ministère. Nous ne comprenons pas que personne ne réagisse. À ce jour, nous ne pouvons pas continuer à être taisants.

C'est la raison pour laquelle nous allons utiliser notre droit de réponse pour montrer à quel point les allégations de Frédéric Miranville sont fausses. Un exemple ? Le message qu’il a posté sur sa page Facebook : « ma suspension ayant pris fin le 8 octobre à minuit, j’ai pu reprendre mes fonctions le 9 octobre 2024 avec l’accord de M. le Recteur ». La réalité est toute autre. L’accès à son bureau lui a été ouvert sous contrôle de la Direction des Affaires Juridiques par le Recteur dans le seul dessein de récupérer quelques effets personnels - qu’il n’a pas daignés récupérer avant. Cette récupération faite, l’accès au bureau lui a été supprimé dans la foulée.

C’est la raison pour laquelle nous n’allons pas le laisser continuer à incriminer ses propres victimes à travers sa pétition. Après avoir été humiliées et harcelées, les voilà maintenant diffamées et menacées. Comble de l’indécence et de l’hypocrisie, le père se joint au fils sur la page Facebook de ce dernier pour menacer les victimes puisqu’il s’adresse aux victimes dans les termes suivants : « A ou va payé au centuple. Mi maudit à zot jusqu’à zot septième génération. Y tarde pas zot va payé bande languette zot maman ». Après des demandes faites par les Recteurs successifs de stopper ses agissements, les rapports de l’Inspection générale, la sanction du CNESER et les instructions en cours par les services de police sur les harcèlements et les probables détournements de fonds publics, Frédéric Miranville utilise ses proches pour menacer les victimes qui n’ont reçu aucune compensation des préjudices qu’elles ont subis. La leçon de la sanction du CNESER ne semble donc absolument pas avoir porté ses fruits puisque le harceleur continue à s’en prendre aux victimes et à les faire souffrir.

Nous n’allons plus être taisants, trop de personnes ont souffert. L’image et la réputation de l’Université ont été trop ternies.

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