Un forcené en récidive agresse des policiers au Port

Mike L. ne se démonte pas devant la juridiction de Saint-Denis. Présenté en comparution immédiate, le Portois est soupçonné de s’être rebellé contre des agents de la paix lors d’un contrôle.
Nous sommes le dimanche 10 novembre, dans la nuit. Des policiers portois remarquent une voiture qui zigzague sur la route. Procédant à un contrôle, ils tombent sur Mike L., qui, ce soir-là, décide de ne pas se laisser faire. Contestant son interpellation, il entame une danse de pugilat avec les hommes en uniforme.
Finalement maîtrisé après avoir tenté de prendre la fuite, le constat est douloureux : deux agents vont écoper de 4 et 3 jours d’incapacité temporaire de travail. Cerise sur le gâteau : le permis du forcené a été suspendu, à la suite d’une audience en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.
« Vous avez une excuse pour tout »
À la barre, Mike L. comprend et regrette les faits. Il assure cependant que ce sont les policiers qui ont été virulents avec lui, procédant à une interpellation musclée. Concernant la conduite sans permis, il se justifie en expliquant qu’il devait aller « à la pharmacie pour chercher des médicaments » pour sa femme, enceinte. Une urgence qui justifie son geste, selon lui.
On s’attarde sur ses précédentes condamnations, et notamment celle d’août qui lui a valu la suspension de son permis de conduire, pour cause de consommation de stupéfiants. Là aussi, il expose à la cour une justification, qui n’a pas tardé à agacer la présidente. « Vous avez toujours une bonne excuse ! » lance-t-elle à l’égard de l’accusé.
Pour la défense des parties civiles (les trois policiers), leur avocate estime que le prévenu essaie de se dédouaner en accusant ses clients. Selon la robe noire, le Portois aurait délibérément cherché à en découdre avec les gardiens de la paix, en « invitant ses camarades à filmer la scène ». Elle déplore la violence dont a fait preuve Mike L.
La procureure abonde dans son sens, en ajoutant : « À l’en croire, il n’a pas eu le choix », faisant référence à la conduite sans permis. Elle évoque également le passif du Portois, et ses multiples mentions dans son casier judiciaire : un total de 7, pour des faits de violences ou en lien avec des stupéfiants.
La défense plaide sur la « bonne foi » de son client, sous-entendant son insertion dans la société et sa volonté de vouloir se repentir. En effet, la robe noire appuie sur le fait que son client a cessé sa consommation de stupéfiants, tout en voulant s’investir dans son rôle de futur papa. De plus, Mike L., bien que sans emploi, aide sa mère au quotidien en l’aidant à payer ses factures.
Une défense qui peine à convaincre, puisque le Portois est condamné à 10 mois de prison, dont une partie avec sursis probatoire.


