Un an ferme pour avoir emprunté une moto volée à son dalon

Présenté ce matin dans le cadre de la comparution immédiate, Ivan doit répondre de conduite sans permis et de recel de bien volé. Le 10 mars dernier à 21h, alors qu'il a besoin d'acheter du coca pour le repas, Ivan emprunte la moto de son dalon. Après de rapides explications sur le mode de démarrage du 600 cm3, un interrupteur en fait, il démarre et file vers un débit de boisson au Chaudron. Circulant sans casque et avec du scotch masquant une partie de la plaque, il est repéré par un véhicule de la BAC en patrouille. Il est contrôlé par les policiers alors qu'il est au bar pour faire ses achats.
Alertés par le mode de démarrage du deux-roues, les policiers accèdent au fichier et découvrent que la moto est déclarée volée depuis le 30 janvier 2018. Ils procèdent à l'interpellation du jeune homme et le placent en garde à vue.
Après lui avoir expliqué la gravité de "sa" situation, la présidente lui demande "pourquoi avoir pris cette moto sachant qu'elle était volée?". "Il m'a expliqué comment on démarre la moto, je ne pensait pas qu'elle était volée" répond t-il avant d'ajouter :"Je le vois tout le temps dessus, il a déjà été controlé par la BAC et ils ont rien dit". Quelque peu dubitative, la présidente relèvera simplement "ça m'étonnerait que la BAC ait laissé circuler la moto surtout avec le démarrage par un interrupteur". Le prévenu ajoutera seulement "je suis perdu, je sais que j'aurais pas du faire ça, je fais des gros efforts depuis ma sortie, je veux voir grandir mes enfants".
"Tristesse de la justice"
Pour la procureur, il s'agit simplement de "tristesse de la justice". Le casier judiciaire du prévenu, suffisamment éloquent pour en attester, justifie selon elle, un an de détention avec mandat de dépôt ainsi que la révocation d'une année du sursis. L'avocat d'Ivan, qui s'insurge de la peine demandée, argumente "nous sommes là, non pas pour ce qu'il a fait aujourd'hui, mais pour son passé judiciaire, je demande la relaxe pour le recel qui n'est pas établi. Je vous demande de faire preuve d'indulgence, de ne pas révoquer le sursis et de ne pas établir de mandat de dépôt".
Invité à prendre la parole avant la délibération, Ivan, comprenant ce qui plane au dessus de sa tête, dira d'une voix tremblante : "J'aimerais que vous me donniez une chance, une seule, je vous en supplie". La présidente aura en partie entendu le prévenu puisqu'il écope de 4 mois de prison avec mandat de dépôt et de 8 mois de révocation du sursis, soit 1 an de prison au total.


