Tourisme et loisirs : un secteur sinistré après le cyclone Garance

Le passage du cyclone Garance le 28 février 2025 a laissé des traces profondes sur l’île de La Réunion. Outre les dégâts matériels, c’est toute la filière du tourisme, des loisirs et des sports de nature qui se retrouve fragilisée. Les professionnels du secteur, regroupés au sein du SYPRAL, tirent la sonnette d’alarme et demandent des aides spécifiques pour surmonter cette crise.
« Nous venons de vivre des moments de grande frayeur avec le passage du cyclone Garance, aussi meurtrier que destructeur, il entre dans l’histoire des évènements dramatiques pour notre île », déclare Axel Hoareau, président du SYPRAL, le Syndicat des Professionnels des Activités de Loisirs de La Réunion.
En pleine période de vacances scolaires, les entreprises du secteur du tourisme et du loisir ont subi de plein fouet l’impact du cyclone. « Le passage du cyclone impacte le chiffre d’affaires des entreprises de loisirs en pleine période de vacances scolaires et pour quelques semaines, voire des mois pour certaines activités ou zones géographiques, quand ne se pose pas la question d’une fermeture définitive à l’image d’Acroplaine, parcours aventure forestier dont les arbres ont été fortement endommagés », alerte-t-il. Pour les activités de tourisme en milieu naturel – randonnées, canyoning, plongée – la remise en état des sites s’annonce longue, d’autant que l’accès aux sentiers, aux routes et aux ports demeure difficile. Les entreprises liées au monde animal, telles que les centres équestres et les aquariums, subissent également les conséquences du sinistre, entre difficultés d’approvisionnement et infrastructures endommagées.
Demande de mesures urgentes et adaptées
Face à l’urgence, les professionnels du tourisme et du loisir demandent des mesures adaptées à leur statut, nombre d’entre eux étant auto-entrepreneurs ou travailleurs indépendants, et donc exclus des dispositifs classiques de soutien. « Dans ce contexte et considérant que la majorité des entreprises du secteur sont des TPE/PME ne disposant pas d’assurance en pertes d’exploitation, les chefs d’entreprise sont dépendants des aides exceptionnelles de l’État ou fonds de secours Régional ou Départemental et sollicitent votre intervention pour que des dispositifs de soutien spécifiques à leur statut soient mis en œuvre en parallèle des mesures de chômage partiel pour les salariés », insiste Axel Hoareau.
Le président du SYPRAL appelle également à un plan d’actions immédiat pour relancer le secteur du tourisme et du loisir. « En parallèle des mesures exposées ci-dessus, il s’agira d’impulser un retour à l’activité à travers un programme d’actions générateur de chiffre d’affaires à destination du marché local », explique-t-il. Parmi les propositions avancées figurent l’orientation des touristes vers les activités encore praticables, des incitations à la consommation locale comme les chèques Kdo974, ainsi que des initiatives ciblant les jeunes, via des coupons sports et loisirs.
Une autre priorité concerne la remise en état des sites naturels sinistrés. « Engager des programmes d’entretien des sites de pratique en collaboration avec les professionnels du secteur (nettoyage de fonds marins en plongée sous-marine, aménagement aux normes européennes des canyons, entretien des sentiers et pistes VTT…) en lien avec les gestionnaires tels que le Département, le PNR, la RNMR ou l'IRT », préconise le SYPRAL.
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