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Tensions capacitaires au CHU de La Réunion : 15 lits supplémentaires, un bâtiment de cancérologie et deux nouveaux blocs opératoires à Saint-Pierre

Ecrit par T.L. – le mercredi 15 octobre 2025 à 17H30

Le directeur général du CHU Lionel Calenge a évoqué ce mercredi les aménagements qui seront engagés à Saint-Pierre afin de répondre à la hausse d'activité sur l'ensemble des sites, en progression de 5%. Des investissements qui s'ajoutent à la construction du futur Bâtiment Femme Parent Enfant à Saint-Denis.

Le sujet n'était pas au programme de la conférence de presse organisée ce mercredi 15 octobre au Centre hospitalier universitaire (CHU) Felix-Guyon à Saint-Denis, mais le directeur général Lionel Calenge l'a mise à profit pour évoquer la situation des hôpitaux publics de l'île.

« Nous avons une activité extrêmement soutenue en 2025, une hausse qui dépasse les 5%, très forte et un peu atypique dans le paysage des CHU que l'on constate au plan national », a indiqué Lionel Calenge, en se réjouissant par ailleurs d'une baisse de l'absentéisme constatée chez les personnels non soignants, qui serait passé d'un taux de 10,8% d'absents en 2024 à « moins de 9% en 2025 ».

Pour répondre aux « tensions capacitaires », le CHU de La Réunion « a pris la décision de construire une unité supplémentaire post-médecine de 15 lits, deux blocs opératoires supplémentaires et un bâtiment dédié à la cancérologie d'ici 2028 grâce aux fonds Feder ». Des investissements qui seront tous opérés sur le site de Saint-Pierre et dont l'annonce intervient après la récente communication sur la construction d'un Bâtiment Femme Parent Enfant de 26.000 m² à Saint-Denis (livraison en 2029).

86 greffes rénales réalisées par le CHU de La Réunion

Lionel Calenge a ensuite laissé la place aux médecins chirurgiens pour développer les focus thématiques au menu de cet échange bimestriel institué cette année avec la presse. L'occasion d'évoquer les dix ans du service des malformations cardiaques congénitales complexes (M3C), qui dispose de quatre lits de réanimation dédiés et ambitionne d'atteindre le seuil des 150 interventions chirurgicales et cathétérismes cardiaques congénitales et pédiatriques en 2026.

Autre motif de satisfaction, le bilan de l'activité de greffe cardiaque et rénale, qui vient rappeler en creux les pathologies prégnantes dans le département, avec 86 greffes rénales réalisées (dont 5 enfants) en 2024, et déjà 79 en 2025. Plus de 1.800 patients sont dialysés et le besoin en greffons demeure important, même s'ils peuvent être importés en avion depuis l'Hexagone.

« Si on veut répondre à la liste de 300 personnes en attente d'une greffe, il faudrait atteindre 100 greffes par an. Mais certains malades ne sont pas compatibles avec beaucoup de donneurs. L'accès à plus de donneurs vivants, si on atteignait le nombre de 20 ce serait bien, c'est cela qui pourrait changer la situation », a estimé le Dr Henri Vacher Coponat, président de la CME du CHU, en rappelant que cette opération est l'une « des plus sécurisées ».

75% des transplantés cardiaques sont des hommes

Le Dr Éric Braunberger, chef de service chirurgie thoracique cardiaque et vasculaire, a pour sa part vanté les mérites de La Réunion, seule île au monde de moins de 5 millions d'habitants à réaliser des greffes du cœur. Deux greffes ont été opérées en 2023, sept en 2023 et huit supplémentaires l'année dernière, avec des résultats positifs pour l'instant.

Cette fois, le manque de greffons et de greffons compatibles constitue toujours une barrière infranchissable, l'organe vital ne pouvant supporter le long voyage en avion. À La Réunion, environ 75% des transplantés cardiaques sont des hommes, 25% sont diabétiques et 70% présentent une insuffisance rénale.

Etiquettes : CHU

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