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S'estimant victime d'une erreur médicale, un jeune homme dépose plainte contre le GHER

Ecrit par Samuel Irlepenne – le lundi 19 mars 2018 à 17H02

Une plainte a été déposée auprès du conseil de l'ordre des médecins et de l'Agence régionale de santé (ARS) par un Saint-Andréen, qui estime avoir été victime d'une erreur médicale de la part du Groupe hospitalier Est Réunion.

Tout commence le jeudi 25 janvier dernier. Eddy, 25 ans, fait une chute à son domicile. "Je n'arrivais plus à me relever et ma femme m'a emmené aux urgences à Saint-Benoit", nous confie-t-il.

Après une heure d'attente, il est pris en charge par les équipes du GHER, qui lui font passer une radio. Verdict : le praticien hospitalier (PH) lui annonce un claquage musculaire au niveau de la cuisse gauche. "Le PH m'a indiqué que je pouvais rentrer chez moi après m'avoir prescrit de la codéine et un anxiolytique et que la douleur devrait cesser entre 48 heures et une semaine", explique le jeune homme.

Le lundi suivant, il reçoit un appel du GHER, lui annonçant au final que sa blessure n'est pas la conséquence d'un claquage mais d'une luxation de la hanche. "Ne pouvant plus marcher en raison de mes douleurs, le SAMU est venu me chercher à mon domicile le lendemain (mardi 30 janvier, ndlr) pour me ramener aux urgences de Saint-Benoît. Après plusieurs heures d'attente et sans médicaments, ils m'ont annoncé que je ne serai pas pris en charge avant mercredi matin. Je décide donc de quitter les lieux contre l'avis médical. On m'a fait comprendre que je n'étais pas là pour 'polémiquer'", assure Eddy.

Le lendemain, direction donc les urgences au CHU Nord. Après une nouvelle radio, le jeune homme tombe des nues. "Le chirurgien a déclaré que ma blessure était très grave et qu'il y avait même un risque de nécrose du fémur. Il m'a expliqué qu'une luxation devait être prise en charge sous 8h, alors que dans mon cas, cela faisait 6 jours que rien n'avait été fait".

Une anesthésie générale a été appliquée pour une réduction de la hanche. À son réveil, le chirurgien indique à Eddy que la remise ne tient pas et qu'en plus de la luxation de la hanche, il y avait également une fracture du cotyle, à savoir une lésion articulaire touchant la partie creuse du bassin qui reçoit la tête du fémur. "Je risquais de perdre ma jambe a ajouté le chirurgien", assure Eddy. Il sera donc dans la foulée envoyé en urgence au bloc opératoire pour une opération de 3 à 4 heures afin de remettre sa hanche en place à l'aide de vis et de broches.

Eddy, qui devrait sortir d'ici 10 à 12 jours, devra encore attendre trois mois avant d'entamer sa rééducation.

Après sa plainte déposée auprès de l'ARS pour le GHER et du conseil de l'ordre des médecins pour le médecin qui n'a pas eu le bon diagnostic, une réunion à l'amiable se tiendra ultérieurement entre les différentes parties. Une solution qui ne convainc pas le jeune homme. "J'ai déjà perdu entre 6 et 8 mois de travail à cause de ça, et je risque encore de développer une nécrose de la tête fémorale d'ici plusieurs années", termine-t-il.

 

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