Science participative : MétéoR Océan Indien installe un pluviomètre au volcan

Le jeudi 11 avril dernier, une équipe mixte composée de P.Kowalski (pour l'Observatoire Volcanologique du Piton de La Fournaise), de Mickaël H. et Laurent P. (pour l'association MétéoR Océan Indien) a procédé à l'installation d'un pluviomètre "Précis Mécanique" sur les Grandes Pentes du volcan à environ 1400 m d'altitude.
C'est l'aboutissement d'un projet de longue date, aussi vieux que cette association de passionnés de météo et de volcan, créée en 2015. C'est aussi la concrétisation d'un partenariat avec l'OVPF et d'un long travail préparatoire, dans le respect des règles édictées par le Parc national de La Réunion.
Environ 12h de terrain (pour 6 à 7h de marche, 19 km, 1100 m de dénivelé positif et négatif, avec des sacs de 15-20 kg) ont été nécessaires pour apporter le matériel et effectuer l'installation. Une véritable épreuve physique dans des conditions météo exceptionnellement ensoleillées et chaudes.

Installation en cours... - Crédit : FMA
Grâce à l'appui technique de l'OVPF pour la transmission et l'acquisition des données, ce pluviomètre idéalement placé devrait permettre d'en savoir un peu plus sur les cumuls de pluie supposées hors-norme sur le flanc est de notre volcan bouclier. D'aucun parle même d'une zone à record du monde...
Il faut savoir qu'au milieu des années 90, des travaux de recherche scientifiques avaient été menés pour évaluer les ressources en eau du massif du Piton de La Fournaise (publication d'époque à lire ICI).
A cette occasion, une dizaine de pluviomètres avait été déployée pour mesurer les volumes d'eau précipités sur le volcan. Et, entre 1993 et 1995, des "résultats surprenants" s'exposent aux yeux des scientifiques avec l'enregistrement de plusieurs records mondiaux de pluviométrie sur les pas de 2, 3, 4, 5, 6 et 7 jours !
L'un des postes mesura jusqu'à 18 000 mm de pluie sur une année, soit 18 mètres d'eau par mètre carré ! Le record officiel dans l'île étant de 15 931 mm en 1995 sur les hauts de Ste Rose.
Localisé dans ce secteur, cet appareil devrait apporter des données quantitatives utiles à la communauté scientifique sur les volets météo/climatologique, volcanologique et hydrogéologique.
C'est là, un parfait exemple de contribution de la science participative menée par des passionnés/bénévoles pour l'intérêt général.



