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Rythmes scolaires: l'élève d'abord!

Ecrit par zinfos974 – le lundi 11 février 2013 à 09H38

Quand on amalgame objectif éducatif fondamental et moyen à dégager pour y parvenir dans un cadre politique pour rejeter un projet comme celui des rythmes scolaires, en oubliant qu'il s'agit de faire réussir un nombre de plus en plus grand d'élèves, on conforte encore plus une réalité qui est dans l'air du temps et qui abaisse le niveau de la pratique démocratique : la prédominance de la tactique sur le fond.

Quel est le constat ? Il ne faut surtout pas parler des élèves en général. Sur un échantillon, l'élite, un tout petit tiers, est toujours présente quelles soient les réformes ; à l'opposé, en échec, un autre petit tiers, dont une partie a tendance à glisser vers le rejet scolaire, et ce groupe est alimenté par le bloc des moyens dont certains la maturité venant finissent par s'en sortir, tandis que d'autres se traînent au LEP et ratent une bonne formation de techniciens ou n'arrivent pas à s'accrocher à l'université, rendant encore plus compliquées l'orientation et l'insertion professionnelle.

Une répartition quasi naturelle ? Heureusement que beaucoup s'emploient à lutter contre une prétendue fatalité de l'échec en défendant l'idée qu'il faut donner plus - et mieux ! - à ceux qui ont le plus besoin, et qu'il est possible de le faire sans pénaliser ceux qui au départ sont bien armés. Dans cette action, la collectivité est gagnante : on ne peut pas laisser de côté ceux qui sont en difficulté à l'école, car intervenir plus tard demandera encore plus de moyens, d'autant que la stabilité démocratique est en jeu en raison de la montée des populismes.

Cette gestion du temps scolaire pour combler les retards demande donc du temps, une pédagogie différenciée, en tenant compte de la fatigue, de la motivation de ceux qui sont en retard et du moment de la journée où la réceptivité est meilleure. Il n'y a rien à inventer, tout est connu ; cela se fait ici ou là, il faut donc l'étendre et l'améliorer. Mais c'est un parcours difficile qui nécessite des coordinations régulières pour mieux adapter les enseignements. Par exemple : pour retrouver un niveau convenable en lecture à la fin du primaire pour pas mal d'élèves, le soutien en petit groupe ne doit pas être placé après une heure de français ou de math, et surtout pas l'après-midi quand il fait très chaud. Tout en veillant à ce que l'élève « retenu » en soutien ou en approfondissement ne se sente pas dévalorisé par rapport aux autres – autant que faire se peut, il ne doit pas y avoir de classes entièrement à part. Ce qui veut dire une autre organisation de la journée, de la semaine et de l'année. Faire reposer les élèves en janvier et en février entre aussi dans le débat sur les rythmes scolaires.

C'est dans cette direction qu'il faut avancer, en posant bien entendu la question des moyens (revalorisation de la carrière des enseignants et des crédits d'enseignement), sans pour autant en faire un préalable à la réforme. Voilà les bases d'une négociation entre tous les partenaires ! Une négociation qui a un caractère permanent, car il ne peut y avoir qu'un système qui tend vers l'objectif principal au fil des ajustements à partir des évaluations de tous ordres, y compris des activités péri-scolaires. Dans le monde de l'éducation, l'élève d'abord, ensuite l'enseignant, les parents, le maire et tous les autres. Quant au danger d'une territorialisation et d'une régionalisation de l'éducation nationale, c'est une idée fallacieuse qu'entretiennent ceux qui jouent tactique tout le temps, partout et sur tout. Cette posture qui consiste à plaider pour une décentralisation plus poussée à un moment et à un autre chercher à se cacher derrière la responsabilité de l'état central quand cela les arrange ne crée pas un climat favorable à une conscientisation large des problèmes réunionnais et aux solutions à y apporter.

Aimé LEBON, Bois-de-Nèfles Saint-Paul

 

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