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Quel parti progressiste?

Ecrit par zinfos974 – le mardi 5 mars 2013 à 14H20

Progressiste le mouvement lancé par quatre parlementaires socialistes ? Au vu de leur comportement dans le passé, non ! Le président de « Progrès » et un des vice-présidents oublient un peu vite qu'au lieu de placer en position d'éligibilité dans la liste socialiste aux dernières régionales des militants, par exemple, de « Trois-Bassins » et de « Saint-André » qui avaient besoin d'un coup de pouce pour réussir une meilleure implantation, ils choisirent de servir leurs entourages dans leurs communes. Les bénéficiaires y exerçaient déjà des responsabilités importantes, ce qui limitait dès le départ leur efficacité par manque de temps. Ce comportement de survie des clans est une constance, pour ne pas dire une tare du PS local, et qui fait qu'il n'y a jamais eu d'élus socialistes à la Région unis et solidaires sur une ligne politique, qu'ils ont été dans l'opposition ou dans la majorité. Alors quand les mêmes parlent aujourd'hui de plus d'attention aux territoires de petites communes et de promotion de militants, il y a un vrai doute. Question de tourner le dos à la stratégie et de piloter à vue, entre « Progrès » et le maire de Saint-Denis, c'est du kif-kif. Le changement ne peut pas se concevoir sans qu'il y ait une remise en cause du fonctionnement des structures. Aucune critique sérieuse de la commission des adhésions et de la commission des conflits de la Fédération n'a été faite ; ce que « Progrès » compte lancer pour les prochaines régionales, le maire de Saint-Denis l'a déjà expérimenté lors de son premier mandat en défiant la liste de la Fédération emmenée à l'époque justement par l'un des vice-présidents du mouvement. Dans cette pratique où priment les intérêts de clan, il est difficile de voir surgir des réformateurs tout d'un coup décidés à briser les mentalités d'hier.

Alors, c'est l'apparence du changement pour ne rien ne changer, le PS national préférant regarder ailleurs ; la dispute se déroulera autour du partage du logo socialiste, et le parti s'éloignera encore plus du progressisme. Le recours au PS national ne changera rien, car là-bas aussi ce parti a du ménage à faire dans la maison et il n'est pas prêt à s'en donner les moyens : A-t-il seulement commencé à résoudre les graves problèmes posés dans certaines grosses fédérations (Hérault, Bouche-du-Rhône, voire celle du Nord) ? Le PS, à la Réunion comme dans l'Hexagone, n'est qu'un assemblage de tribus, et l'opinion se rend compte que les idées progressistes qu'il avait brandies se perdent aujourd'hui dans le marécage de la tactique politique. C'est difficile de faire fonctionner démocratiquement un parti ; on peut y arriver par le non-cumul des mandats, mais pas seulement dans le nombre mais aussi dans le temps : pas plus de deux mandats ! Et, si l'on s'estime encore disponible pour la chose publique, on peut alors s'atteler bénévolement à mieux faire fonctionner l'incubateur d'idées des partis pour mieux approcher les grandes questions ou à évaluer les politiques régionales en menant un travail transparent et en toute indépendance. Les positionnements divers et l'évolution de ce dossier illustrent bien un conservatisme enraciné.

Il ne peut y avoir de progressisme sans des idées fortes en rupture avec le passé et des propositions qui conduisent à leur concrétisation. Que vaut un poste de vice-président au conseil général par rapport à la nécessité de sortir de la crise de représentation qui paralyse la démocratie locale, pervertit la décentralisation et qui pousse l'opinion à croire que les partis sont inutiles?

Aimé LEBON, Bois-de-Nèfles Saint-Paul

 

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