Plan anti-bandes : quel bilan après 10 mois ?

Dix mois après le lancement du plan anti-bandes à La Réunion, le préfet Patrice Latron affirme que la stratégie déployée porte ses fruits. Selon lui, les grandes rixes qui mobilisaient auparavant “des dizaines de jeunes” se sont quasiment volatilisées.
Depuis février, seuls deux affrontements significatifs ont été recensés : l’un au Bassin Bleu en mai, l’autre au bowling en juillet.
“On tient bon, on ne lâche pas. Dix mois après, on est toujours là, et ce n’est pas fini”, martèle le préfet.
Pour combattre un phénomène qui reposait sur “l'anonymat du groupe”, l’État a misé sur une individualisation systématique des situations. Une cellule anti-bandes, réunie tous les quinze jours, suit désormais 150 jeunes, dont la moitié sont mineurs. “Ce n’est pas parce qu’on est mineur qu’on n’est pas suivi. Et ce n’est pas parce qu’on est mineur qu’on ne s’en prend pas à la famille”, insiste Patrice Latron.
Les familles sont ainsi directement ciblées : contrôles CAF, lettres d’avertissement, et procédures administratives lorsqu’un défaut d’autorité parentale est constaté.
28 procédures d’expulsion et une pression renforcée sur les trafics
Le préfet confirme que 28 procédures d’expulsion locative sont actuellement engagées, en lien avec des bailleurs sociaux et privés. La moitié concerne des “troubles importants”, l’autre moitié des faits relatifs au trafic de stupéfiants, dorénavant explicitement expulsables grâce à la loi "anti-narco" adoptée cet hiver. “Si des expulsions sont prononcées, elles seront exécutées dans la semaine.” avertit le préfet,.
En parallèle, six interdictions de paraître ont été prononcées contre des trafiquants sur leurs propres quartiers, et deux commerces ont été fermés administrativement pour soupçons d’activités liées au trafic. Huit nouvelles interdictions et une troisième fermeture sont en préparation.
900 opérations menées sur le terrain
Pour le préfet, la clé du succès tient à la concentration des moyens dans les six communes les plus touchées. Police, gendarmerie, gendarmes mobiles et polices municipales ont conduit 900 opérations en moins d’un an : contrôles de bus, interventions ciblées, sécurisation des transports, actions coup-de-poing. “Depuis dix mois, on est présents, on reste présents, et on continuera tant que ce sera nécessaire.”


