Patates de Chine ?... Ou patates cochon ?

Samedi dernier, un forain vendait des "patates de Chine" sur le marché de Saint-Pierre. Curiosité oblige, j'ai acheté pour voir comment ça fonctionne. Mais le gnère, il ne se mouche pas dans les doigts : 3,50 euros le kilo. Ce qui fait qu'avec 1 kilo, vous avez 2 patates de la grosseur de mon poing. De quoi caler une dent creuse à peine. Mais l'essentiel est ailleurs...
Lorsque j'ai vu ces "patates de Chine", mon esprit a effectué un bond de quelques dizaines d'années en arrière, quand j'étais môme à La Rivière.
Avec mes frangins et des potes, Jo, Dédé... et Liliane, la jolie soeur de Jo (!), nous allions "fouiller patates cochon" dans la ravine Dévrine ("ravine d'Evelyne" pour l'IGN), périlleuse frontière entre Ruisseau-la-Rivière et Gol-les-Hauts.
La "patate cochon" est une liane courant sur le sol, en sous-bois, ressemblant à la liane aurore. Quand on voit une racine s'enfonçant en terre, on fouille avec "une gratte" ("le fer" à Mafate, et "le fangok" pour nos amis les Malbars).
On découvre une racine plus ou moins volumineuse,selon son âge.
Les plus "tendres" se mangent tel quel, nature ou sucrées ou encore en salade. Les plus vieilles sont cuites jusqu'à plus soif, avec du sucre, sinonsa ensemb' sel poiv' la graisse... quand on n'a pas de manger cochon su l'feu po mette dedans.
J'ai goûté mes "patates de Chine" en salade et le goût est exactement celui des "patates cochon" de mon enfance.
Je pense que c'est du pareil au même et que le nom "patates de Chine" est un pur argument commercial : "patates cochon", ça fait un peu négligé, non ?
Mais je peux me tromper et attends donc vos réflexions sur ce drame intellectuel, existentiel à plus d'un titre, vous en conviendrez, qui va m'ôter le sommeil... sinon l'appétit. Miam !
A vos claviers et bien affectueusement à touts,
Jules Bénard
PS : Après le franchissement de la ravine "Dévrine", quand on continue vers Le Gol, il y a, 50 mètres plus loin, à flanc de coteau, une petite vierge et sa source, à sec. Cette dernière ne coule que pour annoncer le passage d'un cyclone et, selon nos vieux gramounes, cela ne s'est jamais démenti. Jolie légende, non ?


