Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

Parole d’Outre-Tombe

Ecrit par zinfos974 – le samedi 8 octobre 2022 à 11H02

– Je me présente. Mon nom ? On ne m’en a pas donné. Suis-je fille ou garçon ? L’histoire ne le dit pas. Je suis seulement l’avorton-ne d’Annie Ernaux…
– Vous êtes un revenant alors ? Ou peut-être une revenante ?
– Non, je suis un-e non-advenu-e.
– Quel effet ça vous fait d’apprendre que celle qui aurait pu être votre mère vient de décrocher le Prix Nobel de littérature ?
– Un effet bizarre.
– Ça vous rend amer peut-être ?
– Oui, je me sens frustré-e, spolié-e même. Je me dis que j’eus été très fier-e de vivre dans la peau de le-la rejeton-e d’une telle sommité de la littérature mondiale. Malheureusement je ne le-la serais jamais. On m’a injustement déshérité-e. Et je demeure pour toujours confiné-e dans l’obscurité des limbes…
– Vous lui en voulez ?
– Un peu.

– Que pensez-vous de ses livres ? Les avez-vous lus ?
– Non je ne les ai pas lus, vous pensez bien ! Comment l’aurais-je pu ? Je sais seulement que j’y apparais fugacement. Plus d’ailleurs comme une absence que comme une présence.
Comme un objet qui jamais ne deviendra un sujet. Un objet à qui, par avance, l’auteur de mes jours (comme on dit) a refusé de jamais pouvoir accéder à la parole. Pourtant j’aurais eu des choses à dire, moi aussi. Une présence de l’absence, voilà à quoi je suis réduit-e. Je trouve injuste qu’elle ait pu ainsi disposer de moi et me rejeter sans appel de la société des vivant-e-s.
– Mais si Annie Ernaux a été couronnée par le jury de Stockholm, ce n’est pas seulement pour ses livres, ses livres dont vous regrettez – cela on peut aisément le comprendre qu’elle vous y ait fait une place si minorée, c’est aussi et surtout pour ce qu’elle représente et incarne. Parce qu’elle porte une parole progressiste, une parole courageuse qui plaide avec éclat pour la cause des femmes.
– La cause des femmes ? Vous croyez vraiment ? Pour ma part je suis loin d’en être convaincu.

On me dit qu’un certain Mélenchon, lequel se présente comme son ami proche, aurait « pleuré de bonheur » à l’annonce de son élection. Or, je ne sais pas exactement qui est ce Mélenchon mais, d’après ce qu’on m’a dit, ce serait un homme politique français qui, avec ses amis (en particulier ses copines Danièle Obono et Sandrine Rousseau), soutient ardemment les femmes qui cherchent à imposer en France le port du foulard islamique. Lequel foulard est pourtant, on le voit bien aujourd’hui en Iran, le symbole universel de l’asservissement des femmes à la domination masculine. Comme progressiste, n’aurait-elle donc pas encore quelques progrès à faire ?

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :