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​Mayotte en feu, pourquoi ?

Quatre îles bien différentes ont toujours été l'objet de tensions de par leur situation géographique, trônant au centre du canal du Mozambique, les Comores sont idéalement situées pour en faire un point stratégique tant sur le plan militaire que commercial. C'est cet emplacement idéal qui en a fait l'objet de nombre de convoitises.

Ecrit par Daniel-Picamoles – le mardi 25 avril 2023 à 07H29

Les premiers colons furent les Perses qui venaient faire leurs « emplettes » aux marchés aux esclaves. Lesquels provenaient de razzias faites par les malgaches sur les côtes africaines et détenus sur les îles de la lune. Les marchands belliqueux installés sur place ne tardèrent pas à se faire la guerre, période des sultans batailleurs. Ceux-ci étant principalement sur Grande Comores et Anjouan. Car ce qu’a écrit Gevrey, gouverneur de Pondichéry en 1870 : « La grande Comores palabre, Anjouan travaille, Moheli dort et Mayotte s’amuse » reste encore aujourd’hui d’actualité. 

Dès lors, Grande Comores et Anjouan étant complémentaires dans leur petit trafic, s’imposèrent comme patrons de la zone. Mais c’était sans compter avec la France qui devait prendre possession de l’ensemble de la zone, faisant ainsi passer l’archipel comorien dans la gestion de Madagascar et dépendances. Ainsi, la capitale de l’archipel réceptionnant ravitaillement de la France au départ de Madagascar, assuré par les militaires français, fut établi à Mayotte, île la plus proche de Mada.

Mais en 1958 avant le départ de la France de Madagascar, la capitale des Comores fut transférée à Moroni en Grande Comores. Dès lors les tentions inter îles furent plus réelles. Ce jusqu’en 1974, date à laquelle un référendum fut organisé dans chacune des quatre îles pour ou contre l’indépendance. Seule Mayotte a fait connaître, haut et fort, sa volonté de rester française.

Ainsi, les Comores devaient suivre leur propre développement avec leurs moyens. Pendant que Mayotte continuait à profiter de la manne française. Ce qui engendra forcément un écart qui n’a cessé de se creuser. D’autant que les Comores ont été dirigées par les présidents tous plus corrompus les uns que les autres, au détriment de leur pays.

Mayotte devenu département en 2011 vit ses dotations largement augmentées de par son intégration au sein de l’Europe. Pendant que la situation comorienne ne faisait que se dégrader de jour en jour. Dès lors Mayotte devenait pour la population comorienne, en souffrance, un eldorado. C’est dans ce cadre que des entrepreneurs voyous construisent des embarcations sur des plans copiés pour détourner des bateaux prévus pour la pêche en ce que l’on appelle « kwassa kwassa » pour du trafic d’êtres humains. Bravant une mer pas toujours calme, en surcharge de passagers et faisant régulièrement naufrage avec femmes et enfants à bord. Avec une trentaine de personnes par passage, il est clair qu’aucune norme de sécurité n’est respectée, seul le profit compte.

La route du trafic ainsi ouverte donne lieu à une augmentation des vols sur Mayotte, les embarcations amenant les personnes repartent avec cargaisons de butins dérobés par ces mêmes clandestins. Cependant, les Mahorais, non en reste de profits, ont trouvé là une manne en proposant des habitats plus qu’insalubres à ces bandits. Mais ces derniers n’étant pas satisfaits des prestations, ont ainsi squatté des terrains détruisant au passage la flore, ce qui engendre une baisse considérable des précipitations et donc des ressources en eau. Un exemple parmi d’autres qui reflète les conséquences économiques de ce flux migratoire.

L’annonce des opérations en cours dans un but de résorber l’habitat insalubre et réduire de manière drastique la délinquance engendrée par ces ghettos n’a fait qu’attiser haine et désirs de saccages, dégradations, vandalisme et agressions de la part de ces clandestins qui semblent être dirigés en haut lieu. En effet, les dernières exactions commises dans la nuit de dimanche à lundi l’ont été sous directives de « chefs de bandes » qui, ce dimanche, se sont rendus en Petite Terre afin d’organiser le désordre pour le lendemain.

Actuellement, les tensions sont vives et selon des sources bien informées, il semblerait que de nombreux autres barrages devraient être érigés ce mardi dans des endroits inhabituels à ce genre d’exaction. Avec des affrontements plus violents et un risque de voir apparaître des armes, dont des AK 47 importés illégalement depuis les Comores.

Le hub économique que représente Mayotte dans son avenir reste très convoité par un voisin voyou mais qui ne sait vivre qu’avec une main tendue. Il est clair qu’insularité entraînant promiscuité ne saurait être que source de tensions de par les jalousies et les envies. De plus, la mauvaise foi et l’instinct bagarreur hérité des sultans ne font que rajouter de l’huile sur le feu. 

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