Mairie du Tampon : Accusé de harcèlement sexuel, il se voit proposer un CDI

Une main posée sur la cuisse à plusieurs reprises, des invitations à sortir à la Maison des Filaos, club libertin de Saint-Pierre, son collègue serait même jusqu’à aller l’espionner devant chez elle. Les faits décrits datent de février à août 2017. Elodie (prénom d’emprunt), est alors agent de médiation à la mairie du Tampon en contrat aidé et le chauffeur qui l’accompagne sur son lieu de travail se permet des gestes et paroles déplacés durant les trajets.
La jeune femme lui signifie pourtant son refus, enlève sa main sur sa cuisse, se colle à la portière de la voiture, lui dit qu’elle n’est pas intéressée mais le chauffeur ne semble pas comprendre. "Il n’y a pas de mal dans ce que je fais", lui aurait-il répondu.
Si durant ces premiers mois de travail, la jeune femme n’ose en parler, en août dernier, elle décide de surmonter son mal-être et de faire part, par écrit, des agissements déplacés de son collègue à la direction du service prévention et sécurité publique de la collectivité dont elle dépend. "Mon responsable hiérarchique m’a assurée que cela n’allait pas rester impuni et qu’il allait faire quelque chose".
"Comme si tout cela avait été de ma faute"
Le code du travail oblige effectivement l'employeur à prendre toutes les dispositions nécessaires en vue de prévenir les faits de harcèlement sexuel, d'y mettre un terme et de les sanctionner. Une enquête interne aurait également pu être mise en place pour établir la réalité des faits. Questionnée, la mairie nous confirme que ses services ont été informés par courrier de cette plainte pour comportement inapproprié. Et ajoute que cette histoire a eu pour conséquence que "les plannings des deux employés avaient été réaménagés pour éviter tout contact". Par ailleurs, "lors de sa convocation, l'agent mis en cause a lui nié les faits", précise la mairie. Elodie a également déposé une main courante au commissariat de Police de Saint-Pierre où elle réside.
Mais voilà que quelque temps plus tard, alors que son contrat n’est pas renouvelé, elle apprend que lui aurait obtenu un CDI. La mairie confirme que le chauffeur fait désormais partie des effectifs du service Médiation de la collectivité. Selon les informations d’Elodie, deux autres femmes auraient été la victime de harcèlement sexuel dont l’une a déjà fait un rapport à l'encontre de cet agent et aucune d'elles n’aurait vu son contrat être renouvelé.
Pour Elodie, c’est la double peine. La jeune femme qui a réussi à surmonter la peur, la culpabilité et la honte, a le sentiment d’avoir été punie pour avoir parlé de sa souffrance. "Je suis en colère. Des personnes au comportement bien plus exemplaire auraient pu avoir ce poste. Cela ne lui sert pas de leçon. Il n'a pas sa place dans la sécurité", lance la jeune femme qui s'insurge également contre la réaction de son employeur. "Finalement c'est comme si tout cela avait été de ma faute".


