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Lettre ouverte à un chanteur irrévérencieux

C’était au temps où l’on disait de nous : « Cheveux longs et idées courtes ». Avec ton complice tu nous apportais un grain de révolte sur scène, tu étais en quelque sorte notre Woody Gutry à nous ! Tu étais irrévérencieux et c’est pour cela que nous ne manquions jamais de venir t’entendre tailler en pièces […]

Ecrit par grd03@mediaserv.net – le lundi 29 juin 2009 à 11H01

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C’était au temps où l’on disait de nous : « Cheveux longs et idées courtes ». Avec ton complice tu nous apportais un grain de révolte sur scène, tu étais en quelque sorte notre Woody Gutry à nous ! Tu étais irrévérencieux et c’est pour cela que nous ne manquions jamais de venir t’entendre tailler en pièces les bourgeois. Je me souviens t’avoir entendu dénoncer Pinochet et sa dictature sanglante ! Jamais, lorsque la route de tes concerts, passait pas très loin de notre région, je ne manquais ce rendez vous.

Puis un jour, alors que tu connaissais un certain succès et que la radio t’ouvrait ses micros, tu es tombé ! Alors jamais, les journalistes n’ont été aussi féroces ! Le JT du soir ouvrait avec ton portait : Le chanteur aimait un petit peu trop les enfants ! Ils les aimaient, non comme ils doivent l’être, mais de manière déplacée.

Mon idole venait de commettre la pire des fautes ! Le monde s’est écroulé pour moi, pour bons nombres de fans, et tes amis te renièrent ! Souviens-toi de ton complice sur scène, celui qui avec toi nous a appris en chansons à nous moquer d’une société trop policée à notre goût ! Lorsque la presse l’a interrogé sur les liens qu’il entretenait avec toi, ce camarade qui a gravi depuis les échelons de la renommée, ce camarade qui de rédacteur en chef d’un journal est devenu patron d’une grande radio nationale, cet homme a répondu : « Moi oui, je le connaissais sur scène, mais nous n’étions pas si proches » !

Cela a dû te faire mal de l’entendre du fond de ta cellule parce que toi tu n’as pas nié et tu as payé ! Lors de ta sortie de prison tu as avoué face aux caméras et tu as dit : « C’est vrai, je suis malade, mais maintenant je vais me soigner » et tu t’es retiré sur la pointe des pieds, non pas sur un pas de danse, mais en toute culpabilité.

Aujourd’hui tout espoir n’est pas perdu et qui sait, lorsque tu auras disparu si un ministre de la culture ne te tressera pas des couronnes de lauriers, car tu étais un roi dans ton genre, le geste de porter ton micro au derrière pour faire semblant de péter, n’était pas très élégant mais pas moins que de se remonter le sexe en public ! La mort d’un homme efface bien des fautes, qui l’eut cru !

Alors c’est vrai, j’ai aimé tes chansons, mais je n’ai pas aimé ce que tu as fait, désolé si la nature fait que je te survive, je n’arriverai pas à dire que tu étais un type super au moment de ta disparition, je ne pourrais pas faire comme si tu n’avais pas commis l’irréparable. Certes, tu as payé ta dette à la société, et je te pardonne, tu es revenu de ton enfer et tu as repris la posture d’un homme, je respecte ton courage et ta franchise, mais tu ne peux pas figurer au fronton du Panthéon des artistes ! Je ne comprendrais pas qu’à ta mort on te vénère comme si tu n’avais rien fait. Tu ne serais pas fautif parce que toi tu auras eu le courage de reconnaître tes fautes, mais la populace qui applaudit et crie au génie en occultant le côté sombre, je crois que même toi tu ne le supporterais pas ! Tu vois quand j’aime, je ne peux pas le faire à moitié !

Guy Ratane-Dufour.

 

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