Les Réunionnais épargnent toujours plus dans un contexte incertain

L’épargne des ménages réunionnais poursuit sa progression en 2024, stimulée par la hausse des taux de rémunération et la quête de placements sécurisés. Une tendance qui confirme leur prudence face aux incertitudes économiques.
À La Réunion, l’épargne continue de séduire. En 2024, le nombre de comptes de dépôts à vue a encore progressé de 1,7 %, après des hausses déjà notables de 3,8 % en 2023 et 3,1 % en 2022, selon les chiffres de l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM). La population réunionnaise affiche désormais en moyenne près de deux comptes bancaires par habitant, un niveau inédit.
Le LEP en force
Au-delà des simples dépôts à vue, les placements réglementés enregistrent également de solides progressions. Le livret A, produit d’épargne phare, progresse de 5,6 % en nombre de comptes, porté par des taux d’intérêt revalorisés face à l’inflation. Même tendance pour le livret d’épargne populaire (LEP), dont les ouvertures ont bondi de 25,9 % en 2024, après une explosion de 72,5 % en 2023. Son plafond rehaussé et sa rémunération attractive l’ont rendu particulièrement intéressant pour les ménages modestes.
Les livrets de développement durable, eux aussi, confirment leur regain d’intérêt (+2,5 % en 2024), tandis que les livrets jeunes signent une belle remontée avec +15,6 %, inversant la tendance à la baisse des années précédentes.
Autre signe révélateur : le retour en grâce des comptes créditeurs à terme, qui avaient perdu la faveur du public lors des années de taux bas. Ces produits ont vu leur nombre d’ouvertures grimper de 29,3 % en 2024, après déjà +67,4 % en 2023, profitant pleinement de la remontée des taux du marché monétaire.
En revanche, certaines formules d’épargne plus traditionnelles continuent de s’effriter : les livrets ordinaires (-17,5 %), les plans d’épargne logement (-6,4 %) ou encore les comptes d’épargne logement (-3,6 %) subissent la concurrence de produits plus rentables ou plus souples. Les plans d’épargne populaire (PEP), fermés à la commercialisation depuis 2003, poursuivent aussi leur disparition progressive.
Dans un contexte marqué par la hausse de l’inflation et des incertitudes économiques, les Réunionnais semblent privilégier la prudence et la diversification, cherchant à sécuriser leur patrimoine et à tirer profit de la revalorisation des rendements réglementés.


