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L'engagement

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 10 avril 2016 à 20H08

Quand on s'interroge sur l'engagement contemporain, tel qu'il existe et tel qu'on le perçoit dans la vie de tous les jours, on ne peut que constater que l'engagement a changé de forme. Il a pris la forme de signatures sur les pétitions, de j'aime sur facebook, de partage d'articles de contestation et de réactions par le biais de commentaires. La pétition de Caroline de Haas, figure du féminisme et militante de terrain est la preuve de cet engagement qui a pris la forme aujourd'hui d'un clic gauche sur la souris. Le clavier est sollicité. Les jeunes, les moins jeunes réagissent sur les réseaux sociaux pour dire leur mécontentement mais combien franchissent le pas et descendent dans les rues ?

A voir le nombre de manifestations et manifestants dans les rues des grandes villes de France, il semblerait que la frontière entre le virtuelle et le réel s'amenuise. Le j'aime sur un événement de rassemblement sur facebook se concrétise en un acte de mobilisation. Le citoyen se met à marcher, à s’asseoir sur la place de la république, comme sur le parvis des droits de l'homme à la Réunion. Il semblerait que la loi travail soit une étincelle qui allume le feu. Derrière la contestation qu'a fait naitre cette proposition de loi, il y a des citoyens qui pointent du doigt un problème plus large : celui des abus du système politique en place. Les discours des élus n'arrivent plus à convaincre. Cela fait des mois et des mois, voir des décennies pour certains, que les promesses politiques dont les actions étaient tant attendues déçoivent. Ce sont des citoyens éprouvés par des quotidiens difficiles et conscients d'une société qui perd ses valeurs de solidarité, d'équité et de justice qui contestent.

L’engagement c'est cette révolte naissante, encore douce contre l'oppression ressentie. Le citoyen ressent dans sa maison les injustices politiques et sociétales. Malgré sa volonté de se battre, il se heurte aux limites d'un système, incapable de se renouveler car les hommes aux décisions bricolent avec ce qui existent. Ce pouvoir politique ne peut pas remettre en question un système dont ils sont acteurs et profitent des bénéfices. Alors l'engagement se heurte à un mur, symbolisé par des CRS et la violence des matraques. Le citoyen se demande alors pourquoi s’engager et surtout comment si , même les mouvements syndicaux, les groupes politiques n’apportent pas de réponse à la hauteur des enjeux contemporains. Les groupes dits de contestations sont incapables de trouver une réponse pour peser dans la balance des négociations. Les voies empruntées par nos sociétés sont vécues comme des contraintes par les citoyens, auxquels on a imposé un mode de vie, un mode de réflexion.

L'engagement prend la forme de réunions entre citoyens qui entendent penser hors du système politique. Reste à savoir si cela est possible et comment cela peut se faire car il paraît quelque utopiste de construire un mouvement hors champ de pouvoir et de domination. Les citoyens se donnent alors pour ambition d'arriver au pouvoir avec d'autres méthodes et les nuits debout semblent être le début d'une réflexion amorcée sur le sujet.

L'engagement prend la forme qu'on lui donne. Il devient lourd du sens qu'on lui construit et vif de la force que les citoyens lui impulsent. L'engagement nait d'une idée et se concrétise dans le partage de cette idée. Ceci est une contribution d'une militante qui croit que le citoyen peut être à la base du changement. Réunissez-vous pour ceux qui aiment échanger et se rencontrer. Ecrivez, cliquez et faites circuler l'information pour ceux qui préfèrent les écrans. Mais ne restez pas impassibles.

L'engagement est la racine du changement.

 

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