L'emprunt du Præsidium du Soviet suprême Nikolaï Zarkozy

Le grand emprunt n’est pas une nouveauté, c’est même une tradition en France. Et quand on parle d’emprunt, on pense à Pinay. 1952-1953 : Antoine Pinay entend rompre avec la politique d'investissements publics que ses prédécesseurs mènent depuis 1948 et entame une politique d’économies budgétaires, de déflation. Pour favoriser les rentrées de capitaux, il fait voter une amnistie fiscale et procède, le 29 mai 1952, à l'émission de "la rente Pinay", elle est indexée sur l'or et bénéficie d'une exemption fiscale totale (taxe proportionnelle, taxe progressive, surtaxe et surtout droits de succession). C’est par la rente Pinay que la bourgeoisie française va échapper à l’impôt sur les successions. Pinay réussit à casser la croissance de la France, bien supérieure à la croissance de l’Allemagne. La France, qui était en train de se réindustrialiser à toute vitesse, passe derrière l’Allemagne. En 58 Pinay remet ça avec un nouvel emprunt indexé sur l’or et une nouvelle amnistie.
Qui va prêter à l’Etat ?
Il faut savoir que ce sont les personnes aisées qui souscrivent à un emprunt. Mais veut-on que ce soit les Français qui souscrivent, ou se contentera-t-on d’aller sur les marchés financiers ? Dans le premier cas il faudra des cadeaux : un taux d’intérêt plus élevé que sur les marchés et des exonérations fiscales. De sorte que l’emprunt, qui est destiné à éviter les hausses d’impôts aboutira non pas à une hausse d’impôt, mais un transfert d’impôt. Il faudra bien que le Trésor public rembourse, et il le fera avec la TVA, la TIPP, bref par les impôts payés par ceux qui n’ont pas souscrit. Comme pour la dette publique, (l’Etat va émettre près de 150 milliards d’euros d’emprunts cette année pour boucler son budget) l’emprunt sera un transfert de richesse de certaines catégories peu aisées vers d’autres.
"Un Etat ne peut pas faire faillite", allait-on répétant - jusqu'au cas islandais.
Et avant lui, il y eut l'Argentine ne pouvant plus payer ses fonctionnaires. Même l'Etat allemand a commencé à rencontrer des problèmes de taux pour lever des crédits, le mois dernier.
Quant aux sommes folles annoncées concuremment par les deux administrations américaines pour leurs plans de relance respectifs, nul ne sait où ils vont pouvoir les trouver - et ces dépenses pharaoniques annoncées n'ont nullement enrayé la crise...
Pas plus que les liquidités démentes injectées par la FED en vertu des "recettes keynésiennes" n'ont rétabli la confiance des banques entre elles.


