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La ruine des Moussajee : Lettre ouverte aux hommes et aux femmes de bon sens

Ecrit par zinfos974 – le lundi 25 février 2013 à 09H00

            Je fais partie des gens que les frères Moussajee arrosent de leurs emails depuis plusieurs mois ou même plusieurs années. Et j'avoue m'être souvent senti saturé par les épisodes répétitifs de leur bataille contre la Sogecore.

            Je suis peu habitué au langage juridique, parfaitement nébuleux à mon entendement. J'ai donc jugé au premier abord qu'on était en présence d'une simple affaire commerciale qui avait mal tourné, à cause d'un contrat de départ mal interprété… Et à de jeunes commerçants imprudents et dépassés par les conséquences de la vente de leurs magasins d'importation de pneus, au point qu'ils tentaient en vain de la faire annuler.

            Et puis, j'ai été progressivement  interloqué par l'acharnement, un peu obsessif à mes yeux, avec lequel les Moussajee revenaient à la charge pour tenter de récupérer ce qu'ils avaient inconsidérément cédé, ou tout au moins la contrepartie financière qu'ils en avaient espéré. Dans la foulée, prêtant  un peu plus d'attention à la chose, voyant et entendant les médias s'intéresser à cette coûteuse mésaventure, j'en suis venu à me poser toutes sortes de questions… Et puis survient maintenant le tout dernier épisode, au cours duquel j'apprends que la toute puissante Sogecore réclame aux deux misérables frères ruinés 950 mille euros, pour avoir apparemment tenté de survivre en créant un magasin en 2009, alors qu'ils étaient soumis à une clause interdisant toute concurrence. J'en demeure stupéfait…

            Ici à La Réunion, les dirigeants de la Sogecore sont au cœur de cette caste économique et financière dont la totale irresponsabilité sociale perpétue les handicaps qui minent la société réunionnaise, au delà de tous les beaux discours de circonstances. Et le pire serait de découvrir que cette caste peut s'appuyer sans vergogne sur des procédures judiciaires venant renforcer le sentiment rampant que la magistrature est bien plus préoccupée de maintenir intactes les structures hiérarchiques des pouvoirs locaux que de proclamer la justice…

            Pourquoi est-ce que j'ai ce genre doute ? Parce que les Moussajee disent n'avoir jamais reçu le prix de leur affaire, sans qu'aucune juridiction, à la suite de cet invraisemblable tribunal arbitral de carnaval, ne se soit jamais préoccupée du fond de la controverse. Sans qu'aucune n'ait jamais exprimé la moindre interrogation sur les faits initiaux, au cours des quarante et quelques procédures qui se succèdent depuis 5 ou 6 ans… Suis-je donc le seul à m'être posé la question, en regard de cette ténacité ahurissante exprimé par les Moussajee ?

            Comment le système judiciaire peut-il à ce point se révéler indifférent à ce qui ressemble de plus en plus à une arnaque ? Il doit bien y avoir une raison à ce mutisme et à ces évitements…

Simple lecteur de la chose, je me suis permis de formuler une hypothèse : Si après avoir délocalisé en métropole leur plainte pénale, les Moussajee parviennent, comme ils en affichent l'intention, à faire inculper et condamner les responsables de cette arnaque, ne pourrait-on pas craindre qu'un déflagration secoue les milieux plus ou moins complices dans cette affaire ? Les connivences émergeront, le jeu de dominos pourrait bien voir se renverser massivement ses pièces, l'une après l'autre ! Ou peut-être certains espèrent-ils l'implosion de la Sogecore, pour l'instant trop puissante pour être attaquée de front, mais tout de même menacée par les rumeurs les plus folles courant au sujet de son PDG, et dont la dernière semble être relative à un suicide plus que douteux d'un de ses employés, survenu dans un de ses magasins, et, pourrait-on dire, bien hâtivement effacé à l'attention du public…

           

Lorsqu'on voit les Moussajee ruinés pour la seconde fois par les procédures judiciaires et les condamnations qu'est parvenu à leur faire infliger leur propre prédateur, sans que lui-même n'ait jamais véritablement été inquiété, lorsqu'on imagine les alliances financières et bancaires qu'a su tisser leur destructeur pour les étrangler, et la vindicte dont il les poursuit, lorsqu'on découvre le démantèlement de leur entreprise actuelle, la liquidation de leurs anciens magasins, la néantisation de leur travail, et tout le reste, on ne peut que s'interroger sur le sens moral qui anime huissiers et commanditaires, adossés à une magistrature dont les décisions apparaissent au profane de plus en plus surprenantes.

            Je suis bien conscient que les lacunes concernant les informations à disposition du public obligent à la prudence et à la mesure… Cependant toute cette histoire sans fin me semble de plus en plus relever d'une grave forme de perversion morale de la part des protagonistes, qui sont sans doute parvenus à entraîner, à leur insu on ose l'espérer, quelques membres de l'appareil judiciaire, dont la cécité et l'obscurcissement de la conscience doivent décidément nous inquiéter… l'argumentation juridique étant, elle, toujours impeccablement infligée aux malheureux tombés entre leurs griffes.

            De multiples questions commencent à me déconcerter. J'en communique ici quelques-unes pour achever ce papier :

            - La valeur des entreprises Moussajee était-elle véritablement estimée à 3 millions et 600 mille euros, par un expert crédible ? Si oui, quel autre "expert maison", engagé par la Sogecore, a-t-il pu en dévaloriser le 70% à 456 mille euros, sans que depuis 6 ans, personne ne se pose aucune question de fond, ne serait-ce que pour qu'elle soit traitée de façon contradictoire devant les magistrats concernés ?

            - Que valent véritablement, de ce point de vue, les "expertises internes" commandées par un acheteur dont toute la stratégie a été, dès le début et en tout, de déprécier son achat ?

            - Les Moussajee ont-ils été payés au prix de la valeur reconnue de ce qu'ils ont vendu ? Oui ou non ? Comment ? En partie ou en totalité ? Quel tribunal s'y est-il intéressé, pour comprendre éventuellement, avant de souscrire aveuglément aux arguments de leur prédateur, leurs revendications et leurs écrits jugés diffamatoires ? S'agit-il véritablement de diffamation ? Ou bien plus simplement de la stricte vérité, exprimée brutalement et subjectivement certes, mais surtout trop éblouissante pour pouvoir être acceptée par les autres membres de la caste dominante ?

            - Si je comprends bien les informations diffusées, quelle valeur accorder aux sentences incohérentes de cette juridiction privée qu'a été le tribunal arbitral auquel on a renvoyé les frères Moussajee et qui a toute l'apparence d'une instance fantoche ? Sa composition et le processus de sa désignation, aussi douteux apparemment l'un que l'autre, n'auraient-ils pas dû attirer très précisément l'attention des autorités ?

            - Question qui me tracasse particulièrement et qui touche l'appareil judiciaire : Comment peut-on segmenter à ce point des procédures pendant toutes ces années, en faisant en sorte de ne jamais traiter le problème de fond de la vente de leur entreprise, par les frères Moussajee, à un acheteur qui ne remplit pas ses obligations, mais qui en revanche fait condamner si aisément ses victimes en invoquant des clauses parfaitement abusives ?

            Que cache cette cacophonie judiciaire ? Dysfonctionnement chronique ? Indifférence et désinvolture ? Multiples connivences ? Voire pire ? Qui tire les ficelles de ces pantins ? Qui protège les instigateurs de ce chaos ? Et pour quels intérêts savamment enfouis au sein des réseaux des notabilités concernées ?

            La suspicion m'assaille… Ai-je vraiment tort ?

Hubert de la Pâtebrisée

 

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