Revenir à la rubrique : International

Iran : la répression s’intensifie, Trump menace d’intervenir

Ecrit par Gaetan Dumuids – le mercredi 14 janvier 2026 à 07H16
Capture d'écran CNN (archives)

Depuis fin décembre, l’Iran est secoué par une vague de manifestations d’une ampleur inédite depuis des années. La répression a déjà fait plusieurs centaines, voire milliers de morts selon les ONG, tandis que Donald Trump brandit désormais la menace d’une intervention militaire et de sanctions massives.

La contestation qui secoue l’Iran depuis le 28 décembre 2025 prend une tournure dramatique. Parti d’un mouvement de protestation contre la situation économique, le soulèvement s’est transformé en révolte ouverte contre le régime. Face à la mobilisation, les autorités ont répondu par une répression d’une extrême brutalité.

Lire aussi : "Peut-être un moment de basculement" : le regard d'un Iranien de La Réunion sur la crise à Téhéran

Selon les organisations de défense des droits humains, le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Amnesty International et Human Rights Watch évoquent déjà des dizaines de morts dès les premiers jours, tandis que l’ONG Iran Human Rights fait état d'au moins 734 morts. D’autres sources avancent même des chiffres dépassant 2000 morts, voire plus. Des vidéos vérifiées montrent des morgues saturées et des dizaines de corps alignés dans certaines villes, notamment à Téhéran et dans sa banlieue.

Le pouvoir durcit le ton et brandit la menace judiciaire

Les forces de sécurité, en particulier les Gardiens de la Révolution et la police, sont accusées d’avoir utilisé des armes à feu contre des manifestants souvent décrits comme pacifiques. Des raids ont également été menés dans des hôpitaux, des arrestations nocturnes ont eu lieu au domicile de suspects, et plus de 10.000 personnes auraient été interpellées, dont des mineurs. Plusieurs ONG alertent sur des cas de torture, de disparitions forcées et d’« aveux » obtenus sous la contrainte.

Pour tenter d’étouffer la contestation, le régime a aussi imposé un black-out quasi total des communications depuis le 8 janvier. Internet, les réseaux mobiles et même une partie des lignes téléphoniques ont été coupés, isolant le pays du reste du monde et compliquant la documentation des violences en cours.

Le ton s’est durci au sommet de l’État iranien. Le guide suprême Ali Khamenei a appelé à remettre « les émeutiers à leur place », tandis que le chef du pouvoir judiciaire a ordonné d’accélérer les procédures contre les manifestants. Des procureurs ont évoqué des poursuites pour « guerre contre Dieu », un chef d’accusation passible de la peine de mort, faisant craindre une nouvelle vague d’exécutions.

Trump menace d’agir « très fortement »

C’est dans ce contexte que Donald Trump est monté au créneau. Le président américain a menacé d’agir « de manière très forte » si Téhéran commençait à exécuter des manifestants. Il affirme étudier des options militaires et a annoncé de lourdes sanctions économiques, dont des droits de douane de 25 % contre les pays commerçant avec l’Iran. Sur son réseau social, il a également appelé les Iraniens à poursuivre la mobilisation et promis que « de l’aide est en route ».

À Téhéran, ces déclarations sont perçues comme une menace directe. Les autorités iraniennes accusent les États-Unis de chercher un prétexte à une intervention militaire et préviennent que toute attaque entraînerait des représailles contre les bases américaines dans la région.

Washington a exhorté ses ressortissants à quitter l’Iran sans délai, en les invitant à emprunter, si possible, les voies terrestres via l’Arménie ou la Turquie.

Etiquettes : Donald Trump | Iran

Dans la même rubrique

0💬
Tri :