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Il pénètre chez elle, la vole et s'allonge sur elle alors qu'elle dort : 2 ans de prison

Un jeune majeur de 19 ans comparaissait devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de tentative d'agression sexuelle et vol dans une habitation. Fait assez rare pour le souligner, le prévenu a été reconnu atteint du syndrome d'alcoolisation fœtal.
Ecrit par Régis Labrousse – le lundi 20 juin 2022 à 16H35

Les faits font froid dans le dos : dans la nuit du 16 au 17 juin à Saint-Denis, Christophe M., 19 ans, s'est introduit dans un appartement vers 2h30 du matin. Il pénètre chez une jeune femme de 25 ans et, dans un premier temps, prend son sac et son téléphone. Il ressort, dépose le sac un étage plus haut, redescend et revient chez la jeune fille. Cette fois, il s'allonge sur le lit et par la même occasion sur elle. Réveillée en sursaut par sa présence et son odeur nauséabonde, elle se retrouve coincée sous son agresseur. Terrorisée, elle parvient à recouvrer ses esprits pour le faire fuir. Elle appelle la police et dépose plainte. 

Le lendemain après-midi, elle reconnait son agresseur qui traine dans sa résidence. Elle appelle la police qui intervient rapidement et interpelle le jeune homme. Il est placé en garde à vue. La police retrouve le sac de la victime un étage plus haut alors qu'il leur indique où il a caché le téléphone. Il s'avère qu'il est sans domicile fixe. Compte tenu de la nature des faits, il est ordonné une expertise psychiatrique. À la barre, le prévenu sourit en permanence et se contredit d'une affirmation à l'autre.

"J'avais trop envie de voler"

S'il ne donne aucune explication plausible malgré l'insistance et la patience de la présidente, il ne dit pas pourquoi il s'est allongé sur la victime, il parle d'une pulsion. Le prévenu reconnait également s'être déjà rendu dans cette résidence pour "zoner" alors que la victime explique à la présidente qu'elle l'a déjà vu devant chez elle et qu'il a même déjà tapé à sa porte. "J'ai juste cherché le téléphone pour le revendre pour une petite monnaie pour manger. J'avais trop envie de voler mais j'avais l'intention de rien faire", s'explique-t-il. Quant à son besoin de soins pour ses addictions : "Non je prends soin de moi tout seul", répond-il au tribunal 

Comme l'indique la présidente, il est atteint du syndrome d'alcoolisation fœtal. L'expertise psychiatrique est claire : il est partiellement atteint d'une altération du discernement au moment des faits alors qu'il était sous rivotril, zamal, whisky et vodka. Difficilement curable et réinsérable, il est à la limite de la déficience intellectuelle légère. "Je fais des crises, je vois sa tête tout le temps ! je ne suis pas la seule à qui c'est arrivé dans la résidence, il ne peut pas rester dans la rue", témoigne la victime. "C'est un danger public. Ce n'est pas une tentative d'agression sexuelle, c'est une agression sexuelle, voir une tentative de viol", rebondit l'avocate de la partie civile. 

"Il y a une impérieuse nécessité à mettre fin à ces agissements"

"Il reconnait les faits, mais c'est très difficile d'en savoir plus. C'est une tentative d'agression sexuelle car le commencement d'exécution a pris fin par la réaction de la victime dont le comportement est à souligner. Il encourt la prison et il doit l'entendre même s'il n'a pas de casier. Les faits sont particulièrement graves". Le parquet requiert une peine de 18 mois de prison dont 10 mois avec sursis probatoire et le maintien en détention.

"Il y a une impérieuse nécessité à mettre fin à ces agissements mais la prison n'est pas la solution. Il lui faut des soins et un accompagnement. Il a vécu une enfance particulièrement difficile et il n'a pas de casier judiciaire, vous devrez en tenir compte", plaide la défense. 

Le prévenu qui répondait "c'est hyper cool, il y a la télé, c'est plus la prison d'avant" à la présidente sur sa détention provisoire, va pouvoir profiter de la télé pendant une année. Il est condamné à 2 ans de prison dont 1 an assorti d'un sursis probatoire renforcé. Il a interdiction de contact et de se présenter au domicile de la victime.

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