Gel des contrats PEC : Les maires de La Réunion dénoncent un "affront" de l'État

Alors que La Réunion lutte contre les séquelles d’un cyclone et une épidémie de chikungunya, l’État sabre l’aide aux contrats PEC. Pour Serge Hoareau et les maires de l’île, c’est un abandon pur et simple des Réunionnais.
Dans un communiqué, Serge Hoareau, président de l’Association des maires de La Réunion, dénoncE avec force la récente décision de l’État de réduire drastiquement le financement des contrats Parcours Emploi Compétences (PEC). Une mesure jugée incompréhensible par les élus locaux qui y voient un véritable désastre pour l’île.
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L’arrêté publié le 24 mars 2025 fixe les nouvelles modalités de prise en charge des PEC par l’État : le taux de financement chute à 43,5 %, contre 53 % précédemment, tandis que la durée maximale des contrats passe de dix à six mois. Une décision qui s’ajoute à une première baisse en début d’année, lorsque le taux était déjà passé de 60 % à 53 % et la durée réduite de onze à dix mois. "Où s’arrêtera l’État ?" s’interroge Serge Hoareau, traduisant l’exaspération des maires réunionnais.
Pour les édiles, ces contrats ne sont pas une simple mesure administrative : ils constituent un levier essentiel pour l’équilibre social et le fonctionnement des services publics sur un territoire où le chômage frappe bien plus durement qu’en métropole. "Les PEC permettent de maintenir des services vitaux comme les temps périscolaires ou l’entretien des espaces verts", rappelle le président de l'AMDR. À La Réunion, où le taux de chômage dépasse largement la moyenne nationale, ces emplois aidés sont perçus comme une bouée de sauvetage pour de nombreux foyers.
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Un timing désastreux
Le moment choisi pour cette annonce ne fait qu’amplifier la colère des élus. L’île se remet encore des dégâts causés par le cyclone Garance et doit parallèlement faire face à une épidémie de chikungunya d’ampleur. "Quel message est envoyé aux Réunionnais en réduisant drastiquement l'aide de l'Etat dans le financement des PEC ? Au mieux de l'indifférence, au pire un abandon", déplore Serge Hoareau. Pour lui, cette décision témoigne d’une méconnaissance criante des réalités locales par les décideurs nationaux.
Une mobilisation en vue
Face à ce qu’ils qualifient d’"affront", les maires de La Réunion ne comptent pas rester les bras croisés. "Contrairement à l’État, nous ne nous résoudrons jamais à laisser des Réunionnaises et des Réunionnais sur le bord du chemin", martèle Serge Hoareau, promettant une réaction collective des élus.
Cette nouvelle coupe budgétaire intervient dans un climat déjà tendu entre les collectivités locales et l’État, ravivant les débats sur l’équité territoriale et le soutien aux Outre-mer. À La Réunion, l’avenir des PEC – et des milliers de personnes qui en dépendent – est désormais suspendu à la réponse que les maires sauront apporter à cette crise.


