Exploitation retardée du port de Sainte-Marie : la Régie du Port Intercommunal dénonce un blocage injustifié

Lors du dernier conseil communautaire de la CINOR, le président de la Régie du Port Intercommunale, Didier Gopal, a exprimé son mécontentement face aux obstacles administratifs qui retardent l’exploitation d’un bâtiment de 2.000 m² récemment construit sur le port de Sainte-Marie.
Didier Gopal n'a pas mâché ses mots en dénonçant les blocages rencontrés lors de la phase d’exploitation du nouveau bâtiment, un projet qui a nécessité un investissement de 20 millions d’euros. "Nous avons déposé un permis pour un bâtiment de catégorie 5, permis validé et réceptionné avec la préfecture et le maire de Sainte-Marie", a-t-il rappelé. Mais malgré ces démarches administratives, les demandes d'Autorisation d'Occupation Temporaire (AOT) du domaine public sont régulièrement rejetées.
Le problème proviendrait d’une interprétation "discutable" selon Didier Gopal de la commission départementale du SDIS, qui semble classer le bâtiment en catégorie 3, avec des exigences plus contraignantes. Une décision qui a plongé le projet dans l'incertitude, selon le président de la régie. "On n’a toujours pas de retour écrit officiel, ni d’explication claire sur cette requalification", a ajouté le quatrième vice-président de la CINOR, soulignant que la réception officielle de la construction reste le seul document valide.
L'impact économique pour le territoire
Ce blocage administratif a des conséquences bien plus graves qu'une simple question de conformité. "Cela retarde l'exploitation du bâtiment, ce qui complique la situation des commerçants et des entreprises locales. Ils ont des employés à payer, des projets à lancer, et nous avons besoin de recettes pour le territoire", a insisté Didier Gopal.
Le projet de Sainte-Marie avait pour objectif de dynamiser l’économie locale, mais le retard dans l’obtention des autorisations d’occupation met en péril de nombreux investissements. "Les commerçants ont fait des prêts à la banque pour aménager leurs locaux et lancer leur activité. Si cela continue, ils risquent de perdre leurs prêts et ne pourront pas payer leurs employés", a-t-il averti.
Soutien des maires et demande d'intervention du préfet
Face à cette situation, Didier Gopal a trouvé un soutien auprès des trois maires du territoire, Ericka Bareigts, Richard Nirlo et Maurice Gironcel, qui se sont engagés à unir leurs efforts pour faire valoir les droits de la CINOR. "On a respecté la loi, maintenant, on demande que la loi soit respectée", a déclaré le président de la régie.
"Lors de sa visite jeudi dernier, le préfet de La Réunion avait été stupéfait de voir l’état d’avancement du projet, sans savoir que nos demandes étaient toujours en suspens", a précisé Didier Gopal.
Le président de la régie a appelé à une résolution rapide de ce conflit administratif pour éviter que des investisseurs et des entreprises locales ne subissent de nouvelles pertes. "C’est un outil pour le territoire Nord, et il doit être exploité dans les meilleurs délais. Il y a des conséquences financières et sociales qui ne peuvent plus être ignorées", a conclu Didier Gopal.


