Deux petits trafics de stupéfiants aux lourdes conséquences devant le tribunal de Saint-Denis

Deux affaires ont occupé le tribunal de Saint-Denis ce lundi 19 mai : elles concernent des "petits" trafiquants péi avec, pour le deuxième cas, des petites frappes ancrées dans la délinquance.
Les deux affaires ne portent pas sur des sommes d'argent astronomiques, des voyages à Dubaï ou un réseau structuré international : non, les personnes jugées en comparution immédiate ont un profil sensiblement similaire. La première concerne un jeune homme s'adonnant à la revente de cannabis après la perte de son emploi.
Âgé d'une vingtaine d'années et vivant chez sa mère, il est contrôlé un soir par les policiers en bas d'un immeuble de Vauban. Caché dans une boîte de Tic-Tac, un "rouleau" d'argent ; le butin s'élève à peine à 140 euros. Les fonctionnaires poursuivent leurs investigations et trouvent dans son véhicule plusieurs pochons de résine de cannabis : le butin, 40 grammes.
Début dans la délinquance
A la barre, le jeune homme explique qu'il s'est lancé dans ce petit trafic de stupéfiants à des fins budgétaires. En mars dernier, il perd son emploi, qu'il peine à assurer à cause de soucis de santé. Sous contrôle judiciaire, il demeurait parfaitement inconnu de la justice avant ces faits.
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Son profil est donc celui d'un jeune vivant avec sa mère. On retrouve sur lui un petit peu de cocaïne qu'il dit avoir troquée contre du zamal. Des arguments qui peinent à attirer la sympathie du ministère public : son compte épargne révèle une coquette somme d'argent issue de son licenciement. "Il ne faut pas se moquer du tribunal", tance le ministère public, qui requiert à son égard une peine d'un an d'emprisonnement assortie d'un sursis probatoire de 6 mois et des travaux d'intérêt général. Elle demande la saisie des sommes et de son véhicule.
Un jeune désœuvré
Son avocate argue sur le fait que ce jeune homme est un primo-délinquant : reconnaissant les faits qu'on lui reproche, elle rappelle par ailleurs qu'il fait tout pour se réinsérer dans la société. En témoigne sa volonté de trouver du travail, une inscription à France Travail et le crédit quasiment achevé sur sa voiture.
La robe noire s'étonne que, le soir du contrôle, d'autres personnes aient été contrôlées mais non poursuivies. Elle plaide pour une peine ramenée à du sursis et surtout la restitution de son véhicule, indispensable pour lui. La défense obtient gain de cause : le tribunal condamne son client à une peine de 12 mois d'emprisonnement entièrement assortie d'un sursis et lui rend les clés de sa Ford Fiesta.
Deux frères habitués du tribunal
L'autre affaire de stupéfiants concerne deux frères : Kévin M. et son frère Giovanni M. Ce dernier est contrôlé un soir dans la commune du Port par des fonctionnaires de police. On retrouve sur lui 120 grammes de cannabis. Très vite, il explique qu'il sert juste de livreur pour la consommation personnelle de son frère, Kévin M., actuellement sous bracelet électronique chez leur mère.
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En effet, le jeune homme sort de détention et purge une partie de sa peine à domicile. Après son frère, il est interpellé et placé en garde à vue. Chez lui, on retrouve du lactose (servant à couper la cocaïne) et une balance de précision. L'examen de son téléphone démontre qu'il tient le rôle "d'intermédiaire" dans un trafic local de stupéfiants.
Leurs casiers judiciaires sont éloquents : 15 mentions pour Kévin M. et 18 pour son frère Giovanni M. A la barre, il brandit son illumination pour la religion comme bouclier, tandis que son frère tente de le disculper. Mais là aussi, la mayonnaise ne prend pas avec le ministère public.
Un "choix de la délinquance"
Il déplore un "choix de la délinquance" concernant les deux frères : un ancrage qui ne date pas d'hier, en témoigne leur casier judiciaire. Kévin M. ne peut pas s'adonner à son rôle d'intermédiaire à cause de son bracelet, donc il envoie son frère. Il requiert une peine similaire pour la fratrie : 18 mois d'emprisonnement avec maintien en détention et 1 000 euros d'amende chacun.
L'avocate de Kévin M. rappelle qu'il est pour la première fois impliqué dans un trafic de stupéfiants, ne servant que d'intermédiaire. Ses précédentes condamnations n'ont aucun rapport avec cela. Qui plus est, il a coopéré avec les forces de l'ordre et reconnaît entièrement sa participation à trois transactions de cannabis. Son conseil demande une plus juste proportion.
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Pour la défense de Giovanni M., son avocate explique qu'il a toujours nié avoir participé à un quelconque trafic de stupéfiants ; les quantités retrouvées sur lui étaient destinées à son frère. La robe noire souligne qu'à aucun moment il n'a participé à la vente. Elle plaide ainsi pour une peine mixte, étant donné que monsieur s'occupe de sa famille.
Le tribunal a toutefois décidé de suivre les réquisitions du ministère public, en condamnant Kévin M. et son frère à une peine de 18 mois de prison avec maintien en détention et une amende de 1 000 euros chacun.


