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Des "parents-rois"

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 28 juin 2012 à 09H42

Ce lundi 25 juin 2012, sur une certaine onde locale, où la libre antenne est quotidienne, nous avons entendu des parents d’élèves s’indigner de l’attitude de quatre enseignantes d’une école de notre académie. D’après leurs dires, celle-ci entre autres maux « n’en font qu’à leur tête », « qu’elles sont trop souvent absentes » et « qu’elles ont osé boycotter la fête d’école ». Et, de fait que leur présence dans l’école n’était plus admissible.

Ces mêmes parents ont sans doute omis de préciser que ces mêmes enseignantes ont dû subir pendant cette année scolaire maintes attaques sur leur lieu de travail.

Quel motif justifie qu’un parent d’élève s’introduise dans une cour d’école pour insulter une enseignante ?
Quel motif justifie qu’un parent d’élève s’introduise dans une cour d’école pour menacer une enseignante ?
Quel motif justifie qu’un parent d’élève lors d’une fête d’école tente de porter atteinte à l’intégrité physique d’une enseignante si par chance d’autres parents présents ne l’en eurent empêché ?
Quel motif justifie qu’un groupe de parents interdisent à une enseignante l’accès à son lieu de travail ?

Ces différents faits illustrent ce pouvoir que les parents commencent à prendre sur l’École.
Lors de cette année scolaire 2011-2012, nombre d’enseignants ont malheureusement subi cette ingérence des parents dans leurs activités professionnelles. Nombre d’entre eux ont préféré s’y contraindre sous les menaces de parents hargneux. Et, nombre d’entre eux ont dû courber l’échine faute d’une aide providentielle.

Dans notre société consumérisme à l’excès, l’École se transforme peu à peu en centre commercial où l’enseignant devient une denrée consommable et interchangeable à souhait. Le parent, contribuable, est en droit d’exiger ce qui lui semble être le meilleur produit pour « l’éducation » de son enfant. Peut-on injustement priver un client de sa liberté de choix ? Le client est roi, n’est-ce pas ? Le client est d’autant plus redoutable lorsque sous l’égide d’une association il outrepasse ces droits dans l’indifférence de ceux-là même qui devraient protéger son personnel.

Depuis quelques années et, encore plus aujourd’hui, on nous laisse entendre que tout est « marchandisable » : l’eau, la santé, l’École. La volonté de certains de nos ex-gouvernants d’abolir la carte scolaire n’était pas anodine. Sa disparition ne pourrait que satisfaire cette liberté de choix. Je choisis l’école, puis je choisis l’enseignant. Et enfin, je choisis le petit camarade à côté duquel mon enfant s’assiérait…

Contrariés par cette demi-mesure, certains parents n’hésitent pas à faire pression sur des équipes, sur des Inspecteurs de l’Éducation nationale afin de pallier ce manque de liberté. Ces parents contribuables oublient que l’impôt, comme le définit l’INSEE, est un versement obligatoire et sans contrepartie. Il est légitime qu’un parent se soucie de l’éducation de son enfant, mais de là à imposer son diktat à toute une communauté éducative, cela relève plus de l’ineptie. Cependant, pour des raisons qui leur appartiennent, certains de ces supérieurs hiérarchiques répondent favorablement aux désidératas de ces nouveaux clients de l’Éducation nationale.

Beaucoup de voix se sont élevées contre le culte de l’enfant-roi, au vu des aberrations qui ont sévi ici et là dans notre société moderne. Ne laissons pas un autre culte de même acabit s’instaurer dans notre École.
Notre système éducatif doit se prémunir contre ces caprices antirépublicains.
Aujourd’hui, ce sont des enseignants qu’on livre à la vindicte des parents. Et demain...?

Les parents doivent avoir du pouvoir dans l’école, mais pas sur l’école.

Pour le SAIPER-PAS 974
Stéphane CHECKOURI

 

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