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Déchets : le président du SYDNE propose une conférence annuelle territoriale

Ecrit par P.M. – le lundi 1 septembre 2025 à 07H35

La CRC a pointé une gouvernance fragmentée dans la gestion des déchets à La Réunion. En réponse, le président du SYDNE, Daniel Alamélou, propose d’instaurer un rendez-vous annuel réunissant l’ensemble des acteurs de la filière.

On connaît le constat réalisé par la chambre régionale des comptes. Entre 2010 et 2020, les déchets ménagers et assimilés n’ont baissé que de 2,5 %, loin de la cible de moins 10 % fixée par la loi. 

La CRC pointe  notamment une gouvernance fragmentée : les EPCI assurent la prévention et la collecte, tandis que les syndicats mixtes gèrent le traitement. Cette répartition est jugée source de lourdeurs et d’incohérences. 

Lire aussi : Gestion des déchets : la Chambre régionale des comptes appelle à la création d'une structure unique à l'échelle régionale

D’où la proposition de la CRC de regrouper les compétences de prévention, collecte et traitement dans une structure unique à l’échelle régionale, pour plus de cohérence et de réfléchir à une fusion des syndicats de traitement en une seule structure régionale (Sydne et Iléva).

“Transformer les déchets en ressource”

Face à ce diagnostic, la célébration des 10 ans du SYDNE (Syndicat de Traitement des Déchets du Nord et de l'Est de La Réunion), jeudi dernier à Sainte-Suzanne, a été l’occasion d’apporter une réponse politique. Le président du syndicat, Daniel Alamélou, a insisté sur une idée forte : les déchets ne doivent plus être vus seulement comme un coût, mais comme une “ressource”.

En 2026, le SYDNE va franchir une étape dans ce sens avec la mise en service de la nouvelle chaudière d’Albioma, à Saint-André, qui utilisera les combustibles solides de récupération (CSR) produits à partir des déchets ménagers. Cette installation doit permettre de valoriser plus de 70 % des déchets ménagers et assimilés du territoire Nord-Est.

En s’appuyant sur cette perspective, le président du SYDNE défend une stratégie axée sur la modernisation des équipements et l’innovation technique. Pour lui, l’avenir de la gestion des déchets passe par la construction d’une économie circulaire : recyclage accru, production d’énergie locale, développement de filières péi de valorisation.

Le syndicat a fêté ses 10 ans jeudi dernier à Sainte-Suzanne (photo SYDNE).

"Une première marche"

Dans ce cadre, Daniel Alamélou a proposé l’organisation d’une conférence territoriale annuelle des déchets, qui réunirait collectivités, syndicats, services de l’État, entreprises et associations, « pour partager le diagnostic et les orientations que nous souhaitons impulsées à l’échelle de l’île. La commission consultative d’élaboration et de suivi du PRPGD, la CCES, pourrait jouer ce rôle pour la Réunion", selon lui.

Au-delà, il propose de créer “un espace d’échanges et de partage à l’échelle des outremer. Nos collectivités domiennes partagent les mêmes problématiques en matière de collecte et de traitement des déchets ménagers. Nos îles doivent se parler et partager des solutions adaptés à nos économies insulaires”.

Président de la Cirest, Patrice Selly soutient la proposition. Un tel rendez-vous permettrait selon lui de « partager nos expériences, mutualiser nos moyens et construire ensemble une stratégie ambitieuse, durable et solidaire”.  

Le représentant du TCO va dans le même sens, voyant dans cette future conférence territoriale, une “première marche”.

Des observateurs appellent dans le même temps à regrouper les compétences de collecte et de traitement :
« L’optimisation, tout le monde la recherche. Au départ, il y avait cinq collectivités compétentes en matière de collecte et de traitement des déchets. Aujourd’hui, les cinq EPCI gèrent la collecte et les deux syndicats le traitement. La logique serait de regrouper la collecte et le traitement à l’échelle des deux syndicats, puis peut-être d’aller plus loin, comme le dit la CRC, en fusionnant en un seul syndicat. »

Un regroupement qui impliquerait la collecte de la TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères) au niveau des syndicats, ce à quoi certaines EPCI ne semblent pas favorables pour l’heure.

Un débat autour des propositions de la CRC a suivi les discours (photo SYDNE).

80 millions investis d'ici 2030

Le maire de Saint-Benoît a par ailleurs rappelé les investissements déjà engagés pour moderniser les infrastructures : un nouveau centre de tri prévu d’ici 2027, une installation de stockage des déchets ultimes attendue pour 2028, et plusieurs plateformes de broyage.

Avec 214 000 tonnes de déchets traités par an, le SYDNE a plus que jamais besoin de faire évoluer ses équipements de traitement”, a confirmé Daniel Alamélou, chiffrant à plus de 80 millions d’euros le montant des investissements prévu d’ici à 2030 par le syndicat pour “structurer et moderniser nos équipements de traitement”. Le tout avec une maîtrise d’ouvrage désormais publique. 

Il précise que le centre de tri de Sainte-Marie sera remplacé d’ici deux ans par un nouveau centre plus moderne (extension des consignes de tri), les deux plateformes de broyage de Saint-Denis et de Sainte-Rose seront renforcées par de nouvelles plateformes dans le Nord et dans l’Est. 

La nouvelle installation de stockage de déchets ultimes non dangereux (ISDU) doit, elle, ouvrir en 2028 pour pallier la fermeture de l’ISDND de Bel Air.

Notre objectif affiché est bien la valorisation maximale de nos déchets”, ambitionne Daniel Alamélou. 

Etiquettes : Déchets | SYDNE

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