Revenir à la rubrique : Economie

Crise agricole : les revendications pressantes des agriculteurs réunionnais

Ecrit par S.I. – le mardi 22 avril 2025 à 11H27

Dans un contexte de difficultés croissantes pour le secteur agricole à La Réunion, Sarah Salah-Aly, présidente de la commission des agricultrices à la FDSEA, dresse un constat sans détour et formule des attentes claires à l’adresse du ministre de l’Agriculture et du président de la République.

Au cœur des préoccupations : des indemnisations tardives, un manque de moyens pour la diversification, des filières en souffrance et une bureaucratie asphyxiante.

Des indemnisations urgentes après la tempête Garance

Sarah Salah-Aly met en avant l’urgence d’activer les indemnisations promises par le ministre des Outre-mer suite à la tempête Garance. « Les agriculteurs et agricultrices de La Réunion ont besoin de ces aides rapidement », insiste-t-elle, pointant du doigt le précédent de la tempête Belal dont les indemnisations n’ont été versées qu’un an après les dégâts. « C’est aberrant. L’agriculture est en difficulté, il faut agir vite », martèle l'agricultrice.

Souveraineté alimentaire : des discours sans moyens

La question de la souveraineté alimentaire, bien que centrale, suscite des réserves. « Le mot souveraineté ne me plaît pas beaucoup mais on fera avec », confie la présidente. Elle déplore l’absence de moyens concrets pour accompagner les agriculteurs dans la diversification de leurs cultures. « Si on me demande de convertir 20 hectares de canne à sucre sur mes 46 hectares, comment faire ? Je suis équipée pour la canne, pas pour autre chose », explique-t-elle, soulignant le manque de solutions et d’accompagnement proposés par le gouvernement.

Filières en crise et manque de vétérinaires

Les filières bœuf, volaille et porc ne sont pas épargnées. Sarah Salah-Aly alerte sur la pénurie de vétérinaires, un problème qui fragilise encore davantage ces secteurs. Par ailleurs, l’absence de molécules phytosanitaires, sans alternatives viables proposées, complique la gestion des cultures. « Il y a plein de problématiques qu’il faut aborder de front », insiste-t-elle, en écho aux discussions menées par Stéphane Sarnom, président de la FDSEA, avec la ministre de l’Agriculture.

Simplification administrative : un impératif

Enfin, Sarah Salah-Aly appelle à une simplification drastique des démarches administratives. « On nous annonce des chiffres mais on ne sait pas comment cela sera financé. Et nous, agriculteurs, devons encore nous justifier avec des montagnes de paperasse », déplore-t-elle. Elle exhorte les pouvoirs publics à alléger ces contraintes pour permettre aux agriculteurs de se concentrer sur leur métier. Face à ces défis, les agriculteurs réunionnais attendent des mesures concrètes et rapides. « À un moment donné, il faut simplifier au maximum », conclut Sarah Salah-Aly, résumant l’urgence d’une politique agricole plus pragmatique et proche des réalités du terrain.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :