Coups de feu et graves blessures pour une demande d'ami sur Facebook

Tout part d'une histoire de jalousie entre Sébastien P. et un certain Tomy qui lui reproche d'avoir demandé sa copine sur Facebook. Le ton monte par réseau social interposé et ce qui devait arriver arriva : les deux individus se donnent rendez-vous pour en découdre "entre hommes" le 21 juin dernier. Tomy arrive en 308 dans la cité ou réside Sébastien P. avec ses deux frères, Brice M. et Guillaume B. Ses deux frères sont armés d'un sabre et d'un pistolet à grenailles. Sébastien P. n'est pas en reste puisqu'il est accompagné de son frère Mickael. Ils sont tous deux armés d'un sabre et d'une barre de fer. Le "entre hommes" tourne court et la situation dégénère rapidement. Un fort attroupement se crée alors autour des protagonistes.
Sébastien P. s'en prend immédiatement à Tomy qui, voyant le sabre, s'enfuit après avoir esquivé plusieurs coups. Voyant cela, son frère Brice M. sort une lame qu'il avait cachée dans sa manche. À cet instant, une pluie de projectiles, bouteilles et galets, s'abat sur la 308. Voyant la tournure des événements, Guillaume B., le deuxième frère de Tomy, prend un fusil à grenailles dans la 308 et tire en l'air pour disperser la foule et faire cesser les hostilités. Contrairement à ce qu'il pense, cela a un effet dévastateur. Sébastien P. s'en prend alors à Brice M. à coup de sabre. Ce dernier va dans la 308 prendre un pistolet à grenaille et tirer en direction de Mickaël qui est touché gravement derrière la cuisse alors qu'il lui tournait le dos.
Appelée, la police intervient rapidement et met fin à la scène de violence. La victime est évacuée vers le CHU de Saint-Denis pour y être opérée. Une ITT de 42 jours lui sera délivrée. Le lendemain matin, Brice M. et Guillaume B.se rendent de leur propre initiative au commissariat pour s'expliquer et sont placés en garde à vue. Il faudra plusieurs jours pour que Sébastien P. soit interpellé et placé aussi en garde à vue. La victime est également entendue, mais une erreur de procédure, soulevée par son avocat, le dispense de se retrouver ce mercredi dans le cadre d'une comparution immédiate à la barre avec les trois autres. Chacun d'eux reconnaissent plus ou moins les faits qui leur sont reprochés lors de cette audience qui, malgré la présence de nombreuses personnes des deux camps dans la salle, s'est déroulée dans le plus grand calme.
La parole du jour revient à la victime qui, invitée à s'exprimer par la présidente, indique au tribunal : "Je reconnais ce que j'ai fait et je ne leur en veux pas. Tout ce que je demande, c'est qu'ils disent la vérité". Sur ces sages paroles, la procureure, de son côté, ne s'attendrit pas le moins du monde : "C'est un rare dossier où la situation des uns et des autres ne m'émeut pas du tout. Ils sont tous auteurs et victimes. Ils osent parler de régler ce dossier 'à la loyale', mais arrivent tous armés. Cette violence n'a aucune légitimité et ne doit pas être prise à la légère. Il y a des coups de feu qui auraient pu faire de gros dégâts et d'autres victimes; et ça mène aujourd'hui à une ITT de 42 jours", fustige le parquet qui requiert de lourdes peines ferme avec maintien en détention pour les trois prévenus.
Les défenses des trois prévenus mettent en avant les "nombreuses zones d'ombre du dossier", qui selon eux émanent des "défaillances du parquet qui fait l'économie d'une ouverture d'information". Les robes noires s'accorent sur un point : "Les peines demandées par le parquet sont manifestement excessives pour chacun d'eux", au regard de "cette enquête qui n'est pas allée jusqu'au bout".
Au final, Brice M., sans casier mais auteur du tir blessant la victime, est condamné à 3 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire. Guillaume B., deux mentions au casier dont une peine de 8 ans de réclusion criminelle pour des faits d'extorsion avec violence ayant entrainé la mort, est condamné à 10 mois de prison ferme, tandis que Sébastien P., 15 mentions au casier, est condamné à 20 mois de prison ferme. Il est fait, à tous trois, interdiction d'entrer en contact entre eux. Le tribunal prononce leur maintien en détention.


