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[Communiqué] Le Gol/St-Louis : La souveraineté énergétique et les mobilités électriques à La Réunion

Un point presse a été tenu par les représentants de Génération Ecologie ce lundi 13 mai 2024 au Gol, Saint-Louis sur les thèmes de la souveraineté énergétique et des mobilités électriques à La Réunion, en présence de : Jessica Sarpédon, référente-adjointe Génération Ecologie Sud, Luc Lallemand, référent Génération Ecologie Sud et Vincent Defaud, Responsable Outre-Mer pour le Conseil National de Génération Ecologie, Référent Départemental de Génération Ecologie La Réunion (voir photos jointes)
Ecrit par N.P. – le lundi 13 mai 2024 à 11H50

I DE LA SOUVERAINETÉ ÉNERGÉTIQUE DE LA REUNION

Albioma est le principal producteur d'électricité à La Réunion, avec 46 % de l'électricité totale produite sur l'île provenant essentiellement de ses centrales thermiques, Le Gol et Bois-Rouge. Ce chiffre dépasse celui d'EDF, qui génère environ 40 % de la production électrique.

Le reste de la production vient de « petits » producteurs tel Akuo Energy (avec ses centrales photovoltaïques du Port et de L'Etang-Salé ou encore TotalEnergies qui a récemment ouvert une petite centrale hydraulique à Saint-Leu.

La production électrique de La Réunion est donc concentrée entre les mains d'un duopole. D'un côté, la production assurée par EDF, récemment renationalisée en 2023 par le Ministre Bruno Le Maire au nom des intérêts stratégiques nationaux de souveraineté énergétique, semble être plutôt en adéquation avec notre vision de la souveraineté énergétique de l'île. Cependant, la part prépondérante détenue par Albioma dans la production d'électricité, tant aujourd'hui que demain,1 démontre que nous sommes loin d'atteindre cette souveraineté énergétique.

Au contraire, nous devenons de plus en plus dépendants de l'étranger. Et ce n'est pas tout ! Albioma a de nombreux projets en cours à La Réunion, notamment dans le domaine de la géothermie à

 

Salazie et à Cilaos. D'ailleurs, une consultation de la population des cirques a-t-elle été envisagée concernant les projets géothermiques d'Albioma ?

Dans un avenir très proche, Albioma aura une position dominante dans la production d'électricité à La Réunion, dépassant largement la barre des 50 % de la production totale avec ses nombreux projets de développement. Cependant, une préoccupation majeure réside dans le fait qu'Albioma est une société détenue par KKR (Kohlberg Kravis Roberts & Co), un fonds d'investissement américain.

Souvenez-vous, en avril 2022, informé par le projet d'achat par KKR, en tant candidat aux élections législatives, j'avais alerté l'opinion publique sur le risque de perte de souveraineté énergétique de La Réunion avec la vente d'Albioma à ce fonds d'investissement américain.

Malheureusement avec la victoire relative de la macronie aux élections législatives de 2022, Bruno Lemaire a été maintenu à son poste et l'OPA de KKR sur Albioma est passée comme une lettre à la poste et c'est le cas de le dire ! Cette vente a été effective grâce à l'accord du ministère de l'économie depuis septembre 2022.

Et depuis cette date, le fonds d'investissement américain KKR est l'actionnaire très largement majoritaire d'Albioma (à hauteur de 92,5%). Qu'Albioma Réunion reste dans le giron français et/ou réunionnais est une question d'intérêt national et régional supérieur au nom de la défense et protection de nos intérêts propres.

A l'heure où les citoyens se posent la question légitime de reprise en main de leur souveraineté (énergétique, alimentaire, industrielle, etc.), et à l'heure où les pouvoirs publics (Etat via la Préfecture et les collectivités départementale et régionale) font des efforts pour maintenir certaines entreprises stratégiques dans le giron d'acteurs économiques locaux - nous pensons bien sûr au dossier Air Austral - il paraît donc naturel et essentiel pour Génération Ecologie qu'Albioma à La

Réunion soit entre des mains réunionnaises car nous devons avoir la maîtrise de notre production électrique.

 

Dans un autre contexte, le ministre de l'économie a négocié un pacte Nickel avec les forces politiques calédoniennes indépendantistes ou non-indépendantistes. A nous Réunionnais, d'imposer un rapport de force pour bâtir un pacte Énergie Réunion.

Ce n'est pas aux banquiers de Wall Street de déterminer notre politique énergétique. Rappelons que KKR est régulièrement qualifié par les économistes et la presse spécialisée de fonds vautour.

Ceux-ci sont spécialisés dans l'achat à bas prix de dettes émises par des débiteurs en difficulté ou proches du défaut de paiement (entreprises, dettes souveraines, etc.) dans une pure logique de profitation.

L'objectif de KKR n'est pas d'atteindre la souveraineté énergétique de La Réunion ni de fixer des tarifs d'électricité raisonnables pour les familles réunionnaises, mais plutôt de réaliser des profits rapidement.

Ce type de fonds veut un retour d'investissement le plus rapide possible et ceci est contraire aux intérêts réunionnais. Car l'intérêt des Réunionnais c'est de produire une énergie renouvelable propre et locale avec des factures d'électricité raisonnables pour les ménages. Car les familles réunionnaises en ont marre des hausses de prix incessantes !

Les familles réunionnaises sont étouffées par cette montée des prix qui s'ajoute à une inflation galopante.

Depuis 2020, les consommateurs ont subi 6 hausses du tarif de l'électricité. Leur facture a doublé ! Comment s'en sortir ? Nous n'arrivons plus à boucler les fins de mois, et la crise mondiale de l'énergie est une excuse facile, car ce sont nous, les consommateurs réunionnais, qui payons la note.

Génération Ecologie demande, au nom du patriotisme économique réunionnais, à Bruno Lemaire, ministre de l'économie de faire comme il a fait pour EDF : la renationalisation au nom des intérêts stratégiques souverains majeurs de la Nation.

En l'espèce, Génération Ecologie milite pour que l'entité Albioma Réunion soit transformée en une Coopérative Citoyenne d'Énergie avec un actionnariat populaire et le soutien des pouvoirs publics

(Etat, collectivités territoriales, chambres consulaires) pour que la population réunionnaise reprenne la main la production d'énergie locale et soient associée à la tarification et aux dividendes. Génération Ecologie lance le débat. Le mouvement coopératif n'est pas une utopie puisqu'il a montré sa réussite et toutes ses performances dans le domaine agricole par exemple à La Réunion.

Génération Ecologie va solliciter les forces vives réunionnaises (mouvements associatifs, organisations syndicales, les milieux socio-professionnels) pour demander de reprendre le contrôle de la production et des tarifs de l'électricité à La Réunion et ceci passe par une reprise en main citoyenne d'Albioma.

Mon cœur saigne en voyant à quel point le capitalisme américain cherche à prendre le contrôle du paysage économique de La Réunion.

Nous ne pouvons pas nous y résoudre et nous allons lancer une campagne en direction de la population en ce sens avec une mobilisation via une pétition par exemple. Ne soyez pas étonnés si dans quelques temps, vous retrouvez les militantes et militants Génération Ecologie sur les marchés et brocantes pour demander la réunionnisation d'Albioma.

Nous précisons que nous avons un profond respect pour les salariés d'Albioma et que les premiers concernés et les 1ers promoteurs d'un service public Réunionnais de l'énergie devront être les travailleurs énergéticiens.

Des collectifs citoyens se sont organisés pour le bien manger créole et contre l'implantation des multinationales américaines qui incarnent la malbouffe à La Réunion. La question de la bonne l'alimentation est centrale et vitale pour les Réunionnais. La question de l'énergie l'est aussi, tant la maîtrise de la production (renouvelable et locale bien évidemment) que la tarification abordable pour les familles.

II LA VOITURE ELECTRIQUE : L'ARNAQUE DU SIECLE ?

Pour beaucoup de nos concitoyens, l'obligation de la voiture électrique à partir de 2035 est une décision politique qui a été imposée par les écologistes et l'Europe. Génération Écologie s'inscrit en faux.

Cette obligation européenne de passer aux véhicules électriques est surtout le résultat du lobby de l'industrie automobile et le prix à payer pour les usagers réunionnais est extrêmement élevé.

D'un point de vue écologique, l'extraction des métaux rares pose plusieurs problèmes : les conditions de travail souvent précaires, notamment pour les enfants, dans les mines en Indonésie et en Afrique, la destruction des paysages et des écosystèmes riches en biodiversité. Cette dépendance stratégique aux métaux et terres rares constitue un obstacle majeur à la souveraineté industrielle de la France et de l'Europe, en raison de leur forte dépendance à l'égard de la production chinoise.

D'un point de vue climatique, les voitures électriques ne présentent pas nécessairement un avantage, car leur production a un coût élevé sur le plan environnemental et nécessite une demande énergétique importante, surtout pour les véhicules lourds de type SUV qui sont de plus en plus proposés à la vente.

Pour une mobilité propre, agissons maintenant ! L'extraction des matériaux pour les batteries des voitures électriques menace nos écosystèmes. Le recyclage des voitures électriques et le retraitement des batteries aujourd'hui ne sont clairement pas assurés et pourtant cela est une nécessité écologique.

La solution de Génération Ecologie pour des mobilités durables ne réside pas dans la voiture électrique, mais dans une approche plus globale de la mobilité et de l'aménagement du territoire. A Génération Ecologie, nous aspirons à trouver des solutions permettant aux Réunionnaises et Réunionnais de se déplacer de manière différente et plus saine, en réduisant les distances à parcourir, notamment pour se rendre au travail.

 

Nous envisageons également la création de lignes ferroviaires de type métro léger pour relier les grandes agglomérations de la côte, ainsi que l'installation de téléphériques pour relier le littoral aux Hauts.

Génération Ecologie préconise de favoriser le télétravail, ainsi que d'installer des services publics, des structures de santé et des commerces de proximité dans le cadre d'une approche de la ville « du quart d'heure », accessible à pied ou à vélo. L'objectif est d'éviter aux gens de parcourir de longues distances en voiture pour se rendre au travail ou faire leurs courses dans les centres commerciaux en périphérie des agglomérations.

Le principal obstacle à l'adoption de la voiture électrique pour les Réunionnais aux revenus modestes est son coût prohibitif. De plus, les mesures sociales proposées par le gouvernement, telles que l'offre de véhicules électriques à 100 euros par mois, n'ont pas été accessibles au public réunionnais.

L'introduction généralisée de voitures électriques entraînera une augmentation des factures d'électricité pour les familles réunionnaises, aggravant également les tensions sur un réseau électrique déjà fragile. Les coupures de secteurs deviennent de plus en plus fréquentes, notamment en début de soirée, en raison des branchements des voitures électriques.

Ainsi, l'adoption de la voiture électrique met en péril le pouvoir d'achat, voire le pouvoir de vivre ou de survivre, des familles modestes

Pensez-vous sérieusement qu'un smicard peut se payer une voiture électrique ?

Est-ce que vous croyez vraiment que la préoccupation principale d'un smicard est d'investir dans une voiture plus onéreuse à l'achat et plus coûteuse en entretien ? En outre, il est bien conscient de l'absurdité écologique de cette tendance à l'électrification des véhicules.

La vérité est crue : malgré son apparence de propreté, la voiture électrique n'est pas aussi verte qu'elle le prétend. En effet, elle cache une face sombre : une consommation excessive de ressources et des véhicules toujours plus imposants. Elle maintient le règne de la conduite en solitaire, laissant inchangés embouteillages et coûts exorbitants des infrastructures routières.

Prévenons-nous de ce désastre annoncé et orientons la mobilité routière vers la décroissance.

Génération Ecologie craint une explosion sociale à La Réunion comme lors du mouvement des gilets jaunes avec l'augmentation des tarifs des carburants. Là, nous nous retrouvons avec une augmentation exponentielle des tarifs de l'énergie et d'achat de voitures. Comment les familles vont-elles faire pour survivre ?

Vincent Defaud, Responsable Outre-Mer pour le Conseil National de Génération Ecologie, Référent Départemental de Génération Ecologie La Réunion

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