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Centre éducatif fermé de Ste-Anne: Harcèlements et agressions dénoncés au procureur

Le centre éducatif fermé de Sainte-Anne, géré par l'AAPEJ (Association Aide et Protection de l'Enfance et de la Jeunesse), dans le giron du groupe SOS depuis 2012, est sous le coup de nouveaux problèmes internes. Plusieurs salariés et ex-salariés ont alerté le procureur de la République et la DPJJ (Direction de la protection judiciaire de la jeunesse) à la Réunion suite à une dégradation de leurs conditions de travail et le non respect des obligations générales de sécurité. En outre, une autre plainte pour agression sexuelle a été déposée par une salariée à l'encontre d'un chef de service du centre.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 5 septembre 2013 à 17H10

Sale temps au centre éducatif Jules Palant, à Sainte-Anne. Déjà sous le feu des projecteurs en 2009 pour des faits de maltraitances sur ses pensionnaires, le centre géré par l'AAPEJ (ex-APECA) est de nouveau au coeur de problèmes internes. Plusieurs salariés et ex-salariés ont alerté la DPJJ et déposé des plaintes au bureau du procureur de la République (30 mai et 30 août 2013).

La situation d'aujourd'hui découle des problèmes dénoncés en 2009. L'affaire avait fait grand bruit dans la presse à l'époque. Quatre éducateurs avaient été licenciés. Mais pour le personnel encore présent, les conditions de travail se sont dégradées d'année en année.

Depuis le début 2013, plusieurs salariés et ex-salariés, souhaitant rester anonymes pour le moment, ont fait le choix de dénoncer les problèmes internes auprès de la direction de l'AAPEJ ou encore du CHSCT (Comité hygiène, sécurité et des conditions de travail) sans succès. "On a envoyé six ou sept courriers à la direction et au CHSCT faisant état des problèmes de harcèlement moral, d'agression sexuelle. Nous n'avons jamais eu de réponses. On a même averti l'inspection du travail sur nos conditions. Il n'a pas pris position", explique un des salariés concerné. Pis selon eux, la direction de l'AAPEJ ne les a pas pris au sérieux. "On nous a dit que l'on ne nous croyait pas. Dans le bureau de la direction, la personne incriminée (chef de service ndlr) a même été poussée par la directrice de la structure à déposer plainte pour propos diffamatoires. On nous a pris pour des menteurs !", s'insurgent-il.

 

"Humilié, critiqué, traité d’incapable, de faible"

En réponse à la non prise de décision de la direction, les salariés et ex-salariés ont décidé d'alerter la DPJJ et le procureur. "Depuis 2009, suite à la dénonciation de maltraitance sur les jeunes du centre, mais aussi par la prise de position de membres de l’équipe à l’encontre de certaines pratiques éducatives, des contentions physiques, punitions, brimades nous étaient imposées par le chef de service (du centre Jules Palant ndlr) sous peine de se retrouver exclu de l’équipe et surtout humilié, critiqué, traité d’incapable, de faible (…). On était constamment sous surveillance pour bien vérifier qu’on appliquait ses directives", explique un salarié dans son courrier au procureur de la République.

"Certains salariés sont devenus des hommes à abattre avec des conditions de travail dégradantes caractérisées par des brimades, des tentatives de manipulation et des abus de pouvoir de la part de la hiérarchie et plus particulièrement de notre chef de service", peut-on lire. A en croire ces salariés, les pratiques dénoncées en 2009 auraient donc toujours cours encore aujourd'hui. "Malgré l’enquête demandée par les services de l’Etat, et cela pendant longtemps encore, on demandait à certains personnels de continuer les contentions sur les jeunes (…). Le personnel ne pouvait que désobéir à ce genre de demande", souligne-t-il dans un courrier adressé à la DPJJ.

 

Les salariés en arrêt maladie

Mais les faits ne s'arrêtent pas là, puisque ce même chef de service aurait agressé une salarié du centre, à en lire la plainte déposée le 30 mai sur le bureau du procureur de la République de Saint-Denis. "Mon chef de service a commencé à me faire des avances à caractères sexuels (…). Des demandes réitérées à plusieurs reprises (…). Il essayait de se frotter à moi dès qu’il pouvait. A plusieurs reprises, il a également touché mes fesses (…). En décembre 2012, sous prétexte de travailler sur le dossier de l’un de nos jeunes, il me fait venir de nouveau dans son bureau puis ferme la porte et m’embrasse violemment sur la bouche", explique cette salariée.

Depuis, les salariés sont en arrêts maladie. Impossible de retourner travailler dans de telles conditions. Quant aux ex-salariés, ils ont entamé des procédures prud'homales.

De son côté la direction n'a pas souhaité s'exprimer. Joint par téléphone, la directrice générale de l'AAPEJ, Martine Desroches, nous a expliqué que cette affaire relevait de problèmes internes à la structures et nous a demandé de ne plus la contacter à ce sujet. Le dossier est désormais entre les mains de la DPJJ et du procureur de la République.

 

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