Bien mal acquis ne profite jamais

Bien mal acquis ne profite jamais
Pour bien le comprendre, il faut se rappeler que le premier mot est un nom commun : Un bien, une propriété, un objet. La rédaction sous forme de proverbe donne une concision à la formule et joue sur l'opposition bien et mal : "bien mal acquis..." veut tout simplement dire "un bien qui a été mal acquis, ne profite jamais à celui qui l'a acquis par un mauvais moyen". C'est du moins ce que les bonnes gens veulent croire pour se consoler de ne pas bénéficier des biens ou des richesses que de mauvaises actions permettent d'acquérir.
Le proverbe peut, en effet, être cité pour prophétiser l'échec du "voleur". Et à vrai dire, c'est souvent le cas. D'une part parce qu'il se fera sans doute prendre. Mais plus encore, lorsque l'on a volé, par exemple, comment faire usage au grand jour de ce que l'on a volé ? Comment être sûr que les autres, la police... ne vont pas comprendre l'origine du bien mal acquis ? Pour s'en protéger, il faut alors se méfier, s'entourer de précautions, de mensonges, déménager... Et quand bien même le voleur ne serait pas pris, que vaut la jouissance du bien mal acquis s'il faut le payer de tant de surveillances et de craintes ? Les honnêtes gens, quant à eux, jouissent tranquillement des biens qu'ils ont bien acquis et c'est leur joie de pouvoir le partager avec d'autres.
Le proverbe peut aussi sanctionner la condamnation du voleur qui s'est fait prendre. Car bien souvent, il devra payer plus cher la peine qu'il doit subir que l'effort honnête lui aurait coûté pour acquérir le bien en question. Bien mal acquis ne profite jamais.C'est bien vrai !
C'est au pied du mur que l'on voit le maçon
Je ne connais pas d'exception à ce proverbe si proche de l'expérience quotidienne et en particulier de la vie professionnelle. C'est au résultat que l'on voit le bon ouvrier. Lorsque le maçon est au pied du mur, c'est au pied du mur qu'il doit monter brique à brique et qui n'est pas encore fait qu'il se trouve. Autrement dit, il ne s'agit pas de se payer de mots ! C'est dans les actes que l'on voit si l'homme est capable ou s'il est seulement un beau parleur.
Un grand équipementier sportif a choisi comme slogan l'équivalent de ce proverbe : "Just do it" (Il n'y a plus qu'à le faire). Autrement dit, on te fournit le matériel (qu'on te fait payer), mais personne ne fera la course à ta place.
Faute avouée est à moitié pardonnée
Voilà une expression très "familiale" qui permet l'éducation des enfants à la vérité. Il se joue derrière cette pédagogie des enjeux extrêmement complexes que la taille de notre chronique ne permet pas d'aborder à fond. En voici néanmoins quelques aspects. Nous supposerons que les personnes impliquées agissent avec une conscience droite.
Lorsque quelqu'un vient "avouer" spontanément sa faute, il manifeste qu'il reconnaît que sa faute en était bien une et par là reconnaît la valeur du système moral auquel il appartient et finalement qu'il soutient en reconnaissant son acte comme une faute. Pour la famille ou la société qui doivent gérer l'écart qui a été commis par rapport à la règle, c'est une bonne chose, car il n'y a pas de remise en cause de cette règle. Au contraire, elle est sollicitée pour une poursuite de la vie commune. C'est donc l'intérêt du groupe social que de promouvoir un tel adage.
En ce qui concerne l'autre moitié de l'expression "à moitié pardonnée", il y a plus encore à dire. Le pardon peut-il être une demi-mesure ? Ou plutôt, l'adage ne mélange-t-il pas deux dimensions qu'il ne faut surtout pas confondre : le pardon et la justice, l'avenir commun retrouvé et la nécessaire réparation d'une injustice ? Trop souvent ces deux dimensions sont confondues et engendrent des conflits intérieurs, des ambiguïtés et parfois des perversions insurmontables. C'est en mettant au clair cette distinction que l'on peut alors admettre un vrai pardon qui ne peut être réalisé à moitié et une vraie justice qui exige la réparation laquelle peut s'exprimer sous la forme de peine. Il ne peut y avoir d'appel au pardon pour couvrir l'injustice sous peine de pervertir le sens commun du bien, du vrai et du juste.


