À La Réunion, la voiture reste incontournable, tout comme les embouteillages

En 2021, La Réunion comptait 266.700 personnes âgées de 15 ans ou plus qui se déplaçaient pour aller travailler, un bond de 35.300 automobilistes en dix ans, selon une récente étude de l’Insee. Les distances parcourues par les Réunionnais restent légèrement inférieures à celles observées dans l’Hexagone (hors Île-de-France), avec une moyenne de 13,6 km contre 15,4 km.
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Toutefois, travailler dans sa propre commune demeure la norme pour une majorité des actifs. "58 % des personnes se déplacent pour travailler dans la commune où elles résident", souligne l'étude. Mais quitter sa commune devient de plus en plus fréquent : en 2021, 112.800 personnes travaillaient en dehors de leur lieu de résidence, un chiffre en hausse de 26 % par rapport à 2010.
La voiture, indétrônable pour aller travailler
Les cadres et professions intermédiaires sont particulièrement concernés par cette tendance. Plus qualifiés et mieux rémunérés, ces travailleurs habitent souvent loin des grands pôles d’emploi, et sont "capables d’assumer financièrement des frais de transport plus élevés pour rechercher une meilleure qualité de vie". En moyenne, ils parcourent 15,1 km pour rejoindre leur lieu de travail.
L’usage de la voiture continue de s’imposer comme le moyen de transport privilégié sur l’île. "83 % des Réunionnais se déplacent en voiture pour aller travailler", un chiffre légèrement supérieur à celui observé dans l'Hexagone. Cet accroissement se reflète dans la hausse des embouteillages, notamment autour des principaux centres urbains tels que Saint-Denis, Saint-Pierre ou Saint-Paul. Chaque jour, près de 26.600 voitures entrent à Saint-Denis pour rejoindre le centre-ville. La congestion s’étend également à l’Ouest, où la Rivière des Galets voit passer 16.600 automobilistes chaque jour, un phénomène qui continue de s’amplifier.

Source : infographie Insee
La marche à pied délaissée au profit des transports en commun
Le recours à la voiture s’explique en partie par l’éloignement des zones résidentielles et par un manque d’alternatives de transport efficaces. Aller au travail à pied devient rare et ne concerne plus que 7 % des déplacements en 2021, contre 11 % en 2010. « Néanmoins, la marche occupe encore une place importante dans certaines communes des Hauts. » Les transports en commun sont utilisés par 6 % des personnes qui se déplacent pour aller travailler. Leur développement (+31 % en une décennie) vient contrebalancer la baisse de la pratique de la marche à pied. En 2021, 15.900 travailleuses et travailleurs se déplacent en transport en commun, soit 3.800 personnes de plus en dix ans.

Source : infographie Insee
Cette étude montre, une nouvelle fois, que l'île fait face à des défis en matière de mobilité durable. Pourtant, malgré cette expansion des déplacements, La Réunion reste moins équipée en voitures que l’Hexagone, conséquence directe des inégalités sociales et du coût élevé des véhicules neufs.


