À Bras-Panon, Macron promet d'accompagner les entreprises

En visite ce mardi à La Réunion, Emmanuel Macron a échangé avec le monde économique dans l’usine Royal Bourbon. Les entrepreneurs réclament un appui fort de l’État pour faire face à la double crise post-Garance et chikungunya. La CPME propose un plan d’urgence.
« La résilience, ici, est une habitude. » Face à Emmanuel Macron, Nassir Goulamaly, patron du groupe Océinde, donne le ton. Dans les locaux de Royal Bourbon Industries, à Bras-Panon, une trentaine d’acteurs économiques – CPME, MEDEF, Club Export, Chambre de commerce, Chambre des métiers, élus et chefs d’entreprise – sont venus dire à l’État qu’ils ne peuvent plus tenir seuls. « Les entreprises attendent un soutien pour traverser l’après-Garance et la crise du chikungunya », insiste Bernard Picardo, président de la Chambre des métiers.
« Sans les TPE-PME, le poumon économique de nos territoires s’essouffle »
C’est dans ce contexte que Gérard Lebon, président de la CPME Réunion, a formulé une série de propositions concrètes. Objectif : bâtir un plan ORSEC économique, activable automatiquement en cas de crise, pour soulager les TPE-PME. Gel des charges, fonds de secours, prêt de consolidation porté par Bpifrance, taux d’IS réduit sur les bénéfices réinvestis : « Sans les TPE-PME, le poumon économique de nos territoires s’essouffle », avertit Gérard Lebon.
Autres demandes : un dispositif d’activité partielle renforcée, un contrat CIE Seniors+ pour l’embauche des plus de 50 ans, et des mesures d’insertion régionale plus ambitieuses. Dominique Valgrésy, présidente du Club Export, l’a rappelé : « L’export, ce n’est pas l’apanage des grands groupes. Nous avons besoin d’un soutien logistique, financier, diplomatique pour sécuriser nos investissements. »
Face à ces appels, Emmanuel Macron a reconnu plusieurs fragilités : « niveau de pauvreté », « manque de capital », « formation des jeunes ». Mais il a aussi vanté « un formidable hub de développement », promettant un accompagnement sur le numérique, l’agroalimentaire, la défense, et la transition climatique. Il a notamment évoqué le potentiel du câble, des data centers, et de l’export régional avec une « offre groupée à l’échelle de la sous-région ».
Un cap est donné, mais les chefs d’entreprise attendent des actes. « La co-construction est la meilleure voie pour préparer l’avenir », résume Gérard Lebon. À l’Élysée désormais d’en prendre la mesure.
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