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Société

Avec "Ansamb", un groupe d'entrepreneurs réunionnais travaille sur une alternative au contact-tracing


Par Nicolas Payet - Publié le Mercredi 29 Avril 2020 à 09:29 | Lu 2159 fois

Un collectif d’entrepreneurs baptisé Mouvement Solidaire des Entrepreneurs Réunionnais apporte sa contribution pour une solution opérationnelle de "safety check" qui permettrait aux Réunionnais de recevoir des notifications d’exposition au risque Covid19. Projet privé initié le 22 mars dernier et dont la phase de recherche est co-financée par convention avec l’État, l’application Ansamb souhaiterait contribuer à la préparation d’un déconfinement maîtrisé à La Réunion et dans les territoires d’outre-mer. Une alternative au contact tracing, qui respecte à la fois la vie privée et la réglementation européenne sur les données personnelles.

Les entreprises citoyennes mobilisées pour leur territoire

Le projet Ansamb est une initiative public/privé cofinancée par un collectif d’entrepreneurs réunionnais emmené par le Groupe Chane Pane, le groupe Excellence et le groupe Solynvest. L’État a répondu à l’initiative en finançant pour moitié la phase de recherche actuellement en cours. Cette application sans but lucratif, sera disponible en téléchargement gratuit sur les stores.

Ansamb est une application de "Safety check" qui permettra de recevoir des "notifications d’exposition" grâce à l’enregistrement des croisements entre personnes. Conçue pour être non nominative et non intrusive, elle est créée par les Réunionnais, pour les Réunionnais. Elle permettra de bloquer rapidement les chaînes de transmission d’une épidémie en permettant à l’utilisateur devenu malade d’alerter les personnes croisées antérieurement, sans pour autant dévoiler son identité ni sa géolocalisation.

"La taille mesurée du territoire de La Réunion et son taux d’équipement élevé en smartphones pourra aider à une adoption rapide de la solution par la population. Il faudra que 70% de la population soit équipée de l’application si l’on souhaite la voir pleinement efficiente, un objectif qui pourrait être rapidement atteint sur un territoire comme La Réunion", indique Alfred Chane Pane.

L’impact serait alors multiple :

        ●  Permettre aux Réunionnais de protéger leurs proches, mais aussi les personnes avec qui elles auraient été en contact en les alertant sans pour autant dévoiler leur identité.
        ●  Compléter l’arsenal de mesures de protection (masques, dépistages, distanciation sociale, etc.) lors d’une levée progressive du confinement ;
        ●  Contribuer à un redémarrage au plus vite de l’économie locale durement impactée, préserver les emplois des Réunionnais, et prévenir une crise sociale majeure.
        ●  Engager la population dans une démarche participative et citoyenne de protection de soi et de ses proches face au risque de contagion.

Au 28 avril, 418 personnes ont été affectées par le COVID19 à La Réunion. Une situation qui en cas de déconfinement non maîtrisé pourrait vite devenir explosive dans un territoire ou les "plans B" n’existent pas. En effet, le déplacement de malades à une région périphérique en cas de surcharge des hôpitaux est impossible. L’enjeu est aujourd’hui la sécurisation du déconfinement de notre territoire déjà durement touché par le chômage afin de ne pas ajouter une crise sociale à la crise sanitaire.

"Une application diffusée en “mode viral” peut avoir une vitesse de propagation plus rapide que le virus lui-même" explique Pascal Thiaw Kine, adhérent Leclerc à La Réunion. "Son haut niveau de confidentialité et son approche locale contribuent à ses chances d’adoption par la population réunionnaise. Nous pensons qu'en temps de crise et d'urgence sanitaire, une initiative même privée peut favorablement contribuer au succès de l'action publique. Nous souhaitons également contribuer au redémarrage de la vie sociale et économique de notre île, en particulier à l’approche du déconfinement,, source aujourd’hui de toutes les inquiétudes."

Une appli dans le respect de la confidentialité des données personnelles

Le projet Ansamb, en cours de finalisation, intègre une application smartphone qui enregistre les interactions sociales physiques de ses utilisateurs sur une période de 21 jours glissants. Ansamb respecte la Réglementation Européenne de Protection des Données (RGPD). Elle n’effectue pas de géolocalisation et ignore l’identité de son utilisateur, son numéro de téléphone, son e-mail et même son état de santé.

Afin de préserver les données privées de son utilisateur, l’application enregistre l’historique des interactions avec d’autres utilisateurs, en stockant dans la mémoire du smartphone la liste des identifiants cryptés (identifiants « pseudonymisés ») des applications des personnes rencontrées.

Lors d’un contact rapproché entre 2 utilisateurs d’Ansamb (A et B), une détection de proximité par Bluetooth couplée aux ultra-sons s’effectue entre les deux applications. Ensuite, si l’un des utilisateurs (utilisateur A) est testé positif au virus, il peut décider de transmettre la liste des crypto-identifiants des applications qu’il a croisées. Cet envoi est déclenché volontairement par l’utilisateur A dûment autorisé à le faire par un professionnel de santé agréé par Ansamb. L’utilisateur B, qui aura préalablement croisé l’utilisateur A est alerté par une notification push déclenchée par la réception des données de l’utilisateur A, lui indiquant qu’il a été exposé à la maladie. Après avoir reçu cette notification, l’utilisateur B peut contacter son médecin traitant, limiter les interactions sociales, rester confiné, et après diagnostic médical, se faire dépister.

La Réunion hyper-connectée et son écosystème French Tech, un territoire pilote pour le safety check

Ansamb est le fruit du foisonnement de la French Tech Réunion. Pour mémoire, La Réunion a été reconnue territoire French Tech E-santé en 2016 et est devenue une communauté French Tech en 2019. L’île est aussi le département le mieux fibré de France et est décrite comme un territoire d’innovation dans la région du grand océan Indien.

L’application réalisée localement par les ingénieurs de Medialight peut ainsi compter sur l’implication de son dirigeant Philippe Arnaud-Marquier. Ce dernier est l’un des co-fondateurs de La French Tech à La Réunion et il a présidé pendant 6 ans la filière numérique réunionnaise.

Ansamb n’est pas à proprement parler une application de « contact tracing » ou de «proximity tracing » au sens où Ansamb n’intègre pas d’algorithme permettant de reconstituer un arbre de contamination. L’autre aspect qui la distingue d’autres applications est l’utilisation d’une technologie éprouvée améliorant les communications Bluetooth notamment entre iOS et Android. Même si Ansamb se base sur le protocole Robert de l’INRIA, elle s’en différencie par l’adoption d’un niveau de décentralisation un peu plus poussé, en ne remontant les données au serveur central qu’à l’initiative de l’utilisateur, et une fois seulement qu’il en a été autorisé par un professionnel de santé, à l’occasion d’un dépistage positif.

"Nous avons élaboré un algorithme utilisant Google Nearby, une brique technologique existante, conçue pour contourner les limitations connues du protocole Bluetooth dans la détection de proximité en l’englobant dans un package de fiabilisation cumulant Bluetooth, ultra-sons et connexion Internet. Avec cette technologie immédiatement disponible, nous nous travaillons à rendre Ansamb interopérable comme le préconisent l’INRIA (Protocole ROBERT) et le consortium Pan-European Privacy-Preserving Proximity Tracing (PEPP-PT). Par ailleurs, l’équipe Ansamb a vocation à partager en toute transparence son code et ses travaux en open source".

ANSAMB sera disponible en téléchargement gratuit successivement sur les stores dans les jours à venir, sous réserve d'avoir l’approbation du monde médical réunionnais et d’avoir finalisé la documentation technique et juridique accompagnant la politique de publication en open source.

Une expérience collective à grande échelle qui pourra se révéler riche d’enseignements au moment de proposer des solutions similaires dans les Outre-mer, qui ont déjà manifesté leur intérêt pour les recherches en cours.
Le projet Ansamb est ouvert à toutes les bonnes volontés. Nous souhaitons que Ansamb soit un succès à La Réunion, cette réussite sera une preuve de solidarité formidable des Réunionnais.

Alon met Ansamb !




1.Posté par zozimét le 29/04/2020 10:23

bravo les gars ! nous lé pas plus, nous lé pas moins ....... nous lé capable faire des réaliser des applications informatiques comme les soi-disant grands ...

2.Posté par Pni le 29/04/2020 11:28

Que c est long à lire ... et du coup on commence et on abandonne ... c est trop «  brosse à reluire » ... l article est trop long , on site tt le monde , chacun doit avoir son’ moment de gloire ..! C est dommage ça doit être intéressant et utile .. encore faut il que l article donne envie

3.Posté par Grain de goyavier. le 29/04/2020 12:58

Outil qui sera détourné au profit de ceux qui auront besoin de savoir dans quel endroit vous faites vos courses.. Je suis chez carrefour et hop.. Je reçois un message qui me dit que Leclerc fait des promo.. À méditer. Outil à rejeter.

4.Posté par Axel Ardan le 29/04/2020 13:14

Quel est le modèle économique de l'application ?

5.Posté par tantine le 29/04/2020 14:00

aucun intérêt si ce n'est de faire psychoter encore plus et nous pourrir encore plus d'ondes.

on ferait mieux de penser à quelque chose pour les milliers de touristes et visiteurs qui vont nous ramener le virus à coup sûr quand les vols vont reprendre !

6.Posté par La vérité vraie... le 29/04/2020 16:51

Vous croyez que la population est ansamb zot ? C'est zot lé ansamb ent zot.
Aucune intention ou raison d'installer cette application. L'ARS a dit le virus circule peu sur le territoire.
Je refuse de transmettre mes données à ces "entrepreneurs."

7.Posté par Antonio Saint André le 29/04/2020 22:32

Fichage, fliquer les citoyens. Idée chinoise... Hasard..

8.Posté par filou le 30/04/2020 00:34

Commentaires catastrophiques. L'un est fatigué de lire plus de 10 lignes, qu'il aille sur Twitter.
Bon c'est vrai, c'est assez mal ecrit, Nicolas Payet n'a pas du tout comprendre, nous non plus. Mais quelques infos a glaner: ce sera open source, donc un protocole lisible, rien de caché. Pas geolocalisé et anonymisé. pas de donnees conservees au dela de 21 jours. on est loin de big brother.
Quant au malade des ondes, qu il lache immediatement sa tablette, son ordi ou don smartphone sur lequel il lit cet article de zinfos et qu il aille se coucher dans un lit avec des couvertures de survie reliees a la terre.
enfin dans quelques mois, suppression de l application. et pour les suspicieux un reset du smartphone.

9.Posté par hardcore le 30/04/2020 07:15

Le projet est intéressant. Néanmoins, il semble important de formuler des réserves.

Première interrogation, pourquoi ce projet n'est pas une initiative citoyenne d'informaticiens indépendants qui offrent leurs services à la population en ces temps de crise ? Aux USA, le nombre de projets informatiques au service de la population est très important (cryptage, voip, cloud, ...)... Mais en France et encore plus à la Réunion, l'appat de la subvention est très très tentant pour tous ces projets.
Nous aimerions donc en plus que le code source soit libre, connaitre le montant de l'argent publique qui est injecté dans ce projet, le montant des subventions attribuées auparavant aux developpeurs et le nombre de projets antérieurs ayant abouti à une application viable. Généralement, une équipe de développeus sérieux se présente dans la presse en mentionnant leurs anciens projets, mais je ne veux pas faire de généralités, je ne connais pas cette équipe qui a peut-être déjà réalisé beaucoup de belles choses.

La deuxieme interrogation concerne la nature des financeurs. La grande distribution, ne fait jamais, au non jamais de cadeaux à la population, à moins que l'état ne leur force la main (cf obligation de donner les invendus à des associations de l'action sociale, toujours mal respectée). Il me vient à l'idée que les acteurs locaux ont besoin d'acquérir à faible cout une technologie qui les interessent particulierement : l'uXDT
Alors la situation actuelle crée des opportunités, sous couvert d'un projet altruiste, financé par l'etat, l'europe et la région, et autres, ils peuvent récupérer à faible cout la technologie uXDT.
Cette technologie permet d'entrer de façon invasive dans les foyers des utilisateurs d'une application qui l'intègre dans son code. L'objectif est de faire de la surveillance par ultrason afin de savoir ce que l'utilisateur fait et voit sur ses autres appareil electromenager. Par exemple, on peut intégrer des ultrasons dans un spot publicitaire tv et le smartphone saura si l'utilisateur l'a entendu ou pas. Des ultrasons sont également intégrés au demarrage de certains appareils (tv, lave linge, smartphone, robot de cuisine, ...). L'application pourrait donc potentielement savoir comment vous êtes équipés, ce que vous voyez à la tv, où vous allez, qui vous rencontrez, ...

pour plus d'informations, je vous invite à lire l'article [ICI]https://www.silicon.fr/quand-les-ultrasons-desanonymisent-les-utilisateurs-de-tor-166514.html

Une fois ces réserves levées, je trouve que le projet est beau. Reste à le réaliser.

10.Posté par hardcore le 30/04/2020 07:27

@8 on ne peut pas en vouloir à Nicolas Payet, en face de lui ce sont des pros du marketing.

11.Posté par hardcore le 30/04/2020 07:28

Depuis mon commentaire précédent, à chaque ouverture de page j'ai une annonce pour une grande surface locale à chaque clic sur un article de zinfos974 ! pff

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