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Un président “prestidi-agitateur” hors pair pour le plus grand malheur de l’Université

Ecrit par zinfos974 – le mardi 2 avril 2013 à 09H39

S’il est une certitude qui se trouve confortée dans l’analyse du mauvais feuilleton à rebondissements qui se joue depuis plus deux ans à l’université, c’est indubitablement celle relative à la mémoire dont la principale fonction est l’oubli.

En effet comment interpréter l’origine de l’agitation qui prévaut actuellement dans le microcosme universitaire à propos de l’impasse financière dans laquelle serait conduit l’établissement par le passage aux Responsabilités et Compétences Elargies (RCE) imposées par la réforme Pécresse, sinon à convoquer la mémoire curieusement sélective de ses chefs de file.

Non seulement une partie de la communauté frappée d’amnésie avale la pilule savamment concoctée par le magicien Rochdi aidée par le climat tendu nationalement suite aux propositions de la nouvelle loi pour les universités. Mais une évidence semble échapper aux partisans de la thèse d’un ministère ingrat vis-à-vis de son loyal serviteur. Rappelons nous que M. Rochdi a été récompensé lors des dernières élections pour sa propension à obéir au doigt et à l’œil à sa tutelle.

Chacun se souvient en effet de son coup de force, véritable déni de démocratie, lors des dernières consultations électorales au sein de l’établissement et des conseils éclairés dont il a bénéficié de ce ministère aujourd’hui voué aux gémonies par Monsieur Rochdi. Il faut se rappeler des élucubrations de cet émissaire dévoué, un certain Monsieur FORSTMAN, qui était venu prêcher le bon droit de Rochdi et fustiger l’attitude de ceux qui, au fait des agissements du président sortant, avaient vainement tenté d’alerter sur ce qui était prévisible, tant les erreurs de gestion s’étaient accumulées au cours des dix dernières années.

Maintenant que la vérité ne peut plus être camouflée, on assiste à un revirement spectaculaire du loyal serviteur qui désigne à la vindicte populaire un ministère qui n’aurait pas, selon ses affirmations, respecté ses engagements vis-à-vis de l’université de La Réunion. Enorme le subterfuge ! Tellement énorme que la tentation est forte d’ériger l’excellentissime M. Rochdi qui découvre en mars 2013 qu’un trou de plus de 5 millions d'€ est subitement apparu dans son budget par la faute du ministère.

Ne serait-ce pas plutôt du côté de la gabegie dont a su tirer profit sous forme de promotions époustouflantes et de versement d’indemnités les féaux du roi, ainsi que les dépenses somptuaires qu’il faudrait orienter les projecteurs ? (combien de voitures de fonction, de téléphones portables, de voyages d’agréments ?)

Refonder n’a eu de cesse de prévenir sur l’issue inéluctable d’une politique à la petite semaine d’un
président qui nous place aujourd’hui devant la triste réalité du bilan de sa gestion calamiteuse. Au-delà des
mots, un étayage factuel s’impose que nous formulons sous forme de questions :

●La carte des formations de l’université a t-elle progressé ou régressé au cours des dix dernières années correspondant grosso modo à la période de règne de Rochdi ?
●Le nombre d’étudiants accueillis à l’université de la Réunion a-t-il augmenté ou régressé au cours des dix dernières années ?
●Les ressources humaines mises à la disposition par le ministère ont-t-elles eu un impact positif ou négatif sur l’effectif du personnel de l’université au cours des dix dernières années ?
●Le nombre de filières de formation délocalisées sur le site du Tampon a-t-il augmenté ou régressé au cours des dix dernières années ?
●Les fonds de réserve de l’établissement ont-ils augmenté ou diminué au cours des dix dernières années ?
●Où sont passés les crédits recherche Etat de l’année 2010 ?
●Combien d’universités de l’hexagone sont aujourd’hui implantées à La Réunion pour vendre à prix exorbitants des diplômes attendus et réclamés de la population dont ROCHDI a toujours refusé la création ?
●Combien d’université sont implantées dans la zone de rayonnement de “l’Université ouverte aux mondes”: Rouen-Nice-Montpellier à Mayotte, Limoges à Maurice…
●Quelle contribution concrète apporte l’université de La Réunion à l’épineux problème du chômage des jeunes de 16-25 ans qu’elle condamne à la mobilité forcée ou à la rue en pratiquant une sélection illégale à l’entrée de certaines filières ?
●La dotation financière ministérielle 2013 a-t-elle augmenté ou diminué par rapport à 2012 où curieusement aucun déficit n’était signalé ?
●Comment interpréter un discours qui n’a pas cessé de vanter les mérites d’excellent gestionnaire d’un président pendant dix ans et le gouffre financier que l’on feint de découvrir aujourd’hui ? Le rapport de la Cour des Comptes 2011 fait état de quelque 7 millions de recettes non-titrées. 4 millions ont été budgétisés en 2012 d’où les manques aujourd’hui.

Arrêtons ici la liste des questionnements que suscite le devoir de mémoire auquel nous nous sommes livrés.
Ces interrogations imposent à la collectivité l’analyse objective d’une situation qui ne peut se satisfaire de
l’opinion, des approximations et du mensonge.

Les RCE que Rochdi a toujours voulu installer, contre vents et marées, deviendrait soudainement la source de tous les maux dont souffre notre établissement. Pour être crédible, une telle assertion devrait être assortie d’une démonstration qui donne à voir précisément le coût induit poste par poste par les RCE et les dotations ministérielles correspondantes. Ensuite de montrer comment de l’année N à l’année N+1, la charge augmente de 5,4 millions, d'€ alors que dans le même temps, pour ne prendre que deux exemples, ni le nombre
d’étudiants, ni l’offre de formation n’a augmenté.

L’examen des propositions actuellement en débat dans le cadre du contrat 2014-2019 ne contredit pas cette analyse lorsque l’on observe les coupes sombres dans les formations imposées aux composantes (mais pas toutes !). La jeunesse réunionnaise est la sacrifiée de ces orientations et devra se préparer à la mobilité, à l’oisiveté où à payer au prix fort les formations que les universités de l’hexagone seront de plus en plus nombreuses à venir implanter sur notre territoire.

Cette manipulation orchestrée par Rochdi et relayée par un groupe d’inconditionnels ne doit pas masquer une
réalité qui donne à voir la dégradation programmée et irréversible d’une institution qui ne tient plus ses promesses depuis une dizaine d’années.

La question vitale est aujourd’hui de savoir qui peut défaire ce qu’il a encouragé inconsciemment sinon le ministère lui-même. L’article L719-8 du code de l’éducation lui en donne l’opportunité. Aura-t-il le courage d’en user pour mettre un terme à une dérive institutionnelle que RuR n’a pas cessé de dénoncer tout en proposant une alternative qui seule peut désormais permettre d’envisager un avenir pour l’Université de La Réunion ?

Refonder l’Université de la Réunion (RuR)

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