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Sarkozy: Un aveu de faiblesse ?

Ecrit par zinfos974 – le lundi 25 mars 2013 à 09H44

Coup de tonnerre  dans le monde  politique à l’annonce de la mise en examen de M Sarkozy dans l’affaire Bettencourt.

Afin de ne pas attirer la foudre  des supporters politiques de M Sarkozy, il convient de prendre de la hauteur pour une analyse à froid la situation  et  dans le même temps  tirer toutes les leçons qui découlent d’une telle situation.

D’abord il est nécessaire de rappeler que M Sarkozy  comme tout justiciable bénéficie  de la présomption d’innocence  et jusqu’à  preuve du contraire être mis en examen ne signifie pas coupable.

Il est donc reproché  à M Sarkozy ex président de la République d’avoir abuser de la faiblesse de madame Bettencourt  afin de lui soutirer de l’agent pour financer sa campagne électorale de 2007.

La réalité des faits n’est connue en totalité que de Monsieur Sarkozy, peut être de madame Bettencourt  et de façon partielle , mais non partiale  par le magistrat instructeur, en attente de corrélation par la suite de la procédure.

Une fois prise ces précautions nécessaires à l’analyse objective  revenons sur  le séisme politico-médiatique  provoqué par cette mise en examen.

A gauche l’affaire CAHUZAC étant encore  trop chaude cette mise en examen de M. Sarkozy compense par un effet de symétrie   qui explique l’étonnant  silence  du parti socialiste et du gouvernement.

A droite l’excès est de mise  et l’exagération se dispute à l’insolence   sur fond de violence verbale dans la qualification de cette mise en examen. Les ténors sortent l’artillerie lourde pour dénoncer une justice aux ordres, où les faits n’existeraient pour la partie concernant l’abus de faiblesse  et pour l’autre partie seraient prescrits concernant le financement illégal de la campagne électorale.    

LE PROCÉS DE LA JUSTICE.

L’insulte faite aux juges  est d’autant plus grave  car venant de personnes ayant exercées  les plus hautes fonctions au niveau de l’État elles ont de ce fait le devoir de toujours afficher la même volonté que lorsqu’ils étaient au pouvoir de garantir le bon fonctionnement des institutions de  la  Républicaines et encore plus des valeurs de justice et des on indépendance d’action.

Mais cette violence  des anciens apparatchiks est encore plus grave.  En effet dés lors qu’un ancien président  prétend lorsque  sa mise en examen lui est signifié que c’est une injustice, cet ancien président remet en cause les fondamentaux de la République et affirme sans le dire que la justice serait instrumentalisé par le pouvoir exécutif en place.

Une telle posture est la même que celle adoptée par  les grands voyous ou  les petits délinquants quand ils sont pris la main dans le sac.

Sans vouloir dire que la justice des hommes est parfaite,  étant témoin éclairé de ses limites et aussi quelques fois de ses excès,  l’affirmation de M Sarkozy interpelle l’ensemble des citoyens ainsi que les autorités au plus haut niveau de l’État, en passant par tous les partis politiques.

Quand un ancien président  affirme  en filigrane par l’intermédiaire de son avocat qu’il s’agit d’un acharnement sans objet de la justice contre sa personne,  et par la même que la justice serait aux ordres du parti  politique au pouvoir, nous sommes tous en droit de se poser la question  si M Sarkozy parle en connaissance de cause. Pendant les 5 années exerçant  le pouvoir suprême M Sarkozy a t-il instrumentalisé le pouvoir judiciaire ou tenter de la faire  en vue de conforter son propre pouvoir ou d’affaiblir ses adversaires ? Cette question trouve sa toute pertinence quand on sait que tout justiciable innocent   sort toujours grandi dans son honneur et plus fort dans ses valeurs  d’un procès où son innocence est reconnue formellement et objectivement par la justice.

La posture de M Sarkozy  aujourd’hui signifie qu’il a perdu confiance en la justice alors que sa fonction au sein du Conseil constitutionnel lui confère un pouvoir de levier qui n’est pas à la portée du simple justiciable  lui permettant d’appréhender au mieux les mécanismes du système et que le pouvoir politique de son parti permet aussi d’agir sur ces mécanismes en temps et en heure pour rendre à la justice toutes sa crédibilité. Pourquoi ni M Sarkozy, ni son parti politique en temps et en heure n’ont fait ce qui est en leur pouvoir de faire pour améliorer et faire évoluer l’appareil judiciaire vers plus de justice ?  A défaut de ne l’avoir fait cela signifie que pour lui comme pour son parti cette justice fait tant bien que mal son travail et faute d’être parfaite elle assume bien ses missions et qu’il n’y a pas lieu de remettre en cause le système.

Dans ce contexte où  jadis il lui était possible de remettre en cause le système judiciaire  vers plus d’indépendance et de loyauté, M Sarkozy n’avait-il pas  tenté par la suppression du juge d’instruction d’instaurer bien au contraire  une justice à géométrie variable véritable  courroie de transmission du pouvoir exécutif ?

C’est à la lueur de ces éléments de contexte qu’on comprend mieux  cette angoisse viscérale du justiciable  Sarkozy  qui  craint de finir en victime d’une instrumentalisation du système judiciaire  et au final toute cette affaire ne serait que l’objet d’un règlement de compte politique.

Si certains prétendent que cette hypothèse ne tient pas la route, car dénuée de tout fondement et de toute logique, alors l’affaire serait encore plus grave.

Cela signifierait  que M Sarkozy  avocat de formation serait alors conscient de sa culpabilité dans cette affaire et sa défense  consisterait alors par tout moyens de décrédibiliser la justice et les magistrats qui l’approchent.   

Revient alors en surface  tous les problèmes de notre société actuelle. Entre un ministre du budget qui est présumé innocent dans une nébuleuse affaire de compte en Suisse et un ancien président de la République toujours présumé innocent dans une affaire d’abus de faiblesse en vue du financement de sa campagne électorale, se pose la question du pouvoir des politiques à la solde du pouvoir de l’argent.

A la Réunion comme en métropole ou ailleurs dans le monde, le pouvoir de l’argent semble avoir pris le pas sur le pouvoir politique impuissant à réguler le capitalisme financier cannibalisant l’humanité.  François Hollande dans son discours du 21 janvier 2012 au Bourget déclarait que son seul adversaire était la finance. Toujours François Hollande dans une de ses promesses électorales pour un changement maintenant, disait vouloir taxer les millionnaires à 75% . La suite nous la connaissons, le Conseil Constitutionnel a rejeté le texte et au final ce ne sera plus 75% mais 66%.  

François Hollande comme son prédécesseur, démontrent  par leur impuissance  que face au monde de la finance même un président de la République  est trop faible avec les forts (les millionnaires). Cet aveu de faiblesse de nos gouvernants sous tutelle de la finance caractérise ces  esclaves volontaires par intérêt personnel.  

Ce faisant nos présidents vendent leur âme à ceux qui financent leur carrière politique et leurs campagnes électorales   perdant ainsi   toute grandeur d’âme,  et restent aux yeux de l’opinion des petits hommes …. d’État…

Le secrétaire général

Paul JUNOT

 

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