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La réserve à requins et à poisson pilotes, par Hugues Savalli

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 15 mars 2013 à 10H00
-"Un article paru dans le Journal de l’ile, a fait apparaitre l’extermination des moustiques comme une nécessité sanitaire à la Réunion. Sous réserve que les impacts négatifs aient été pris en compte avec des mesures compensatoires, nous pouvons tous trouver ça normal.
De même les chiens errants (ces grands amis de l’homme) pris par les fourrières sont « euthanasiés », c’est le mot employé par les services environnementaux pour justifier de les avoir tués et mis en décharge.

Je constate simplement qu’il vaut mieux être un requin qu’un moustique ou un chien à la Réunion…

La nature est capable de créer une chose et son contraire sans qu’il en coûte, l’homme peut faire de même pour sa survie, pour les besoins de sa vie sociale, ou simplement pour améliorer son confort, il n’a jamais cessé d’inventer et de modifier. Ces changements ne sont pas forcements négatifs s’ils sont murement réfléchis. Et quoi qu’il arrive, la nature retrouve toujours ses droits, que ce soit avec ou sans nous.
Ce n’est pas la régulation des espèces qui représente un danger écologique, mais plutôt le fait de les modifier ou de choisir à sa guise le nombre d’individus ou d’ espèces qu’il est bon de conserver ou de supprimer sur des critères de beauté, d’admiration, de fantasmes ou de peur, favoriser ou supprimer des espèces animales ou végétales en ayant pour attente d’assouvir une satisfaction personnelle, un désir, une émotion, ou comme c’est le cas chez nous, pour l’envie de dominer, ou pour l’argent.
Mis à part quelques hasards moins malheureux, ces critères ont toujours cédé le pas à une situation désastreuse et ingérable, et c’est bien ce à quoi nous arrivons dans ce que nous avons pris l’habitude de nommer la crise requins. Les requins n’y sont pas pour grand-chose. Ils subissent comme nous, l’envie de régner sur le récif d’une poignée de personnes s’abritant derrière des mots, des titres ou la science, qu’ils arborent pour asseoir une notoriété le plus souvent usurpée. Ce type de controverse ne date pas d’hier, François Rabelais lui-même s’y était heurté : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».
Dans l’esprit des gens, la science tient souvent lieu de sagesse, mais cette science là, n’est pas celle du bien.
H. Poincaré disait sur le sujet, « on fait la science avec des faits, comme on fait une maison avec des pierres. Une accumulation de faits n’est pas plus la science qu’un tas de pierre est une maison. ».
La science devrait exister pour prévenir et soigner les dégâts, par pour les causer.

Des requins, il y en a toujours eu à la Réunion, comme les humains, ils font parti du tout, et les plages de Boucan Canot, des Roches Noires, de Trois Bassin et de Saint Leu, n’avaient jamais connu le moindre incident. Nous vivions tous dans le respect ou la crainte de l’autre.
La présence depuis six ans de requins en aussi grand nombre sur ces mêmes lieux, n’est ni l’effet du hasard, ni une fatalité. La création du Parc Marin sur l’ensemble du littoral ouest, et de la ferme aquacole en Baie de Saint Paul, avec cerise sur le gâteau les lâchers de tortues en sont la cause, ce sont les exemples types d’expériences irréfléchies dangereuses et ratées.
Les attaques ont commencé un an après la création de la réserve.
Les études menées par les scientifiques depuis ces deux années n’ont jamais eu pour but de nous prémunir (nous les humains) du risque requin, mais de se trouver « en situation », nous sommes devenus des cobayes, ils s’en régalent, leur but est de chasser les hommes du récif, afin que celui ci reste leur seul jardin. Faute de ne pas en maîtriser le fonctionnement, il leur permet d’en vivre à grands coups de subventions.
Nos chercheurs sont arrivés à la conclusion surprenante, que « le requin bouledogue est bien une espèce sédentaire ». L’étude de la migration des espèces sédentaires est une spécialité réunionnaise… !!!
Analyser les causes me semblait être le préliminaire à toute étude scientifique. Lors du séminaire organisé par la région il y a deux mois, il était hors sujet, et interdit, selon biotope et Me la vice présidente de région, de parler d’autre chose que des ravines sales et des rejets en mer. Ces ravines se rejettent en mer depuis la nuit des temps, et le fait qu’elles soient sales était bien plus avéré avant les attaques que maintenant. Les déchets et encombrants sont collectés ce qui n’était pas le cas, il y a dix ans, de plus les stations d’épurations ont été crées ou mises en conformité sur la côte ouest. La situation est donc bien contraire à celle évoquée, ceci pour cacher les vrais raisons de ces attaques. Les personnes chargées de nous prémunir du risque requin, sont celles qui ont crée la réserve marine, (cherchez l’erreur.)

Les études d’impact sont obligatoires sur les projets qui touchent à l’environnement, dans le cas de la ferme aquacole et du parc marin, elles ont été faites et analysées par les mêmes personnes. Pas étonnant qu’elles aient minimisé ou occulté le risque requin engendré par l’arrêt de la pêche sur ces zones, de même que le danger que représentait pour l’homme, la mise en réserve de la totalité des zones récifales de l’ouest. Ils ont présenté un tableau idyllique de ces deux engins de malheur, et n’ont vu à la prolifération des espèces aucun impact négatif, ces deux projets ont été présentés comme la poule aux œufs d’or, leurs créateurs ont juste oublié de préciser à qui reviendraient les œufs, et l’or. Tout le monde a couvert l’autre, question d’intérêts personnels bien sur, et chacun y est allé de son truc, du lâcher de tortues à l’interdiction de vendre les requins pour cause d’une ciguatera imaginaire, etc. Là aussi, se sont les personnes qui ont rédigé le cahier des charges, qui créent la réserve.
La présence humaine dans le récif était tellement évidente pour nous tous, usagers de la mer, que aucun de nous ne s’est vraiment méfié ou préoccupé de savoir si notre présence pouvait être remise cause, ou en danger par la création du parc marin.
Les scientifiques étaient parfaitement au courant de la chose, et se sont bien gardé de le dire. Les rencontres avec les requins bouledogues et les tigres sous la ferme aquacoles ont commencé bien avant la mise en réserve de la zone allant du port de Saint Gilles au Cap La Houssaye. Les responsables de la ferme ont organisé plusieurs fois des pêches aux requins sur les abords de la ferme, elle était infestée par les squales. Ils ont même été obligés de doubler les filets. Là encore, pour des ombrines, tuer des requins, et la pose de filets, ça n’émeu personne. Vous constaterez qu’à la réunion il vaut mieux être scientifique ou un ombrine ou qu’un être humain.
l’ARDA, l’IRD et les autres, c’est bonnets blancs et blancs bonnets, tout le monde c’est tu, « le monde du silence comme disait F. Rossif » Ils avaient tous quelques subventions à gratter, et quelques cadavres dans les placards, tu me laisses faire la réserve, je dis rien pour les requins, et tu lâches toutes les tortues que tu veux.…
Ils voulaient tout, ces gens ont investi le récif sans que nous puissions les voir venir, avec des financements publics, et l’appui de la Région. Il suffisait pour cela de faire mousser quelques élus en présentant les projets comme les leurs, faire pleurer les ayatollahs de l’écologie, prêts à sauver un cafard, un ver de terre ou un poisson rouge, et le tour était joué.
Aujourd’hui ils se renvoient la patate chaude entre l’IRD et l’ARDA, et les autres associations autant que de membres (une bonne dizaine). Ils semblent un peu moins copains dans la presse aujourd’hui, mais ils continuent à se présenter comme partenaires privilégies sur les sites internet, et à faire des demandes de subventions.

Mais tous ces risques volontairement (ou pas) oubliés dans les études, ne concernent pas que les hommes, toutes les espèces vivant sur le récif sont ou seront touchées, nous sommes arrivés à un stade, ou les carnassiers prolifèrent au détriment des petites espèces récifales, les prédateurs de petite taille tels les carangues bleues, et les mérous de récif, tels que les Macabits, et les Grand Queues (d’après les scientifiques eux même), surpeuplent le secteur compris entre l’Ermitage et Trois Bassins. Ils sont effectivement en surnombre, alors que les petites espèces diminuent, et pour cause, nos prédateurs ne se nourrissent que de petits poissons et de crustacés, mais eux-mêmes, (les mérous) ne pourront jamais sortir de ce récif car leur seul moyen de défense contre les requins est de se cacher dans le corail. Mais voilà, la crise du logement commence à se faire sentir pour eux, et pour ceux qui n’auront pas trouvé à se cacher, ils devront fuir le récif. Et là, petit problème technique, celui-ci est bordé par des fonds de sable, (pas de grotte où se protéger) le prochain récif se situe à plusieurs miles de la côte, les bouledogues n’ont plus qu’à les attendre en bordure. Cette réserve n’est donc en rien une pépinière, elle n’est que la réserve de nourriture des requins (en tous genres). Faudra t il attendre qu’ils se mangent entre eux pour espérer un retour à la normale.
Ces associations fétichistes et racoleuses, sois disant écologistes que sont Sea Sheperd. Brigitte Bardot et quelques autres ont trouvé dans la mauvaise farce réunionnaise qu’est « la crise requins » un moyen d’exister et de faire parler d’eux.
L’état se devait de protéger les personnes et les biens, au lieu de ça, eux aussi ont pris la balle au bond, et grâce à un fait divers bien orchestré, ils font mine de s’agiter, et de prendre les bonnes décisions, parvenant ainsi à détourner l’attention de l’opinion publique, sur les vrais problèmes, quand les gens ont des os à ronger, ils en oublient le reste.

Comment peut-on hésiter entre préserver des vies humaines et celles de vulgaires poissons ?
Ca ne méritait pas même un débat !
Le parc marin sous sa forme actuelle, et la ferme aquacole dans tous les cas de figure, ne produiront rien de bon, et ils ne servent à rien, ils sont dangereux et coutent beaucoup d’argent.
Il faut fermer ces deux « machins », et pêcher rapidement ces requins dont la présence est incompatible avec la présence des hommes. De plus, les seules activités productives qui à la Réunion donnent une chance de nourrir des hommes sans mendier systématiquement des aides ou des subventions, sont « le tourisme, et la pêche ». Les Seychellois et les Mauriciens l’ont bien compris, les Malgaches et les Australiens aussi, ils règlent ce problème par la pêche qu’attendons-nous pour en faire autant ?

« Le requin c’est comme le cochon tout est bon»
Cette phrase n’est pas de moi, elle est de Mr Bernard SERET chercheur à l’IRD, et à l’ORSTOM
Si à la Réunion le requin n’est qu’un danger public, ailleurs, ce poisson comme l’affirme ce Monsieur, est vraiment une aubaine pour:
- Bien sûr, nourrir les populations, la chair de requin change souvent de nom pour être consommée (saumonette, veau de mer, roussette etc..)
- servir de base à des huiles fines utilisées dans l’industrie pharmaceutique et dans la cosmétique,
- être utilisée dans la recherche en immunologie, ils commencent à entrer dans la composition de nombreux médicaments destinés à lutter contre certains cancers,
- des cornées de requins ont été greffées avec succès sur des yeux humains
- La peau est utilisée en maroquinerie,
- Les Chinois et les japonais raffolent de leurs ailerons,
- les dents servent dans la fabrication de bijoux
- les mâchoires sont également recherchées par des collectionneurs,
- Le restant des carcasses est transformé en Engrais

Les flottes de pêche Européennes, avec la France en tête ont pêché pour la seule année 2012, 800 000 tonnes de requins (déclarés), Ca ne me choque pas, c’est de la nourriture, et de la pêche industrielle.
A la Réunion, les nouveaux navires armés par le Groupe Bourbon disposent de filets plus grands que le stade de France, et lorsqu’ils enferment les bancs de pélagiques dans leur piège, ils prennent tout, requins et dauphins compris, on évite soigneusement d’en parler.
Depuis le 1er janvier 2013, le nombre de requins tués et rejetés en mer dans le monde est de 10 500 000 unités, toutes espèces confondues, soit plus de trois requins chaque seconde.
Ce qui m’interpelle le plus, c’est que 800 000 tonnes, ou 10 500 000 requins ça n’intéresse ni l’état, ni les médias, ni l’opinion publique. Et que si les écolos en parlent vaguement, ils sont moins virulents sur le sujet, que pour la dizaine de poissons qui nous pourrissent la vie.
Finalement, à la réunion, il faut vraiment être un requin ou pour espérer survivre".

Hugues SAVALLI

 

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