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Panique cyclonique : Les yeux plus gros que le ventre !

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 18 janvier 2013 à 10H36

Incroyable le nombre de personnes ayant appelé les radios pour dire que leurs provisions pourrissaient dans le congélo par manque de jus ! Cela n’a rien pour étonner.

La scène se déroule dans une grande surface de la Chaussée Royale à Saint-Paul. Deux jours avant le passage du météore, je vais effectuer quelques emplettes. J’ai failli renoncer devant les foules surchauffées assaillant les pauvres caissières ; il m’a fallu deux heures pour casquer trois boîtes de cassoulet créole, deux de sardines et un sachet de riz.

Certains clients avaient un caddy rien que pour les packs d’eau en bouteille. Une dépense inutile : on peut remplir les récipients au robinet, l’eau est potable AVANT le cyclone, et celle de Saint-Paul parfaitement catholique. Jamais eu le moindre problème mais les mauvaises langues prétendent que c’est à cause des autres boissons que les microbes évitent soigneusement mon organisme. Les gens sont méchants.

Avec une parfaite mauvaise foi, je m’empare de mon calepin et d’un stylo, les vieux réflexes professionnels reviennent vite. J’avise une brave femme dans le chariot de laquelle, après avoir maté, j’ai relevé la présence de 10 poulets, un énorme paquet de saucisses fraîches, des pattes cochons, et d’autres paquets de viande mal définis. De quoi rassasier une compagnie de la Légion !

« Bonjour madame, je travaille pour le Courrier de Saint-Paul.

-C’est quoi ça ?

-Le journal de M. Dayot. Vous avez fait les courses pour un mois, là.

-Hein-hein ! Rien que pou cyclone.

-Vous avez une nombreuse famille, dites-moi.

-Non, rien qu’a moin, mon mari et ma fille. »

Je pensais surtout à une expédition polaire.

Apparemment, les vieux réflexes de sagesse de nos anciens sont passés à la trappe. En alerte cyclonique, on n’achète surtout pas de vivres frais, trop fragiles. Pommes de terre, riz, conserves… On sait bien qu’avec un peu de malchance, le courant va sauter et que la viande va pourrir. Même si on évite d’ouvrir le congélateur. Mais dans ce cas, si on ne l’ouvre pas… pourquoi le surcharger en denrées périssables ?

Ca me rappelle la panique au moment de la guerre du Golfe. Craignant un embargo, certains ont acheté du riz par tonnes et du PQ par paquets de cent. Les charançons ont boulotté l’un et les carias l’autre.

Vive la panique !

Jules Bénard

 

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