"Prix Métis" et goyave de France

Divers organismes officiels, dont la direction de la Culture (Etat) et la mairie de Saint-Denis, depuis quelques années, se fendent d’un prix littéraire annuel, le Prix Métis. Qui coûte la peau des (de vos) fesses !
L’idée en elle-même est toujours bonne à prendre. Un prix ne peut que favoriser les vocations et l’émulation entre auteurs, émulation toujours source de créativité. Et peut (ça arrive) donner un coup de pouce à une carrière qui stagnait un peu.
Pourquoi « Métis », voilà qui est plus surprenant mais passons. Ce qui ne laisse pas de surprendre, c’est que ce prix Métis n’a jamais été accordé à un auteur réunionnais ! C’est toujours une maison d’édition parisienne qui décroche le pacson.
Je zappe tout de suite les réflexions sournoises : je ne parle pas de moi. J’ai déjà été distingué sur ce plan, voici bien des années. Un prix m’a grandement aidé : grâce à lui, je suis devenu journaliste et ai pu poursuivre parallèlement une vie littéraire bien fournie. Et appréciée du public, je crois. Il faut en laisser pour les autres.
Comment se fait-il que des auteurs émérites, comme Gauvin, Vaxelaire, Samlong, Fred Mussard, Vinh San, Pascale Moignoux, Danielle Dambreville, Joëlle Ecormier, Claude Mignard Moix de Lacroix, David Huet (par exemple, car il y en a d’autres), n’aient jamais été distingués par le jury (auto proclamé, il est vrai) ? Cette année, le prix échoit à un auteur guinéen. Tant mieux pour lui.
Cela évoque pour moi le défunt « « Prix RFO du livre outremer, qui a changé de nom : il n’a JAMAIS été accordé à un de nos auteurs pays. Ceux que j’ai cités ci-dessus n’ont jamais attiré l’attention du jury malgré leurs immenses qualités. La goyave de France est toujours la meilleure !
Jules Bénard


